Sérendipité en entreprise

La sérendipité, néologisme décrivant des coïncidences inattendues permettant des découvertes, est entrée dans le monde du travail grâce au web. Les entreprises doivent-elles s’en méfier ou au contraire l’intégrer ?

Qu’est-ce que la sérendipité ?

Pour faire court, cela désigne la découverte d’information par le biais du hasard. On parle de recherche aléatoire, de découvertes inattendues… C’est une démarche plus ou moins consciente que l’on a tous déjà pratiqué et qui a fait l’histoire de l’humanité. Pour en savoir plus : wikipédia

Pourquoi la sérendipité est-elle d’actualité ?

On parle beaucoup de sérenpidité en ce moment car le web a développé chez tous un goût prononcé pour celle-ci et a même transformé la structure mentale des natifs numériques (les digital native) qui privilégient désormais les approches sérendipiennes aux démarches structurées. Concrètement, la sérenpidité version web, c’est :

  • naviguer de liens hypertextes en liens hypertextes pour finir par découvrir une information qui nous est utile mais que nous ne cherchions pas…
  • regarder sur YouTube les vidéos relatives à celle que l’on vient de visionner…
  • lire les timeline de ses followers Twitter dans l’espoir d’y trouver quelque chose d’intéressant
  • cliquer sur un mot-clefs d’un article pour découvrir tous les articles liés
  • utiliser les suggestions de recherche des moteurs de recherche

Sérendipité

Alors la sérendipité a-t-elle sa place dans l’entreprise ?

La première réaction face à la sérendipité est de la considérer comme contre-productive. Dans un monde régit par la rentabilité et l’efficacité, le hasard n’a pas sa place, en tout cas pas officiellement. La sérendipité n’est pas logique, n’est pas rationnelle, ce n’est pas une méthodologie mais une non-méthode que l’on ne peut ni intégrer dans un système logique ni appréhender rationnellement.

Pourtant La sérendipité a des qualités indéniables que les entreprises ne devraient pas négliger :

Elle est notamment un gage d’ouverture d’esprit et de créativité. Se laisser porter par le hasard est le meilleur moyen de trouver de nouvelles sources d’inspiration, des idées neuves… Et pratiquer la sérendipité, c’est accepter que ses méthodes ne sont pas infaillibles, accepter que son raisonnement, sa logique ne mèneront pas forcement au meilleur résultat… Or la remise en question est un facteur clés de réussite.

D’autre part les sérendipitant, ceux qui pratiquent efficacement la sérendipité, font preuve de sagacité, de flair, de vigilance, de perspicacité, bref de curiosité constructive ! Une qualité inestimable dans le monde du business.

Enfin, puisque les générations à venir sont “formatées” selon ce schéma, les entreprises ont tout intérêt à s’y adapter, s’orienter vers des structures de données beaucoup plus transversales, non-structurées mais adaptées à la navigation aléatoire. D’ailleurs, peut-être que le système de structuration des données tel que nous le connaissons aujourd’hui, celui qui est issu de la structure des encyclopédies d’antan, est voué à disparaître au profit d’une structure sans ordre qui colle plus aux usages d’une génération qui ne fonctionnera plus que par sérendipité.

Résumé des comptes-rendus de la conférence E2.0 de Boston

Voilà, la grande messe annuelle de l’Entreprise 2.0 à Boston s’est achevée en fin de semaine dernière (comme Michael J.) et il est largement temps de faire un premier résumé des comptes-rendus et impressions de personnes ayant eu la chance d’y participer :

Voici les points clés et mes commentaires :

