Peut-on envisager une entreprise sans SI ?

Dans la série « remettons en cause ce que nous tenons pour acquis« , je vous propose une petite réflexion sur la maturation des offres de SaaS et de cloud computing. Le point de départ de ma réflexion est le suivant : une entreprise a-t-elle nécessairement besoin de posséder son propre système d’information ? La question mérite d’être posée pour plusieurs raisons :

  • Le SI n’est plus un levier de compétitivité pour une très large majorité d’entreprises ;
  • Posséder et maintenir un S.I. coûte cher (matériel, personnel), aussi bien à l’installation, qu’à l’optimisation, qu’à l’évolution ;
  • Il y a une très forte pression sur les marges, donc la nécessité d’optimiser les postes de coût ;
  • Les offres de cloud computing sont de plus en plus mûres (cf. 2011 sera-t-elle l’année du cloud computing ?).

Bref, plus que jamais, la légitimité d’un SI propre à l’entreprise s’érode au fil du temps. Nous ne parlons pas ici de dégager tous les serveurs et licencier tous les informaticiens du jour au lendemain, mais plutôt de s’interroger sur l’intérêt réel d’internaliser la maintenance de son SI. Il y a ici une subtilité à saisir : exploiter une ou des plateformes de cloud computing ne veut pas dire se passer de l’outil informatique, mais juste d’en confier la maintenance à d’autres. J’ai ainsi déjà recueilli plusieurs témoignages de DSI me disant que depuis la migration de leur messagerie vers Gmail, ils ne comprenaient pas pourquoi ils se sont entêtés à maintenir leurs propres serveurs (activité à très faible valeur ajoutée).

La question se pose donc pour une société en création ou en développement. Il y a ainsi une taille critique (entre 5 et 10 employés) au-delà de laquelle il est nécessaire de bâtir un SI pour mieux gérer l’information et industrialiser les différents processus (production, facturation, comptabilité…). Les entreprises du tertiaire ont ainsi tout intérêt à y réfléchir à deux fois avant de recruter du personnel et d’acheter des serveurs. Installer son SI dans les nuages permet ainsi de limiter les investissements initiaux et de bénéficier d’un maximum de souplesse.

Nous assistons ainsi à une maturation sans précédent des offres de SaaS qui rendent cette hypothèse particulièrement intéressante. Dans ce domaine, Zoho est une figure incontournable avec une offre pléthorique qui couvre de nombreux domaines : CRM, facturation, vente, support, collaboration, capitalisation, reporting et même dernièrement comptabilité avec Zoho Books : Zoho Takes on Quickbooks with New Accounting Application. Il faut dire que l’éditeur US a déployé des efforts considérables pour proposer une offre cohérente et surtout très complète : 2010 Was the Year of Integration for Zoho.

L'application en ligne de comptabilité de Zoho

Je pense que la complétude de l’offre est un critère essentiel, car si le cloud computing « à la carte » à fait ses preuves (déporter une partie des applications ou des données), si une entreprise peut trouver chez des éditeurs en ligne les solutions pour couvrir l’ensemble de ses besoins, pourquoi commencer à construire son propre SI ? Autant ne pas le faire et partir directement sur du 100% cloud.

Placer l’intégralité de son SI dans les nuages, une hérésie ? Pas tant que ça car les ressources humaines sont précieuses et que les coûts de mise en oeuvre d’un SI seraient bien mieux utilisés sur d’autres postes d’investissement. Encore une fois je ne suis pas en train de faire l’apologie du cloud computing, mais plutôt de me livrer à un exercice d’acculturation et de remise en cause. J’ai ainsi pu visiter l’année dernière une start-up très en pointe dans ce domaine (Navig.fr) qui propose une offre de ce type aux PMEs. Le saut culturel est dur à franchir (« je me fais déposséder de mes données et de mon outil de pilotage« ), mais une fois l’idée acceptée, c’est plutôt la solution inverse qui ne semble plus très viable (recruter du personnel, acheter des machines et gérer son propre SI).

