Des outils de simulation toujours plus réalistes

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de serious games et de leur vertus pédagogiques, mais j’aimerais vous faire découvrir l’évolution naturelle de ces outils, à savoir les environnements de simulations virtuelles. Les outils de simulation existent depuis plusieurs décennies (notamment les simulateurs de vol et les simulateurs militaires) mais coûtent une fortune et ne peuvent pas être déplacés. Avec les dernières avancées en matière d’univers virtuels (merci Second Life), ces technologies sont maintenant devenues beaucoup plus accessibles, voir complètement accessibles en fait !

Première illustration avec la société hollandaise VStep qui propose une plateforme de virtual training particulièrement aboutie permettant de reproduire de façon très fidèle des environnements à haut risque pour pouvoir former le personnel (plateforme pétrolière, prison…). On retrouve ainsi une simulation nautique :

Nautis, la simulation nautique de VStep

La plateforme propose également un outil très complet de gestion des sinistres et catastrophes naturelles :

RescueSim, la simulation de catastrophes de VStep

Tout l’intérêt de ces simulations est de pouvoir reproduire des situations « impossibles » en définissant une infinité de paramètres comme en témoigne cette vidéo de démonstration :

L’avantage de ces simulations est de proposer un environnement parfaitement immersif où l’on va pouvoir tester les réflexes et observer la façon dont les stagiaires réagissent (leurs gestes, mais également la façon dont ils appréhendent le lieu du sinistre ou leur façon de se déplacer / positionner) :

N'oubliez aucun blessé !

Autre environnement de simulation très pointu : Pulse, la Virtual Clinical Learning Lab développée par l’université du Texas. Cette simulation médicale permet ainsi de se former aux situations d’urgence avec un environnement encore plus réaliste mettant en scène plusieurs avatars :

Organisez les premiers soins avec Pulse

Je ne suis pas médecin donc je ne peux pas bien juger de la fidélité de la simulation, mais il me semble que le souci du détail a été poussé très loin avec une prise en main des différents appareils de médecine, une gestion du personnel et même des interfaces très réalistes pour les gestes traditionnels de la médecine (ici le maniement du stéthoscope) :

Dirigez le stéthoscope avec votre souris

Le niveau de réalisme a vraiment été poussé très loin dans cette simulation et les interventions se déroulent en temps réel comme peu en témoigner cette vidéo :

Si je ne dis pas de bêtise, il existe même une version pour les dentistes. Notez qu’il existe un projet d’adaptation en français (iLumens) par la faculté de médecine de Paris Descartes. Plus d’infos ici : Pulse, le serious game du monde médical.

Mais les outils de simulation ne se cantonnent pas aux situations d’urgence, je me dois donc de citer également la plateforme française Ava Formation qui propose un environnement dédié aux entretiens (dialogues de vente, entretiens d’évaluation, négociations…). Cette plateforme repose sur une intelligence artificielle capable de simuler une multitude de situations et de réactions.

Là encore les possibilités en matière de formation sont énormes et les barrières à l’entrée (coûts, installation, prise en main) sont de plus en plus basses. Pour vous documenter sur le sujet, je vous recommande le très bon blog Jeux-Serieux.fr.

La NASA se remet en selle avec un serious game

Depuis le succès des la mission Mars Pathfinder et Mars Explorer, la Nasa n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été à la grande époque. Et malgré les projets ambitieux annoncés sous l’administration Bush, la crise économique a sacrément diminuée les budgets. Toujours est-il que l’activité ne s’arrête pas, et que deux projets sont toujours en cours : L’implantation d’une base permanente sur la lune et l’exploration de Mars. Hors pour cela, il faut le soutien de l’opinion publique et les équipes. Problème : Voilà bien longtemps que la Nasa ne fait plus rêvé personne. Solution : Lancer un serious games pour revaloriser le travail de l’agence, susciter des vocations et… faire parler d’elle > NASAs Moonbase Alpha Launches.

Le serious game de la NASA

Le serious game de la Nasa

Ce serious game s’appelle donc Moonbase Alpha (en référence au projet Moonbase) et s’insère dans le cadre du programme Learning Technologies. Le but de ce serious game (à mi-chemin entre jeu et simulation) est donc de remettre en état de marche une station lunaire à la suite d’une pluie de météorites. Le jeu est disponible au téléchargement et ils ont même pensé à réaliser une bande annonce :

Présenté comme un jeu à la première personne, il s’agit en fait plus d’une simulation où une équipe de six joueurs doivent assurer la réparation et la remise en service de la chaine logistique de la station (énergie, oxygène…). Le gameplay est parait-il assez répétitif (du moins par rapport à d’autres MMOG : Moonbase Alpha Review), même si vous avez la possibilité de prendre le contrôle d’engins lunaires ou de petits robots d’exploration :

Nasa + serious game + Wall-E = Moonbase Alpha

Nasa + serious game + Wall-E = Moonbase Alpha

Vous aurez bien compris que le but de ce serious game n’est pas de divertir les joueurs mais plutôt de leur proposer une vision assez réaliste du quotidien des missions des astronautes. La Nasa recommande d’ailleurs de se documenter avant de vous lancer dans la mission : Moonbase Alpha Exploration Training.