  • L’Entreprise 2.0 est encore vu par certains comme un phénomène de mode (étrange, le nom va peut-être passer mais les pratiques resteront, du moins j’en suis persuadé) ;
  • Microsoft possèdent encore (et toujours) une force de frappe terrifiante avec la suite SharePoint vis à vis d’éditeurs beaucoup plus petits (effectivement, je rencontre régulièrement des clients avec une licence SharePoint qu’ils sont obligés d’utiliser – “The reality is no one got fired for buying Microsoft“) ;
  • IBM reste dans l’ombre (quel dommage car il y a un potentiel gigantesque derrière Lotus Live mais ils ne savent pas bien le mettre en valeur, du moins en France – cf. IBM lance une plateforme sociale de collaboration en ligne) ;
  • Les tableaux de bord sont à la mode (tous les éditeurs propose leur solution de personalized dashboard car ils sont à la fois utiles, sexy et très vendeurs – cf. Vive les tableaux de bord en ligne !) ;
  • Le microblog est partout, visiblement tout le monde y est allez de sa petite démonstration et de son éloge sur Twitter (je suis plus que sceptique car les pratiques de micro-blogging sont plus qu’anecdotiques en France et parce qu’elles requiert une masse critique avant d’être vraiment intéressantes) ;
  • Les outils ne sont pas un objectif mais un moyen, implémanter des blogs ou wikis internes ne suffira pas à faire naître une dynamique de collaboration active, il faut faire évoluer les mentalités et les habitudes de travail en meêm temps :
  • Il y a de très fortes opportunités à saisir dans les applications mobile, ceci est d’autant plus vrai avec le déploiment massif de smartphones.

L’emballement généralisé autour de Twitter ne me surprend qu’à moitié mais me laisse perplexe. J’y vois plus pour les éditeurs un moyen de ne pas paraître largués (surtout vis à vis du rapport très particulier des blogueurs / leaders d’opinion avec Twitter) que d’une réelle réflexion à long terme. Je pratique Twitter depuis plus de 2 ans et je suis intimement persuadé que déployer une solution de microblog en entreprise sans un minimum de pédagogie est un projet voué à l’échec. D’autant plus qu’il y a des chantiers bien plus intéressants à mener (se libérer de l’emprise des fichiers, déployer un réseau social interne…) plutôt que s’embarquer dans cette utopie de Real-Time Enterprise. Utopie ? Oui tout à fait : je rencontre au quotidien bon nombre d’entreprise confrontées à d’énormes réticences vis à vis du partage entre collaborateurs, alors de là à faire du partage en temps réel… De plus, avant de faire de la veille en temps réelle, il faut d’abord savoir faire une veille traditionnelle efficace (et notamment mettre ne place l’organisation qui va agréger / digérer / traduire et transformer cette masse d’informations en alignements de la stratégie de l’entreprise).

Pour en revenir à cette conférence, je suis enfin très étonné de na pas avoir lu de mentions de Google Wave, peut-être le marché est-il encore en attente de tester la bête avant de se prononcer… Il faut dire que les accès à la version pré-alpha sont plus que dures à trouver.

Le plein de nouveautés pour l’édition 2009 de la conférence E2

Comme chaque année, le petit monde de l’entreprise 2.0 se réunit à Boston pour la grande messe annuelle : la conférence Enterprise 2.0. Le programme de l’édition 2009 a l’air très chargé, heureusement que nous pouvons compter sur nos correspondant francophones (Claude, Xavier et Richard…). Cette conférence est l’occasion pour les éditeurs d’annoncer ainsi de nouvelles versions.

Mindtouch a donc présenté hier sa solution de Collaborative Intranet, la première d’une série de 3 briques technologiques essentielles qui sont censée révolutionner notre façon de collaborer (lire à ce sujet : The New MindTouch Collaborative Intranet: Way More Than Just Wiki et The Future of Collaborative Networks).

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Le collaborative Intranet de MindTouch

SocialText a également profité de l’occasion pour dévoiler sa nouvelle grille de tarifs (gratuit en dessous de 50 utilisateurs) ainsi qu’un tableur en ligne : Distributed Spreadsheets. Plus d’infos ici : Let’s Talk about Numbers et Socialtext Unveils SocialCalc & Freemium Pricing.

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Le tableur en ligne de SocialText

Mais ce n’est pas tout puisque les absents de cette conférence brillent également par leurs nouveautés :

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La solution de collaboration en ligne d'Adobe

Voilà ce que l’on sait pour le moment. La conférence n’est pas terminée alors restez à l’écoute pour un débrief plus complet.