Reste la question cruciale du choix de l’éditeur, et donc de la confiance que vous voulez bien accorder à un ou des éditeurs. Déporter son SI n’est pas une décision anodine, il faut donc miser sur un prestataire « solide ». Et à ce petit jeu là, Microsoft est visiblement en train de gagner des points : Why Microsoft Will Win The Small Business Cloud War. Voilà bien longtemps que le géant de Redmond prépare sa migration vers l’informatique distante et le modèle SaaS (sous l’impulsion notamment de Ray Ozzie). Plusieurs offres sont ainsi déjà déployées sous l’étendard Cloud Computing ou Online Services. Microsoft est-il l’éditeur le mieux placé pour fournir des solutions de cloud computing ? Vous vous doutez bien que je ne vais pas répondre à cette question ! Toujours est-il que pour le moment Zoho semble avoir une longueur d’avance avec une offre plus complète que les gros acteurs en présence (SalesForce, Google, IBM, Oracle) qui se contentent d’une offre plus morcelée (à la carte).

Mais revenons à nos moutons : peut-on envisager une entreprise sans SI ? Oui, je le pense sincèrement. Pas forcément une multinationale, mais une PME ou une petite structure (association, municipalité…) qui préfère déléguer plutôt que de subir la gestion quotidienne de son SI.

Google lance une nouvelle version de Docs et s’enlise dans la logique documentaire

Cette semaine Google a présenté une nouvelle version de sa suite bureautique : A new Google Docs. Au programme des nouveautés :

La grosse nouveauté semble pourtant être la possibilité de faire de la collaboration en temps réel avec l’édition simultanée :

Edition simultanée dans Google Docs

Edition simultanée dans Google Docs

Pour celles et ceux que ça peut intéresser, la technologie utilisée pour faire ça n’est ni le protocole Wave, ni la start-up rachetée récemment (AppJet). OK super… ça me fait une belle jambe !

Loin de moi l’idée de vouloir blasphémer, mais le moins que l’on puisse dire c’est que Google se donne un mal fou pour essayer de convaincre le marché qu’ils peuvent faire aussi bien que leur concurrent direct (Microsoft Office). Pourquoi vouloir faire aussi bien quand on peut faire différent ? Je trouve dommage d’investir autant d’énergie et de ressources dans un produit qui est condamné à moyen terme. Condamné ? Oui tout à fiat, car je suis persuadé que le modèle documentaire touche à sa fin et qu’il est grand temps d’assumer la transition vers la collaboration post-documentaire, celle qui s’extrait de la contrainte des fichiers.

Parce qu’il faut bien reconnaitre que l’on peut être aussi improductif avec Google Docs qu’avec Microsoft Office. Il y a un côté très pratique au SaaS car il n’y a rien à installer et car les informations sont disponibles pour tous et non coincées dans un ordinateur ou un serveur de fichier, mais la connaissance est toujours piégée dans des formats de documents trop rigides (texte ou tableur ou présentation).

Je suis fermement convaincu que les outils bureautiques, même s’ils ont rendus de fiers services, sont toxiques à la circulation et à l’enrichissement de l’information (en ou hors ligne). Dans mon quotidien je suis ainsi amené à travailler dans Google Docs où l’information est éparpillée sur différents documents avec des formats pas toujours adaptés. Le résultat est rigoureusement le même : On s’y perd et on a beaucoup de mal à s’approprier (et donc à enrichir) un document créé par un autre.

Qui a dit que les collaborateurs devaient TOUS avoir accès aux outils bureautiques ? Ne peuvent-ils pas faire leur travail en dehors de ces outils et de ces formats de fichier ? Dans l’absolu, seuls ceux qui sont amené à faire des présentations publiques devraient avoir Powerpoint, seuls les comptables et contrôleurs de gestion devraient avoir Excel, seuls ceux qui font de la PAO et du publi-postage devraient avoir Word. Les autres (soit 95% des employés) devraient pouvoir faire leurs tâches quotidiennes avec un outil générique moins évolué mais beaucoup plus tourné vers la collaboration (non je ne parle pas de Works).

J’envisage ainsi une organisation idyllique où les collaborateurs auraient à leur disposition un outil de capitalisation de la connaissance (vous remarquerez que je n’ai pas employé les termes « création » et « document ») où il serait possible de rédiger du texte (avec une mise en forme minimaliste), d’insérer des tableaux (avec 2 ou 3 opérations possibles : somme, moyenne…), d’insérer des images… mais où tous pourraient contribuer, réviser, commenter, voter…

Suis-je en train de parler d’un wiki ? Oui tout à fait, et j’assume ! Un wiki avec un moteur de mise en forme robuste et une bonne fonction d’exportation serait largement suffisant pour la grande majorité des collaborateurs. Je veux bien comprendre que les habitudes ont la vie dure, mais je refuse de croire qu’il n’est pas possible de changer les habitudes et que nous (les collaborateurs) sommes condamnés à créer, lire et manipuler des fichiers bureautiques.

