Quels usages internes pour Google+ ?

Voilà maintenant plus d’une semaine que Google+ est sorti, et la ferveur ne semble pas retomber, car l’accueil des spécialistes est plutôt bon et car le rythme d’adoption est très élevé (déjà 10 millions de membres et probablement 20 millions d’ici la fin de la semaine). Tout comme Wave à son époque, Google+ est un produit complexe à expliquer car il est à la croisée de plusieurs usages : Publication, partage, discussions… (cf. Google lance sa plateforme sociale unifiée Google+).

Pour le moment Google+ est positionné (par défaut) comme une plateforme sociale grand public, mais tout laisse à penser qu’elle pourrait convenir pour des usages BtoB et même en interne. Google+, la revanche de Google suite à l’échec de Wave ? Pourquoi pas. En aparté, je précise que Wave est selon moi la meilleure innovation technologique de ces 10 dernières années et que l’accueil très froid du public est plus la résultante d’une communication minimaliste (d’où un fort taux de rejet) plutôt que d’un produit mal conçu (ce concept a d’ailleurs fait des émules : A la recherche de nouveaux formats de collaboration). Visiblement les équipes de Google ont retenu la leçon, car ce Google+ est bien mieux marketé et surtout bien mieux expliqué.

Mais revenons à nos moutons : Si les prochaines étapes de l’évolution de Google+ sont déjà annoncées (ouverture de profils de marque et ajout de nouvelles fonctionnalités), cette plateforme sociale intègre déjà toutes les composantes requises pour en faire un RSE :

  • Des profils riches avec une bio détaillée et les dernières publications (le système d’onglets est de plus parfaitement extensible) ;
  • Un mécanisme de publication robuste qui permet de partager différents types de contenu (texte formaté, liens, photos, vidéos…) ;
  • Un flux d’activité qui peut être filtré selon des groupes (circles) ou des thèmes (sparks) ;
  • Un système de vidéo-conférence à plusieurs.

L’assemblage de toutes ces fonctionnalités est-il suffisant pour en faire un produit viable ? Non, mais il néanmoins possible d’extrapoler à partir de rumeurs et de suppositions. Nous pouvons dès à présent envisager une version interne de G+ qui proposerait :

Ce dernier point fait d’ailleurs l’unanimité chez les observateurs et analystes qui ont bien remarqué que les utilisateurs de Google Apps et Gmail bénéficiaient d’un accès prioritaire à la beta privée. Le produit tel qu’il existe apporte déjà de nombreuses améliorations par rapport aux autres plateformes sociales, notamment Facebook et Twitter, et propose déjà une forte valeur ajoutée dans le cadre de l’éducation (Is Google+ the Social Tool Schools Have Been Waiting For?).

Il manque cependant des briques fonctionnelles indispensables à mon sens pour en faire une plateforme de collaboration interne digne de ce nom. Mais là encore, ces fonctionnalités sont disponibles dans la galaxie des services Google et pourraient potentiellement être intégrée :

  • Gestion de projet, qui pourrait être prise en charge par Google Sites (anciennement JotSpot) ;
  • Capitalisation des connaissances, un système de wiki comme Knol devrait combler ce besoin ;
  • Mashup d’entreprise, des startups rachetées récemment comme NeedleBase ou Freebase pourraient également être repackagées en ce sens.

Bref, si l’on creuse un peu dans la panoplie de services disponibles, on se rend rapidement compte que Google+ est la couche sociale qui va permettre de les unifier pour former une offre exhaustive et cohérente. Nous pourrions même voir plus loin et inclure dans ce tableau d’ensemble le chantier mobile (avec Android) et cloud computing (avec les Chromebook et Chromebox) pour dresser le portrait du S.I. du XXIème siècle.

Mais halte à la surenchère de suppositions. Pour le moment nous savons de sources sûres que Google+ va très prochainement être intégré à Gmail (à moins que ce ne soit l’inverse) et à Google Apps, donc à la Apps Marketplace. À partir de là, une infinité d’extensions « sociales » pourront progressivement se greffer à la plateforme, le tout dans une dynamique collaborative. Inutile de vous dire que je suis plus qu’enthousiaste à cette idée. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler très prochainement…

A la recherche de nouveaux formats de collaboration

Depuis la présentation de Google Wave le mois dernier j’ai comme un étrange préssentiment… l’impression que les outils dont nous nous servons au quotidien sont condamnés. Il y a d’une part les outils et fichiers bureautiques dont nous avons fait le tour et qu’il est grand temps d’abandonner au profit de formats plus légers et collaboratifs (wikis et cie) et il y a surtout des outils plus génériques comme l’email ou la messagerie instantanée qui semblent aujoud’hui remis en question par de nouvelles pratiques liées aux social software ou au microblog. Bref, je suis persuadé que nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère de la collaboration portée par une nouvelle génération d’outils.

Pourquoi changer d’outils ? Pour plus de productivité bien évidemment ! Ou plutôt pour une meilleure pérénnisation / circulation de l’information (libérée des contraintes des fichiers) et pour une collaboration facilitée / stimulée par les bons outils.

En tête de liste des candidats potentiels il y a bien évidement Google Wave dont j’ai déjà parlé sur mon autre blog (Google Wave = Email + IM + Wiki + Mashup). Difficile de se projeter dans des scénarios d’usages reposant sur Wave tellement le concept est disruptif ! Il faut dire que la richesse et les possibilités potentiellement offertes par Wave sont tout simplement innombrables. Je suis persuadé que même les équipes de développement n’ont pas envisagé toutes les possibilités.

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L'interface de Google Wave

Le problème c’est que pour le moment Wave n’est même pas en phase alpha… il va donc falloir attendre un petit moment avant de pouvoir le tester et surtout le déployer en entreprise (pas avant fin 2010). En attendant votre code d’invitation vous pouvez toujours vous faire la main sur PyGoWave, un outil équivalent reposant sur le code source publié récemment : Want Google Wave Now? PyGoWave’s the Next Best Thing.

Il y a ensuite ShareFlow, un produit assez similaire qui propose un mix entre email et wiki : Shareflow Emerges as Competition for Google Wave. Le service repose sur les flows, des conversations publiques auxquelles peuvent contribuer différentes personnes avec différents types de contenus (email, texte, fichiers, images…).

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La promesse de ShareFlow

Un mode de collaboration intéressant car peut-être plus simple à comprendre et à appréhender que Wave (pas d’édition en temps réel ni de mashups). Une bonne transition en fait dont vous pouvez voir le fonctionnement ici :

Et il y a enfin Cell qui se définit comme l’article du futur : Elsevier’s Prototype, Is This The Scientific Article of the Future?. Ici il n’est pas tant question de collaboration mais plutôt de trouver un format plus riche pour des publications scientifiques. Démonstration avec cet article : A Dynamic Pathway for Calcium-Independent Activation of CaMKII by Methionine Oxidation.

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Exemple de publication scientifique 2.0 avec Cell

Au final nous avons donc un article avec une structure plus formelle (onglets pour les discussions, références…) et du contenu rich media. Les plus attentifs diront donc que c’est plus un concurrent (ou une extension) de Medpedia.

Autant je suis incapable de vous donner une échelle de temps pour l’adoption de Wave ou ShareFlow, autant je suis intimement convaincu que l’email est en phase de déclin et que les fichiers bureautiques sont condamnés. Ce n’est qu’une question de temps pour que les entreprises réalisent l’intérêt qu’elles ont à extraire les connaissances des emails et fichiers pour les réinjecter dans des plateformes collaboratives plus ouvertes et surtout extensibles.