Confluence 3.0 se lance sur les traces de JotSpot

Après SocialText, BlueKiwi et Jive, c’est au tour de d’Atlassian d’injecter du social dans sa plateforme de collaboration en ligne : Atlassian Announces Confluence 3.0 & Plugin Exchange. La suite Confluence nous revient donc dans une troisième version avec le ‘minimum social” déjà présent sur les offres concurrentes : profils à la LinkedIn, activity stream à la Friendfeed, status updates à la Twitter… Rien de très nouveau mais une remise à niveau par rapport à la concurrence.

Le tableau de bord de Confluence V3
Le tableau de bord de Confluence V3

Là où Confluence se démarque, c’est dans la mise en ligne d’une place de marché de plug-ins : Plugin Exchange. L’idée est de permettre à des éditeurs externes de proposer des services au travers de plugins qui se greffent à la plateforme. Ces plugins sont disponibles sur cette fameuse place de marché où ils sont notés et commentés (une sorte de App Store à la sauce Wiki d’entreprise).

La place de marché de plugins de Confluence
La place de marché de plugins de Confluence

Tout ça ne vous rappelle rien ? L’AppExchange de SalesForce ? Oui effectivement, mais encore ? JotSpot ? Oui tout à fait. Car c’est bien sur le modèle d’intranet wikifié que Confluence est en train de conforter son positionnement. Le principe est simple : la plateforme se présente comme un wiki d’entreprise sur lequel il est possible de greffer différentes applications génériques ou verticales afin de structurer les échanges et la collaboration. C’est ce que proposait JotSpot avant d’être racheté par Google et complètement dénaturé pour être transformé en Google Sites (un produit bâtard qui ne convainc personne).

Tout aussi intéressant, Confluence propose des connecteurs pour une intégration simplifiée à un serveur SharePoint et des documents Office (un grand classique de l’informatique d’entreprise). Cette troisième version propose également une interface entièrement modulable à la souris.

Donc au final nous avons une suite collaborative en ligne tout à fait intéressante au vue de ce que propose la concurrence.

Ok et alors ? Cette nouvelle version m’aurait enthousiasmée il y a encore 2 semaines, mais depuis l’annonce de Google Wave, je me dis que le modèle de collaboration tel que le proposent SocialText, blueKiwi, Jive ou Confluence mérite d’être challengé et surtout comparer à des logiques bien plus disruptives. Bref, je ne peux m’empêcher de penser que tout comme il y a un avant/après Facebook-Twitter-Freindfeed (le trio dont s’inspirent les 4 acteurs cités plus haut), il va y avoir un avant/après Google Wave. Reste à savoir comment le modèle de collaboration de Google Wave va pouvoir s’intégrer au sein de l’écosystème d’outils déjà présent en entreprise (Exchange, Sharepoint…).

Adobe sort son Powerpoint en ligne, et alors ?

La nouvelle est tombée hier, Adobe vient de compléter son offre Acrobat.com avec un outil en ligne de création et de publication de présentations : It’s show time. Presentations from Adobe!. Adobe rejoint donc la longue liste des prétendants : Google Docs Presentation, Zoho Show, SlideRocket, EmpressR, Live Presentations

Au niveau de la réalisation il n’y a pas grand chose à dire : c’est beau, propre, efficace, bien pensé et surtout bien intégré à la suite Acrobat.com :

L'interface d'Acrobat Presentations
L'interface d'Acrobat Presentations

Si je devais faire une comparaison je dirais que ce service est beau comme Buzzword (et pour cause, on sent la “touche” Adobe). Bon OK et alors ? Outre la très belle réalisation je m’interroge sur la pertinence de ce type de services en ligne qui ne sont qu’une version dégradée de logiciels que nous possédons déjà (Powerpoint de MS ou Impress de OpenOffice).