Oui Google fait beaucoup pour évangéliser les outils en ligne et le cloud computing, mais ils s’enlisent dans une logique documentaire qui ne résout que partiellement l’éparpillement de la connaissance et le frein à la co-création. C’est d’autant plus dommage qu’ils avaient une authentique pépite entre les mains : JotSpot et son modèle d’intranet wikifié (transformé depuis en l’insipide Google Sites).

Si je devais faire un analogie à 30 centimes (bon allez je me lance), je dirais que Google a tous les ingrédients (Docs, Sites, Wave) mais que les équipes ne parviennent pas à trouver la bonne formule. En tout cas je suis persuadé que le modèle documentaire tel qu’ils nous le proposent dans ce nouveau Google Docs n’est pas suffisamment disruptif pour changer profondément les habitudes de travail et révolutionner notre façon de collaborer.

À moins qu’il ne s’agisse d’un produit de transition…

Google et SalesForce concurrents sur l’offre de S.I. à la carte

Cette semaine Google a présenté une grosse nouveauté pour son offre Google Apps, l‘ouverture d’une marketplace d’applications en ligne : Google Apps Marketplace now launched.

La page d'accueil de Google Apps Marketplace

La page d'accueil de Google Apps Marketplace

Voici à quoi ressemble cette offre en quelques lignes :

  • Les applications proviennent d’une multitude d’éditeurs petits ou gros ;
  • Les applications sont rangés dans des catégories et sont notés par les utilisateurs ;
  • Les applications peuvent être hébergées sur la plateforme Google ou n’importe où (une grande nouveauté) ;
  • Google ponctionnera 20% des revenus des éditeurs pour lui donner accès à la plateforme (distribution, système d’authentification unique, facturation…).

Une cinquantaine de partenaires sont d’hors et déjà présents sur cette marketplace et quelque chose me dit que le nombre d’applications disponibles va croître très rapidement. D’une part car Google est un sacré moyen de crédibiliser l’offre des petits éditeurs qui vont se ruer dessus, d’autres part car les conditions sont plutôt avantageuses. Visite guidée en vidéo :

Même s’il n’y a « que » 25 millions d’utilisateurs de Google Apps, l’ouverture de cette marketplace va offrir une couverture fonctionnelle beaucoup plus large aux entreprise qui vont pouvoir se confectionner leur système d’informations à la carte. Un S.I. sur mesure en quelques clics de souris ? Mais oui car on y trouvera les solutions Google (email, collaboration) mais également des solutions verticales (CRM, RH…) et des environnements de production d’applications métier (à l’image de RunMyProcess). C’est donc en quelque sorte le retour du concept originel de Jotspot (un S.I. à la carte), mais les observateurs préfère la décrire comme l’iTunes des SaaS.

Avec cette marketplace, Google décuple ainsi l’intérêt de son offre et de ses quelques applications de base (messagerie…) qui seront parfaitement intégrées aux applications de la marketplace pour créer d’innombrables possibilités (illustration dans ces articles : Web-Based Productivity Suite Zoho Finds A Place In The Google Apps Marketplace et Google Apps Marketplace: 6 Great Apps to Try Now).

En tout cas cette marketplace est le chainon manquant entre Google Apps (la suite d’applications en ligne de Google), AppEngine (la plateforme d’hébergement d’applications) et GWT (le framework de développement d’applications en ligne). Tout est fait pour simplifier la tâche de petites équipes de développement qui vont pouvoir bénéficier de la mécanique Google (crédibilité, visibilité…).

Deux semaines avant cette annonce, c’est SalesForce qui avait fait sensation avec le lancement de Chatter, la couche sociale venant se greffer sur ses applications de gestion de forces de vente / CRM et sur la plateforme d’hébergement d’applications (Force.com).