D’après la page du programme, ce Moonbase Alpha est le premier d’une série de serious games. J’imagine que le suivant sera sur Mars. Ce type de produit n’est pas une nouveauté pour l’administration US et plus particulièrement l’armée qui édite tout un panel de jeux :

Le FPS de l'armée US

Le FPS de l'armée US

Toujours est-il que ces serious games sont un très bon outil pour aider un public néophyte à mieux appréhender les difficultés du quotidien d’un métier particulier. Idéal pour faire naître des vocations ou passer des messages. En tout cas un bon moyen pour la Nasa de se remettre en selle et de préparer en douceur une nouvelle génération de collaborateurs issus des générations Y et Z.

J’ai ainsi en tête un serious game du Ministère des Finances pour mieux faire comprendre le principe de l’équilibre budgétaire mais impossible de le retrouver (si vous avez une URL je suis preneur).

IBM lance City One, un serious game de gestion municipale

En début de mois IBM a annoncé le lancement d’un nouveau serious game ambitieux : City One. L’objectif est de simuler la gestion d’une ville pour en optimiser les différents processus d’approvisionnement, de transport, de développement… L’annonce officielle est ici : IBM Unveils New « Serious Game » To Tackle Urban Challenges.

Une initiative particulièrement intéressante car elle couvre un périmètre plus large que celui de l’entreprise et permet surtout de mieux appréhender les contraintes et enjeux des différents acteurs d’une ville (urbanistes, collectivités locales, PME…) au travers de quatre secteurs : Eau, énergie, distribution et finance.

CityOne, la simulation de gestion municipale d'IBM

CityOne, la simulation de gestion municipale d'IBM

Phaedra Boinodiris, Serious Game Program Manager chez IBM nous en dit un peu plus :

« Plusieurs niveaux existent et offrent ainsi la possibilité à différents publics de jouer. Pour les entreprises, CityOne est une excellente façon d’impliquer des salariés ou des candidats dans un projet. En travaillant sur cette simulation, ils devront gérer un budget, des ressources, veiller à la productivité, optimiser les coûts, faire appel à d’autres secteurs, découvrir d’autres métiers, apprendre à les connaître en travaillant en étroite collaboration et dans le respect des contraintes. Il est important pour un responsable de projet de connaître les métiers auxquels il fait appel. En réalisant CityOne, IBM a voulu montrer que l’on peut s’appuyer sur des méthodes ludiques pour expliquer les systèmes complexes et apprendre à les maîtrise. »

CityOne est un jeu en ligne gratuit , mais la version française ne sera pas disponible en octobre 2010 : CityOne, IBM vous apprend à gérer une ville.

IBM n’en est pas à son premier projet et proposait déjà d’autres serious games (notamment Robocode pour apprendre le langage Java ou encore PowerUp pour sensibiliser les collaborateurs à l’écologie) et à d’autres outils de simulation plus puissants comme Inno8 (que j’avais déjà mentionné) qui permet de reproduire des situations dans des environnements virtuels ultra-réalistes (accueil en point de vente, gestion d’un entrepôt…).

L'outil de simulation virtuelle Inno8 d'IBM

L'outil de simulation virtuelle Inno8 d'IBM

Pour en savoir plus sur le sujet, je vous recommande deux autres articles (Vive les espaces de travail virtuels et Et on reparle des espaces collaboratifs virtuels) ainsi que les blogs Serious-games.fr et Jeux-serieux.fr.

(via Fast Company)

De l’intérêt de World of Warcraft pour nous préparer à l’entreprise 2.0

Normalement vous devez forcément avoir entendu parlé de World of Warcraft (WoW pour les intimes). Pour faire simple il s’agit d’un jeu en ligne massivement multi-joueurs. Véritable phénomène de société (du moins dans les pays occidentaux car les MMORPG ont conquis l’Asie depuis de nombreuses années) ce jeu est une source inépuisable d’études sociologiques et d’émerveillement quand aux enseignements sociétales que l’on peut en retirer. Je suis récemment tombé sur ce très bon article qui fait le parallèle entre WoW et les dynamiques collaboratives en entreprise : Ce que World of Warcraft nous apprend sur le passage à l’Entreprise 2.0.

Jeux multi-joueurs = Plateformes collaboratives

WoW est avant tout un jeu collaboratif : vous pouvez tout à fait y jouer en solo mais vous n’irez pas bien loin car les territoires à explorer sont trop grands et car les monstres à affronter sont trop puissants / nombreux. Il est donc impératif de rejoindre une guilde pour pouvoir profiter pleinement de la richesse du jeu et participer aux quêtes.