Je trouve une grande utilité aux services de partage de présentations comme Slideshare et ses clones (Myplick, authorStream, Slideo…) ou aux services alternatifs comme Prezi. Mais il faut bien reconnaître qu’il y a une limite à cet exercice : un diaporama n’est pas censé servir en dehors du contexte d’une présentation publique. Avec le temps, les slideshows sont devenus le support préféré d’une génération de cadres qui n’ont plus le courage de rédiger des phrases entières. Il faut bien avouer qu’il est très tentant de se lancer dans la rédaction d’un diaporama : des titresc hocs, des phrases courtes, quelques illustrations et hop, le tour est joué. Grâve erreur car trop de Powerpoint nuit fortement à votre créativité et vous finissez par raisonner en monde bullet points.

Il y a nombre de théories à ce sujet et notamment sur le “presentument“, ce support à mi-chemin entre présentation et document qui peut à la fois être projeté et lu  mais qui ne parvient pas à satisfaire les deux audiences qu’il cible (ceux qui lisent le diaporama sans écouter le speakers et ceux qui parcourent la présentation sans y trouver un réel intérêt). Je vous recommande à ce sujet deux très bons ouvrages : Presentation Zen et Slide:ology.

Mon propos est donc le suivant : les logiciels bureautique en ligne ne sont qu’une transition vers une forme plus épurée de collaboration et de partage où les supports sont remplacés par des wikis. Les collaborateurs s’extraient ainsi des contraintes liées aux fichiers (circulation, révisions, mises à jour…). Les diaporamas ne seraient alors utilisés QUE comme support de présentation et ne seraient jamais imprimés ou même diffusés. Et pour faire cela, rien de tel qu’un logiciel de qualité professionnelle comme Powerpoint ou Keynote (car oui, rédiger et présenter un diaporama c’est un métier).

Bref, tout ça pour dire qu’Adobe ferait mieux de se concentrer sur des solutions de collaboration en ligne comme Genesis (cf. Adobe Genesis = Le PDF reader de la collaboration ?).

Des réunions de travail plus efficaces

Les outils collaboratifs permettent de diminuer le nombre de réunions de travail mais aussi de les rendre plus efficaces.

La plupart de ces réunions étant en effet découpée en 2 temps, un premier temps de bilan,  suivi d’un deuxième temps de planification, elles peuvent grâce aux outils 2.0 être largement simplifiées puisque ceux-ci permettent logiquement d’avoir une vision globale en temps réel des projets et donc de supprimer la partie “bilan” des réunions.

C’est ce que j’ai souhaité représenter dans le schéma ci-dessous en considérant une équipe projet, c’est-à-dire un groupe de collaborateurs travaillant sur le même projet et se réunissant pour faire un point sur le projet et planifier le travail à venir.

Une réunion classique débute toujours par un phase de bilan

Dans une organisation classique, chaque collaborateur a son rôle dans le projet, chacun produit un travail (qu’il soit manuel ou intellectuel) et échange avec ses collaborateurs. Pour autant aucun n’a une vision globale du projet, chacun connaît seulement son travail et ses interactions.

Ainsi, dans une organisation classique, une réunion débute forcement par un temps d’échange où chaque collaborateur fait un bilan de son travail (phase 1) afin que tout le monde acquière une vision globale du projet (phase 2).

Ce n’est qu’une fois cette vision globale construite que l’équipe peut enfin commencer la phase productive de la réunion (phase 3), la phase de projection dans l’avenir : planification, échanges, brainstorming, apport d’informations, apport d’idées, corrections, re-travail…

Une réunion dans une entreprise 2.0 se concentre sur la phase productive

Dans une organisation d’entreprise 2.0, les collaborateurs travaillent avec des outils qui centralisent l’information. Ils bénéficient ainsi d’une vision globale en temps réel du projet. 

Les phases 1 et 2 des réunions de travail ne sont donc plus nécessaires, les collaborateurs peuvent directement aborder la phase 3.

réunion_de_travail

Note : Ce que j’ai décrit ici est un fonctionnement idéal, il est clair que les outils des entreprises 2.0 ne se substituent pas à l’empirisme des rapports humains. La phase de bilan reste encore nécessaire pour échanger ses sentiments et ses ressentis.  