La fonction de groupe dans SalesForce Chatter

La fonction de groupe dans SalesForce Chatter

Certains n’hésites pas à qualifier cette nouvelle offre de Facebook pour entreprises mais je trouve cette comparaison abusive, il serait plus juste de parler de FriendFeed pour entreprise dans la mesure où l’offre repose avant tout sur les profils des utilisateurs et groupes ainsi que sur le flux d’activités qui est remonté sur ces pages. Il y est donc surtout question de circulation de l’information et de systèmes de notification passifs de type lifestream et/ou microblog. Démonstration vidéo ici :

Cela vous fait penser à Yammer ? Vous avez bien raison ! Ils ont d’ailleurs réagis très rapidement en lançant une nouvelle offre extra-entreprise : Yammer Communities Open The Door To B2B Microblog Collaboration And Much More.

Cette nouvelle dimension sociale sur la plateforme SalesForce complète ainsi la vision du CEO (grand admirateur de Facebook : The Facebook Imperative Cannot Be Stopped) et va donner un coup de fouet à l’offre tout en offrant de nombreuses possibilités grâce aux custom dashboards et à la possibilité de manipuler des flux d’informations.

Tout ceci est très encourageant pour tirer vers le haut les offres de cloud computing et de social software. Il est maintenant clair que la pression devient de plus en plus forte sur les gros éditeurs qui ne sont pas encore passés au cloud computing (Microsoft avec SharePoint et IBM avec Lotus Connections) et sur les plus petits qui ne possèdent pas de marketplace d’envergure (avec des suites collaboratives en ligne comme SocialText, blueKiwi, XWiki…). Ceci étant dit, la compétition reste ouverte puisque les gros éditeurs gardent de bonnes cartes dans leur jeu (notamment Microsoft avec Azure et IBM avec Mashup Center) et parce que les petits ont une réactivité plus grande.

À partir de là, il est possible de définir les prochaines grandes étapes dans cette course à la domination de l’informatique d’entreprise de nouvelle génération :

  • Un réseau social E to E permettant de faire à la fois du réseautage d’affaire avec d’anciens collègues / prestataires mais aussi de collaborer entre entreprises ou business units (à mi-chemin entre LinkedIn et LotusLive) ;
  • Une marketplace globale liant entre elles les entreprises de toutes tailles, tous les marché, toutes les industries (une sorte d’Alibaba ou de VerticalNet universel) ;
  • Une solution pour que les employés puissent manipuler les données et les processus à partir d’outils de mashup et qu’ils les partagent dans une marketplace interne (ou externe !).

Toujours est-il que le lancement de Google Apps Marketplace risque de bouleversé à jamais la façon dont les PME / TPE appréhendent l’outil informatique et la façon de gérer leur système d’information. Je ne vous referais pas l’apologie du cloud computing mais je peux vous assurer que j’ai croisé de nombreux DSI qui étaient plus qu’élogieux sur Google Apps et le soulagement que représente pour eux la sous-traitance des emails (« plus besoin de s’embêter avec un serveur Exchange et des mises à jour d’Outlook, si j’avais su je l’aurais fait depuis bien longtemps« ). Et s’il en était de même pour le reste des applications ?

Adobe sort son Powerpoint en ligne, et alors ?

La nouvelle est tombée hier, Adobe vient de compléter son offre Acrobat.com avec un outil en ligne de création et de publication de présentations : It’s show time. Presentations from Adobe!. Adobe rejoint donc la longue liste des prétendants : Google Docs Presentation, Zoho Show, SlideRocket, EmpressR, Live Presentations

Au niveau de la réalisation il n’y a pas grand chose à dire : c’est beau, propre, efficace, bien pensé et surtout bien intégré à la suite Acrobat.com :

L'interface d'Acrobat Presentations

L'interface d'Acrobat Presentations

Si je devais faire une comparaison je dirais que ce service est beau comme Buzzword (et pour cause, on sent la « touche » Adobe). Bon OK et alors ? Outre la très belle réalisation je m’interroge sur la pertinence de ce type de services en ligne qui ne sont qu’une version dégradée de logiciels que nous possédons déjà (Powerpoint de MS ou Impress de OpenOffice).