Dans le monde du travail c’est la même chose : vous pouvez éventuellement travailler en freelance dans certains secteurs mais votre carrière professionnelle sera plus enrichissante si vous intégrez une société car les challenges y seront plus intéressants. Idem au sein d’une entreprise, les plus gros projets ne peuvent être abordés qu’en équipe.

Objectifs communs / personnels

Dans WoW, les quêtes se font en groupe (poursuite d’un objectif commun), le butin est ensuite réparti entre les joueurs mais les points d’expérience sont attribués de façon individuelle. Vous pouvez lancer votre propre raide sur un donjon mais vous serez exposé à un bien plus grand danger pour une récompense assez faible (les plus gros trésors sont dans des donjons beaucoup trop bien protégés pour un seul joueur).

En entreprise c’est la même chose : Les objectifs sont partagés (dépasser tel montant de C.A., lancer un produit avant telle date…) avec des primes collectives (intéressement au bénéfice) ou individuelles (bonus). Vous pouvez lancer votre propre projet en sous-marin mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

Construction identitaire / collective

Dans WoW, votre avatar est ce que vous donnez à voir, l’image que vous souhaitez renvoyer de vous-même (ou de votre sur-moi). Vous l’équipez donc des plus belles armures. Idem pour les guildes dont les membres affichent fièrement l’emblème (ou au moins portent le nom) : la puissance de la guilde rayonne sur ses membres.

En entreprise c’est la même chose : vous enfilez votre plus beau costume si vous devez prendre la parole en public et vous soignez votre fiche sur l’annuaire interne. Encore mieux, les système d’évaluation EtoE de type social scoring donne de la visibilité aux employés qui jouent le mieux le jeu de la collaboration (les égos sont mis au service de la performance de l’entreprise, cf. l’employé du mois).

Microblog et messagerie instantanée comme présence invisible

Le système de tchat dans WoW est également un ingrédient essentiel de la réussite, il permet de maintenir de la cohésion entre les joueurs lors des raids mais également entre deux quêtes. L’auteur de l’article compare ce système à l’équivalent d’un pouvoir télépathique, d’une présence muette mais palpable qui permet d’avoir accès à une conscience collective mais simultanée.

En entreprise c’est la même chose avec les systèmes de messagerie instantanée (très utilisés dans le monde de la finance) ou les microblogs qui permettent de garder un lien direct avec la communauté professionnelle (interne ou externe) de même que de « sentir » l’ambiance générale (cf. Les microblogs d’entreprise comme outil d’éveil).

Bref, il y a beaucoup à dire (et encore plus à apprendre) sur les dynamiques sociales qui régissent WoW et dont les collaborateurs pourraient bénéficier au sein d’un département ou d’une équipe projet. Bien évidement j’imagine mal un DRH organiser un stage de team buidling sur WoW, mais la piste des serious games est à mon sens encore largement sous-exploitée.

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler…

Et on reparle des espaces collaboratifs virtuels

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de l’usage des univers virtuels en entreprise (cf. Vive les espaces de travail virtuels !) mais l’actualité me pousse à vous en reparler.

Il y a tout d’abord cette triste nouvelle de la mise en redressement de Nortel qui venait juste de passer à l’offensive pour sa solution web.alive de serious game qui risque de disparaitre : Can friendly avatars save Nortel?. Affaire à suivre sur leur blog.

La solution de serious gaming de Nortel

La solution de serious gaming de Nortel

Il y a ensuite ce rapport publié par Forterra : Recipe for Success with Enterprise Virtual Worlds (fichier PDF). Les bénéfices annoncés portent principalement sur les coûts d’exploitation des univers virtuels d’entreprise par rapport à de la vidéo-conférence ou de la télé-présence ; ainsi que sur le plus gros potentiel du v-learning vis à vis du e-learning. Plus d’infos ici : Enterprise Virtual Worlds More Effective Than Web Conferencing et Forterra release paper on enterprise virtual worlds.

Le rapport sur les univers virtuels d

Le rapport sur les univers virtuels d'entreprise

Il y a enfin cette solution de bureau virtuel (MeetSee) qui vous permet de créer un… bureau virtuel pour y rencontrer vos collègues, tchater (en direct ou en asynchrone), diffuser de la vidéo ou des flux RSS et même échanger des fichiers (présentations). Il existe plusieurs solutions mais la version gratuite ne permet pas d’inviter plus de 15 avatatrs par pièce. Plus d’infos ici : Meetsee, un bureau virtuel pour votre entreprise.

Mon bureau virtuel dans MeetSee

Mon bureau virtuel dans MeetSee

Si ça vous amuse, nous pourions nous donner RDV dans mon bureau : http://FredCavazza.meetsee.com/.