Note : Il existe bien sûr toutes sortes de réunions qui ne rentrent pas dans ce cadre d’analyse.

Les solutions de collaboration d’entreprise arrivent-elles à maturité ?

Serions-nous arrivés à un pic d’innovation pour les solutions de collaboration d’entreprise ? C’est en tout cas ce que l’on est en droit de penser au regard du (petit) marché des suites d’enterprise social software. C’est en lisant le descriptif des fonctionnalités de CubeTree (cf. CubeTree Launches As A Facebook + FriendFeed + Twitter For Enterprise) que j’en suis arrivé à cette réflexion : toutes ces solutions reposent sur le même modèle.

Le tableau de bord de CubeTree
Le tableau de bord de CubeTree

Pour simplifier, si l’on regarde dans le détail ce que propose des éditeurs comme SocialText, blueKiwi ou Jive, nous pouvons résumer leur offre à trois grandes fonctions :

  • Le profil où l’on retrouve toutes les informations relatives au collaborateur et à ses compétences, il fait le point avec le réseau social interne ;
  • Le flux d’activité qui documente le quotidien des collaborateurs et leur production ;
  • Les outils collaboratifs (wiki…) qui permettent aux collaborateurs d’échanger, de partager, de co-créer…

Ces trois grandes fonctions étant concentrées dans le tableau de bord personnalisé où le collaborateur peut suivre en un coup d’oeil l’activité récente, avoir accès en un clic à ces outils de travail…

Bref, j’ai comme l’impression que toutes les suites collaboratives se rejoignent et affichent une certaine forme de cohérence dans les fonctionnalités et leur orchestration. Après cela, ces acteurs se différencient de par l’évolutivité de leur solution (ajout de fonctionnalités, personnalisation…), la capacité d’ouverture (importation / exportation de données, documents, profils…) et le pricing.

Je serais bine incapable de vous recommander tel ou tel acteur, mais je suis intimement persuadé que l’important n’est pas l’outil choisi mais la façon dont seront accompagnés les collaborateurs dans leur découverte / appropriation de ces nouvelles formes de collaboration (beaucoup moins d’emails, de réunions, de documents…).

Ne subissez plus les réseaux sociaux, exploitez-les

Que vous le vouliez ou non, les réseaux sociaux font partie du quotidien des collaborateurs, que ce soit sous la forme d’un réseau interne (Enterprise Social Network) ou externe (LinkedIn, Viadeo…). Je ne vais pas vous faire l’article des bénéfices à l’utilisation de ces réseaux mais plutôt vous mettre en garde contre les dangers qu’ils peuvent faire courir à votre entreprise si vous les ignorez.

Scénario 1 : Diffusion passive d’informations sensibles

Le risque auquel vous êtes le plus exposé est celui de la diffusion “passive” d’informations sur votre S.I. La raison est toute simple : le secteur de l’informatique est soumis à une forte cyclicité (en gros tous les 5 ans) qui place régulièrement les informaticiens dans des situations de précarité de leur emploi (en période creuse) ou de sur-enchère sur les salaires (en période haute). Résultat : pour limiter le risque et ne rater aucune bonne opportunité, ils publient leur CV en ligne (au cas où).

De ce fait, ils donnent accès à des informations sensibles au travers de la description de leurs expériences (j’ai travaillé sur tel type de projet) ou de leurs compétences (je connais telle et telle technologie). Rien de plus simple après ça de faire la rapprochement entre le nom du dernier employeur, les technologies maîtrisées et la nature de la mission. Et voilà, vos concurrents disposent maintenant de détails intéressant sur votre plate-forme technique.

Rien de très confidentiel, mais un risque qui pourrait facilement être évité en publiant des recommandations ou une charte à destination des collaborateurs afin de les sensibiliser. Je peux à ce sujet vous recommander cette série de podcasts : LinkedIn : le guide complet.