Je trouve une grande utilité aux services de partage de présentations comme Slideshare et ses clones (Myplick, authorStream, Slideo…) ou aux services alternatifs comme Prezi. Mais il faut bien reconnaître qu’il y a une limite à cet exercice : un diaporama n’est pas censé servir en dehors du contexte d’une présentation publique. Avec le temps, les slideshows sont devenus le support préféré d’une génération de cadres qui n’ont plus le courage de rédiger des phrases entières. Il faut bien avouer qu’il est très tentant de se lancer dans la rédaction d’un diaporama : des titresc hocs, des phrases courtes, quelques illustrations et hop, le tour est joué. Grâve erreur car trop de Powerpoint nuit fortement à votre créativité et vous finissez par raisonner en monde bullet points.

Il y a nombre de théories à ce sujet et notamment sur le « presentument« , ce support à mi-chemin entre présentation et document qui peut à la fois être projeté et lu  mais qui ne parvient pas à satisfaire les deux audiences qu’il cible (ceux qui lisent le diaporama sans écouter le speakers et ceux qui parcourent la présentation sans y trouver un réel intérêt). Je vous recommande à ce sujet deux très bons ouvrages : Presentation Zen et Slide:ology.

Mon propos est donc le suivant : les logiciels bureautique en ligne ne sont qu’une transition vers une forme plus épurée de collaboration et de partage où les supports sont remplacés par des wikis. Les collaborateurs s’extraient ainsi des contraintes liées aux fichiers (circulation, révisions, mises à jour…). Les diaporamas ne seraient alors utilisés QUE comme support de présentation et ne seraient jamais imprimés ou même diffusés. Et pour faire cela, rien de tel qu’un logiciel de qualité professionnelle comme Powerpoint ou Keynote (car oui, rédiger et présenter un diaporama c’est un métier).

Bref, tout ça pour dire qu’Adobe ferait mieux de se concentrer sur des solutions de collaboration en ligne comme Genesis (cf. Adobe Genesis = Le PDF reader de la collaboration ?).

Tout savoir sur le Cloud Computing et le SaaS

J’ai déjà abordé à de nombreuses reprises les applications en ligne (Software as a Service) de même que le principe de Cloud Computing sans jamais prendre le temps de bien expliquer ce que cela recouvre. Plus la peine de la faire puisqu’il existe maintenant un très bon ouvrage sur le sujet : Cloud Computing et SaaS : une rupture décisive pour l’informatique d’entreprise. rédigé par mon ancien collègue Guillaume Plouin.

cloud

Cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui souhaitent comprendre les concepts et les enjeux du cloud computing tant côté DSI (chefs de projet, architectes, développeurs, administrateurs…) que côté utilisateurs (maîtrises d’ouvrage, consultants…) :

  • La première partie présente le concept de cette « informatique dans les nuages » et celui du SaaS expliquant ce qui les différencient ;
  • La deuxième partie explique quels sont les avantages et les inconvénients du cloud computing pour l’entreprise en prenant successivement les points de vue de la direction, des utilisateurs puis des informaticiens ;
  • La troisième partie décrit les étapes à franchir pour évoluer vers le cloud computing ;
  • La quatrième partie propose un panorama des offres SaaS aujourd’hui disponibles ;
  • La dernière partie, plus technique, décrit les architectures sous-jacentes aux applications. Elle présente les PaaS (Platform as a Service) qui permettent aux entreprises de faire héberger leurs développements spécifiques sur des architectures multi-tenants.

Très simple d’accès pour les non-informaticiens, ce livre répond à toutes les questions que vous devez vous poser sur ces thématiques.

Apple se lance dans le SaaS avec iWork.com

Les rumeurs les plus folles anticipaient une version web de la suite iWork d’Apple, mais c’est finalement un service distincte qui a été annoncé à la dernière keynote : iWork.com. Pour faire simple, ce service vous permet de publier et de partager vos documents sur le web :

Le principe est simple : vous publier vos documents (uniquement les fichiers iWork 09), vous choisissez les options de partage (autorisation sur les commentaires et les téléchargements), vous envoyés une invitation et voilà.

La suite est plus classique : publication de commentaires et de notes, gestion des droits d’accès centralisés…

L'interface de collaboration de iWork.com

Rien de très révolutionnaire là-dedans, d’autant qu’il n’est pas encore question de gestion des versions ou du support d’autres formats que ceux d’iWork. Soyons honêttes, avec cette offre Apple fait à peine mieux que la combinaison PowerPoint / Slideshare : SlideShare makes PowerPoint social (also sends it to the cloud).

