Vers des vidéo-conférences augmentée avec ZugSTAR

Décidément la réalité augmentée est un sujet très chaud en ce moment (et même depuis l’année dernière : Réalité augmentée, le nouvel eldorado des smartphones). Outre les applications ludiques (comme avec l’incroyable AR.Drone), commerciale (cf. E-commerce + réalité augmentée = Webcam Social Shopping) ou touristiques (cf. Réalité augmentée, la revanche de l’Europe sur le Mobile 2.0), nous pourrions également trouver des applications dans le milieu professionnel.

C’est en tout cas la proposition de valeur de la société Zagura vec ZugSTAR (« Zugara STreaming Augmented Reality« ). Cette technologie permet de mélanger un flux vidéo avec des objets 2D / 3D et les outils pour les manipuler. La démonstration vidéo suivante vous donnera un aperçu de ce que la technologie est capable de faire dans différents cas d’usage :

L’idée serait donc de porter cette technologie dans le monde professionnel et de venir concurrencer des solutions de collaboration en ligne comme Adobe ConnectNow ou Webex.

La collaboration en ligne avec Adobe Connect

La collaboration en ligne avec Adobe Connect

Même si je ne peux que reconnaitre l’efficacité de ces services, le fait de scinder les fenêtres donne une très désagréable impression de cloisonnement de l’information et donc de restriction dans les possibilités de collaboration. La visio-conférence est un marché maintenant bien maitrisé mais qui manque peut-être de piment pour être répandu plus largement dans les entreprises.

Dans ce cas précis le piment c’est ZugSTAR avec cette représentation beaucoup plus sexy des différents flux (vidéo, commentaires, documents à partager) :

Visio-conférence augmentée avec ZugSTAR

Visio-conférence augmentée avec ZugSTAR

L’avantage de cette technologie est de prendre en charge toute la couche d’interaction et de faire en sorte que les utilisateurs en face de leur webcam puissent interagir correctement avec les éléments présents en sur-affichage (tourner les diapos d’une présentation, sélectionner une icone…).

Non cette technologie ne va pas révolutionner le travail à distance mais elle va peut-être faire en sorte que les réfractaires s’y intéresse. Encore une fois, je vois plus cette technologie comme un gadget qui amuse la galerie mais qui va permettre de vulgariser la visio-conférence plus classique et de faire évoluer les mentalité (« pas de travail efficace à distance, il faut se voir autour d’une table pour faire avancer les choses« ).

J’imagine ainsi deux cas d’usage en entreprise :

  • Épater la galerie (partenaires, actionnaires…) et proposer quelque chose de plus spectaculaire que du webcast (pour augmenter le nombre de spectateurs) ;
  • Créer l’évènement autour d’une présentation-gadget afin de familiariser les plus réfractaires à la télé-conférence.

Pour le moment cette technologie n’en est qu’à ses premiers balbutiements car il n’existe pas d’applications métier, mais l’éditeur propose une API pour que des développeurs tiers publient ou commercialisent des applications verticales. Plus d’infos ici : ZugSTAR Combines The Interactivity Of Augmented Reality With The Immediacy Of Live Video Conferencing.

Donc au final, malgré le coté « gadget » de cette technologie, je reste persuadé que tous les moyens sont bons pour faire évoluer les mentalités / habitudes et faire baisser le nombre de réunions (un gros facteur de baisse de la productivité).

Des réunions de travail plus efficaces

Les outils collaboratifs permettent de diminuer le nombre de réunions de travail mais aussi de les rendre plus efficaces.

La plupart de ces réunions étant en effet découpée en 2 temps, un premier temps de bilan,  suivi d’un deuxième temps de planification, elles peuvent grâce aux outils 2.0 être largement simplifiées puisque ceux-ci permettent logiquement d’avoir une vision globale en temps réel des projets et donc de supprimer la partie « bilan » des réunions.

C’est ce que j’ai souhaité représenter dans le schéma ci-dessous en considérant une équipe projet, c’est-à-dire un groupe de collaborateurs travaillant sur le même projet et se réunissant pour faire un point sur le projet et planifier le travail à venir.

Une réunion classique débute toujours par un phase de bilan

Dans une organisation classique, chaque collaborateur a son rôle dans le projet, chacun produit un travail (qu’il soit manuel ou intellectuel) et échange avec ses collaborateurs. Pour autant aucun n’a une vision globale du projet, chacun connaît seulement son travail et ses interactions.

Ainsi, dans une organisation classique, une réunion débute forcement par un temps d’échange où chaque collaborateur fait un bilan de son travail (phase 1) afin que tout le monde acquière une vision globale du projet (phase 2).

Ce n’est qu’une fois cette vision globale construite que l’équipe peut enfin commencer la phase productive de la réunion (phase 3), la phase de projection dans l’avenir : planification, échanges, brainstorming, apport d’informations, apport d’idées, corrections, re-travail…

Une réunion dans une entreprise 2.0 se concentre sur la phase productive

Dans une organisation d’entreprise 2.0, les collaborateurs travaillent avec des outils qui centralisent l’information. Ils bénéficient ainsi d’une vision globale en temps réel du projet. 

Les phases 1 et 2 des réunions de travail ne sont donc plus nécessaires, les collaborateurs peuvent directement aborder la phase 3.

réunion_de_travail

Note : Ce que j’ai décrit ici est un fonctionnement idéal, il est clair que les outils des entreprises 2.0 ne se substituent pas à l’empirisme des rapports humains. La phase de bilan reste encore nécessaire pour échanger ses sentiments et ses ressentis.  

Note : Il existe bien sûr toutes sortes de réunions qui ne rentrent pas dans ce cadre d’analyse.

L’effet accordéon

Voici une petite réflexion graphique sur les flux d’informations dans l’entreprise.

J’ai voulu mettre en exergue le mouvement ondulatoire des flux d’informations lorsque l’on utilise les méthodes de travail classiques (e-mails + réunions), et opposer ce mouvement à la stabilité des flux d’informations lorsque l’on utilise les méthodes de travail 2.0 (collaboration en ligne, partage et centralisation de l’information).

On voit donc sur le schéma un déroulé chronologique vertical où se succèdent à gauche (méthodes de travail classiques) des temps de dispersion et des temps de centralisation de l’information. Tandis qu’à droite, le déroulé chronologique est complètement rectiligne puisque l’information est toujours partagée par tous.

Que peut-on conclure de ce schéma ?

Malgré la grossière simplification imposée par la représentation graphique, il met en valeur l’effet accordéon provoqué par la succession de réunions rendues nécessaires à cause du morcellement de l’information dans les différentes boites mails. Beaucoup de réunions pourraient être évitées si l’information n’était pas ainsi éparpillée.

Enfin pour les plus scientifiques d’entre nous, et pour poursuivre mon analogie avec les ondes, on pourrait se poser la question des conséquences d’une stimulation du groupe de travail par un facteur extérieur (un client). Vous connaissez le phénomène de la résonance : si le facteur extérieur agit sur le système à sa fréquence propre, celui-ci va entrer en résonance, les oscillations vont s’amplifier jusqu’à la rupture du système (un client perdu ? un projet abandonné ? un burn-out ?…), à l’image du funeste pont de Tacoma :

Pour revenir à notre sujet, j’aimerais conclure ce billet en soulignant l’importance des réunions même dans les entreprises 2.0.  Toutes les avancées technologiques et les méthodes 2.0 ne doivent pas déshumaniser les entreprises en supprimant les temps d’échange et de communication.