Scénario 2 : Usurpation d’identité

Plus grâve, l’éparpillement de données personnelles des collaborateurs permettant à une personne malveillante de prendre le contrôle d’outils “sociaux” (email…). Ce scénario est parfaitement décrit dans cette vidéo publiée sur la Web TV d’Orange Business : Le Social Engineering et les réseaux sociaux dans la vie privée.

Le scénario est le suivant :

  1. Un collaborateur accorde une interview, il est alors possible d’en déduire son nom et son employeur ;
  2. Une recherche Google permet de savoir s’il dispose d’un ou plusieurs profils sur les réseaux sociaux (Copains D’avant, Facebook…) ;
  3. Sur son profil Copains d’Avant, il est possible de trouver son école ainsi que les noms de ses camarades de l’époque ;
  4. En créant un faux compte sur Facebook au nom d’un de ses anciens camarades il est possible d’intégrer sa liste d’amis ;
  5. Une fois dans sa liste d’amis, un certain nombre de données plus personnelles sont disponibles (comme l’adresse email ou les préférences) ;
  6. S’il dispose d’une adresse de type webmail (comme sur Yahoo ! Mail) il est possible de demander à réinitialiser le mot de passe en répondant à une question personnelle (avec un peu de chance la réponse se trouve dans le profil : mon groupe de musique préféré…) ;
  7. Il devient alors possible de prendre le contrôle de son profil Facebook (en modifiant le mot de passe) ainsi que d’autres systèmes de messagerie (Gmail, Hotmail…).

Voilà, cette personne malveillante peut maintenant librement se faire passer pour le collaborateur et tenter de soutirer des informations / fichiers à ses collègues (en prétextant par exemple qu’il est en vacance ou qu’il a perdu son ordinateur) ou du personnel adminstratif (obtenir un nouveau badge d’accès…).

Là le risque est bien plus grâve et surtout il exploite un vide juridique puisque l’usurpation d’identité numérique n’est reconnue comme un délit (uniquement les méfaits commis par la suite : escrocerie…). Ce qu’il y a de frappant dans cette démonstration est que la chaîne de sécurité est brisée grâce au facteur humain.

D’où encore une fois l’importance de ne pas ignorer le phénomène des médias sociaux et de sensibiliser les collaborateurs. La seconde étape sera ensuite de les inciter à utiliser intelligemment ces réseaux aussi bien en interne qu’en externe, voir à ce sujet cette autre vidéo : Profitez des réseaux sociaux pour développer son business.

(via Grégory Pouy)

Vive les outils de révision en ligne !

Faire approuver un document est un processus long et pénible, d’autant plus si la chaîne de validation implique de nombreuses personnes dans différents départements. Le problème vient à la fois de la disponibilité des participants mais surtout des nombreux allers-retours que ce processus demande : les participants réagissent sur le contenu du document mais également sur les remarques des autres. Bref, ça se termine souvent en réunions très laborieuses à monter et en un gros gâchis de temps et d’énergie.

Il existe bien des solutions intégrées à nos outils bureautiques favoris mais au-delà de deux “correcteurs”, ça devient illisible. Et surtout cela n’empêche pas les allers-retours. Heureusement des solutions en ligne commencent à voir le jour.

Premier exemple avec BackBoard, un système de révision en ligne centré sur les feedbacks liés à un document (bureautique ou graphique) : Backboard, Getting Feedback Made Easy.

La révision en ligne avec Backboard
La révision de documents avec Backboard

La plateforme gère un grand nombre de formats, permet de déposer des commentaires et de faire des annotations. Elle gère également l’historique des versions et la collaboration en temps-réel.

Il y a ensuite Redmark qui est plus tourné sur les documents graphiques (maquettes…) : Collaborate on Design Revisions With redmark.

La révision de maquettes graphiques avec Redmark
La révision de maquettes graphiques avec Redmark

Vous apprécierez l’interface très épurée ainsi qu’une gestion très fine de l’emplacement des remarques (notamment quand vous faite un zoom sur une partie du document ou que vous le déplacez).