Passé la déception, il faut plus voir dans cette annonce un changement majeure dans l’industrie du logiciel qui passe d’un modèle de logiciel isolé à celui de Software and a Service, principe lancé par Microsoft (cf. SlideShare PowerPoint Ribbon – it’s S+S!). Nous pouvons ainsi imaginer un futur (très proche) où le coût des licences va progressivement s’éclipser au profit d’un abonnement aux services associés. Mais pour cela encore faut-il imposer un standard, d’où la très forte probabilité d’une distribution gratuite des logiciels (servant de produit d’appel) pour mieux facturer du service (des revenus réguliers qu’il est impossible de pirater).

Bref, l’avenir est dans le SaaS / S+S / Cloud computing (appelez ça comme vous voulez) et la tendance semble se généraliser chez Apple comme le prouve la nouvelle version de iPhoto qui semble vouloir rattraper son retard sur le Picasa de Google qui fonctionne déjà en mode S+S avec Picasaweb.

Mais revenons à nos moutons avec ce tout nouveau iWork.com qui risque de faire pâle figure face à des solutions beaucoup plus prometteuse comme le futur Genesis d’Adobe. La principale raison est que ce service n’est pas lié à un format de fichier en particulier (iWork ou Office) et offre un premier niveau de collaboration (commentaires, partage d’écran, tchat…) sans toutefois venir marcher sur les platebandes des suites bureautique en ligne comme Google Docs ou Zoho qui sont elles mêmes en concurrence avec les offres de wiki d’entreprise (SocialText, Confluence…). Mais là nous entrons dans un autre débat.

Bref, tout ça pour dire que je suis plus que sceptique vis à vis de ces offres centrées sur des formats de fichier et que j’anticipe un potentiel beaucoup plus grand avec les offres centrées sur les entreprises comme blueKiwi ou BlueHouse.

Surmenage, le web 3.0 à la rescousse du salarié 2.0

Suite à la publication de mon billet Salarié 2.0 vs. salarié 1.0, j’ai eu beaucoup de retour concernant la problématique du temps et de la productivité. En effet mon billet mettait en exergue la multitude de services que le salarié 2.0 doit gérer au quotidien et posait par conséquent la problématique du temps nécessaire à la gestion de ces services.

Photo de Teriyaki Matz’

Surmenage dû à une ultra-connectivité

Le salarié 2.0 possède tous les terminaux nécessaires pour rester connecté en permanence à la toile (ordinateur (ultra)portable, smartphone…) et est connecté à une multitude de réseaux qui sollicitent son attention fréquemment. Il est clair que cette ultra-connectivité peut engendrer une baisse de la productivité, voir même un surmenage ou un burn out.

Chaque service est potentiellement ultra-productif

Il ne faut pas oublier que tous ces services 2.0 sont tous, chacun indépendamment, des outils pouvant potentiellement augmenter notre productivité. Les agrégateurs de flux ont boosté la veille, les réseaux sociaux ont dopé nos réseaux professionnels et nos activités commerciales , les micro-blogs nous ont permit une réactivité jamais atteinte jusqu’ici…

Mais pas d’offre globale 2.0

Le salarié 2.0 est radicalement plus productif que le salarié 1.0 à condition de savoir gérer tous ces outils, savoir jongler entre chacun. C’est là le point noir de la migration vers l’entreprise 2.0 puisque nous vivons une période charnière où les outils de collaboration et de communication foisonnent et se font concurrence sans qu’aucune offre professionnelle bien construite et abordable n’ait vu le jour.

Il existe bien sûr des offres propriétaires qui proposent un bouquet de services 2.0. Mais ces offres ont 2 défauts :

  • elles ne sont jamais complètes, elles ne remplaceront jamais TOUS les outils du salarié 2.0,
  • elles sont propriétaires et donc par définition déconnectées des autres solutions, ce qui au final ne les rend pas très 2.0.

Des solutions comme SocialText, BlueHouse ou BlueWiki, aussi complètes soit-elles, sont fermées sur elles-mêmes. Tous les outils qu’elles proposent ne me permettent de gérer mes relations qu’avec les personnes qui sont elles-mêmes dans leur escarcelle, c’est-à-dire seulement mes collaborateurs et éventuellement mes clients.