Il y a enfin des outils plus orienté co-création comme Protoshare : Protoshare, Slick Web-Based Software for Prototyping.

La co-création avec Protoshare
La co-création avec Protoshare

Là nous ne sommes plus réellement dans de la révision collaborative mais plutôt dans de la co-création avec une interface beaucoup plus puissante permettant à chacun de modifier la maquette (ici un site web).

Est-ce que nous ne sommes pas hors-sujet avec ce dernier exemple ? Non pas réellement car la co-création n’est-elle pas l’étape ultime de la révision collaborative ? Si l’on y réfléchit bien, c’est un moyen encore plus efficace d’impliquer les différents acteurs et de déléguer une partie du travail de correction / complétion.

Dans un monde idéal, seuls les documents graphiques devraient être révisables en ligne dans la mesure où les documents bureautiques seraient remplacés par du contenu en ligne (billets de blog, pages de wiki…). Mais d’ici là, nous avons quelques étapes à franchir…

SAP lance une application d’analyse de social graph

Vous connaissez SAP ? Mais si enfin, le champion des progiciels de gestion intégrés qui a racheté Business Objects en 2008. Et bien figurez-vous qu’ils viennent d’ouvrir un tout nouveau Innovation Center qui risque de vous intéresser : SAP BusinessObjects innovation center is live!. Un certain nombre de prototypes sont ainsi développés dans ce centre d’innovation : Différents outils pour mieux exploiter vos données bureautiques (Excel, Outlook…), des outils de reporting avancé, des versions desktops des outils…

BI panel, pour mieux exploiter votre boîte mail sous Outlook
BI panel, pour mieux exploiter votre boîte mail sous Outlook

Joint par téléphone, Alexis Naibo – le directeur du centre d’innovation de Paris, m’a expliqué que ces prototypes étaient développés en fonction de demandes de clients ou sur impulsion de la direction (en fonction des “business trends“).

Le prototype qui nous intéresse aujourd’hui est le Social Network Analyser, un outil qui permet d’analyser le social graph d’une entreprise en combinant les liens / relations de différents sources et réseaux. Dans les faits, ce prototype s’intègre à l’annuaire de votre entreprise pour analyser les relations entre collaborateur et importe également différentes données pour construire un modèle relationnel (organigrammes, composition des équipes projet, liste de partenaires, liste de clients et des interlocuteurs internes…).

Toute ces données sont ensuite compilées au sein du Relationship Analysis Server (qui nécessite le recours à un administrateur pour le paramétrage des flux entrants et leur maintenance / mise à jour), l’outil vous donne accès à une interface de consultation :

Le social graph du point de vue d'un collaborateur
Le social graph du point de vue d'un collaborateur

Sur cette vue, le social graph est centré sur un collaborateur, un certain nombre de filtres sont disponibles pour pouvoir affiner la recherche et identifier la ou les bonnes personnes. Il existe également une vue “process” pour modéliser une chaîne de décision :

La vue orientée processus du Social Network Analyser
La vue orientée processus du Social Network Analyser

Egalement joint par téléphone, Timo Elliott – un evangelist de l’équipe, m’a précisé que cet outil est avant tout destiné aux populations RH (et notamment les “talent managers“) mais également aux cabinets spécialisés en rationnalisation / optimisation de l’organisation interne. Idéalement cet outil est l’arme ultime pour les Chief Network Officers, si tant est qu’une entreprise veuille se doter de ce poste. Plus d’infos ici : SAP Social Network Analyzer Prototype.

Un prototype tout à fait intéressant qui illustre bien le changement de paradigme : de l’ère du Knowledge Management à celle du Network Management. Encore plus intéressant, cette application peut également servir en dehors de l’entreprise pour analyser les réseaux “ouverts” comme Facebook ou LinkedIn. Peut-être pouvons-nous y voir une possible utilisation par les spécialistes de l’influence et du buzz marketing pour combiner différentes plateforme sociales et identifier plus facilement les noeuds forts.