Alors quel est l’outil idéal au service des salariés 2.0 ?

L’outil idéal est fondamentalement OUVERT (ou alors tellement utilisé qu’il est devenu la norme) afin de permettre au salarié 2.0 de gérer tous les aspects de son travail, qu’ils soient tournés vers l’extérieur de son entreprise ou vers l’intérieur.

Je rêve d’un web-service, une solution SaaS, qui agrégerait en un seul endroit et d’une manière très intelligente (du web sémantique quoi ! D’où le 3.0 du titre) tous les outils 2.0 que le salarié manipule au quotidien.

Un espace accessible depuis n’importe où, depuis n’importe quel terminal (laptop, smartphone…), où je me connecte en utilisant mon OpenID, qui me permet de lire mes mails, de voir mon agenda, de faire ma veille, de faire de la gestion collaborative de projet, de la CRM, d’être en contact avec mes réseaux professionnels, d’être en contact avec mes collègues, avec mon équipe…

  • Pendant que je rédige un mail à un collaborateur, le service me propose les derniers posts de mes flux RSS qui sont en rapport avec ce que je suis en train d’écrire.
  • A la lecture d’un post de mes flux RSS, le service me fait ressortir les tweets de mes followers qui parlent de ce sujet.
  • En consultant la fiche d’identité d’un client, je découvre également son lifestreaming.
  • Dans mon agenda, je peux voir non-seulement les agendas de mes collègues mais également les agendas publics de mon réseau professionnel. Et découvrir les personnes qui ont entré dans leur agenda le même événement que moi.
  • Mes documents créés que je rends publics sont automatiquement disponibles sur des plateformes comme slideshare. Et les personnes qui consultent ces documents remontent automatiquement dans un groupe de mes contacts : suggestion de contacts.
  • A la rédaction d’un document, le système me propose de lire d’autres documents qui abordent le même sujet, rédigés par des collaborateurs ou des personnes qui me sont complètement inconnues.
  • Tous les statuts (twitter, facebook, plaxo…) de tous mes contacts sont agrégés en un seul endroit et mis-à-jour en temps réel. Mais pour ne pas être noyé par ce lifestreamign de tous mes contacts, j’ai a disposition des outils de tris sémantiques me permettant de retrouver en quelques secondes qui a dit/fait quoi et quand, ou de découvrir l’info à ne pas rater en ce moment.
Voilà j’ai trouvé ce que je veux pour noël.

IBM lance une plateforme sociale de collaboration en ligne

C’est cette semaine qu’IBM a ouvert un nouveau service de business social networking : Bluehouse. Derrière ce nom (qui ne manque pas d’humour) se cache un ensemble de services proposés en mode SaaS pour :

  • Faire de la conférence en ligne (avec partage de documents en live) ;
  • Faire du réseautage au sein de votre entreprise et même avec vos clients (avec profiles et groupes) ;
  • Créer des espaces de travail virtuels (pour partager des fichiers) de même que des espaces projets (pour faire du suivi et du pilotage) ;
  • Bénéficier d’outils de communication (chat…) ainsi que d’édition (formulaires en ligne).

Les profils des collaborateurs

Vous noterez au passage qu’ils ont soigneusement évités de faire des captures d’écran avec IE ou Chrome ;-)

Les espaces de travail en ligne

Au final nous avons donc une offre à mi-chemin entre Google Apps et Adobe Genesis. La particularité de cette offre repose cependant sur la possibilité de partager des ressources entre différentes entreprises, un peu sur le même modèle que les solutions de 37 Signals : comme tout le monde est sur la même plateforme, inutile de créer des accès pour vos clients / partenaires s’ils en possèdent déjà un.

Du moins il me semble que c’est la promesse annoncée : le Facebook de la collaboration en ligne. Ils ont un autre terme pour décrire la plateforme : le « cloud utility« . Est-ce à dire qu’ils vont progressivement enrichir la plateforme d’applications voir l’ouvrir à des éditeurs tiers comme sur la Facebook Platform ou sur… l’AppExchange de SalesForce ? Peut-être…

Donc si je récapitule nous avons une offre qui ambitionne de concurrencer quasiment tout les acteurs du marché des SaaS : Google (avec Apps), Microsoft (avec Office Live), Yahoo! (avec la suite Zimbra), Adobe (avec Connect / Genesis), SalesForce et même des acteurs de niche comme 37 Signals. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne manquent pas d’ambition.

(via The Inquisitr)

Récapitulatif de la conférence Office 2.0

Le blog Read/Write Web a eu la gentillesse de publier un compte-rendu de la conférence Office 2.0 qui s’est déroulée ce mois à Boston (Office 2.0 Day 1 et Office 2.0 Day 2). Plusieurs tendances lourdes semblent émerger ou se confirmer.

SaaS à tous les étages

Les modèles Software as a Service (de même que le Cloud Computing) avaient la part belle à cette manifestation. Malgré l’apparent enthousiasme général autour du SaaS, les speakers ont dû visiblement encore une fois faire du prosélytisme :

  • Pourquoi construire un data-center ou gérer des serveurs (donc des frais fixes) alors que tout peut être externalisé ? Ceci permet à une entreprise de mieux gérer sa structure de coûts (plus de variable) et de se concentrer sur la création de valeur.
  • L’avantage sur les coûts est significatif. Exemple avec une société de 150 personnes qui a investi 1,5 M $ dans une plateforme Siebel alors qu’une autre ayant déployé SalesForce sur 130 personnes ne débourse que 140K$ par ans.
  • Les meilleurs candidats au modèle SaaS sont les sociétés technologiques, les sociétés de service et les sociétés à forte croissance / saisonnalité.

Très bien, mais quid de l’évolution du marché ? Quel dommage que les participants ne soient pas un peu plus penché sur l’avenir. Les services suivants étaient représentés : Bill, Intacct, Adaptive Planning.

Gestion de projet à la sauce 2.0

Les plateformes de collaboration et de gestion de projet en ligne étaient également bien représentées avec des promesses tout à fait alléchantes :

  • La fin des silos d’information entre les équipes (ex. les designeurs / développeurs dans une agence web) ;
  • La fin des modèles hiérarchiques où tout repose sur les épaules du chef de projet (l’idée étant que chacun soit responsable de sa partie, de ses tâches) ;
  • Un modèle de gestion de projet fédérée où chacun s’organise comme il le souhaite (avec ses outils), le système se charge alors de syndiquer les données et informations ;
  • Des interfaces et outils très simples à utiliser permettant d’alléger la charge de travail administrative du chef de projet (manipulation de nombreux fichiers, gestion des versions des documents, time sheet…) et de se concentrer sur de la vraie gestion de projet (les aspects humains).

Rien à ajouter. Des représentants des sociétés suivantes étaient présents à cette table ronde : Viewpath, LiquidPlanner, Wrike, Smartsheet, et Clarizen.

Moins de réunions (physiques)

Les réunions sont par définition anti-productive, j’espère ne rien vous apprendre. Une session était donc consacrée à la téléconférence et à la télé-présence avec des représentants de Veodia, LiteScape, Polycom et Seesmic. Un des enseignements était que les webcam ne sont plus un frein et que les télé-conférenciers s’expriment généralement plus librement dans la mesure où ils sont dans leur environnement (leur bureau) et qu’ils ne sont pas perturbés par le langage corporelle ou l’attitude des autres.

Toujours plus d’innovation

Deux acteurs ont visiblement fait sensation lors de cette manifestation : Zoho (qui a lancé sa marketplace) et Jobblogs (une plateforme à mi-chemin entre CRM et espace collaboratifen ligne).

Cette édition 2008 confirme donc le dynamisme du marché et surtout la gigantesque marge de progression. À suivre…

Le plein de nouveaux outils orientés entreprise 2.0

Je ne sais pas s’ils se sont concertés, en tout cas les éditeurs de solutions liées aux pratiques d’Entreprise 2.0 mettent les bouchées doubles pour sortir des nouvelles versions et toujours plus de richesse :

Visiblement la page d’accueil personnalisable est un must des intranets 2.0 ! Plus qu’une page d’accueil, je préfèrerais l’appeler tableau de bord car cette page pourrait servir à agréger beaucoup plus que des flux RSS : des widgets d’applications métier, des modules sociaux… Notons au passage que BlueKiwi (un autre acteur français) n’adoptent pas ce principe et reste fidèle à sa structure plus proche d’un blog :

BlueKiwi.jpg

Si vous connaissez d’autres solutions, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires.

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

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