Google+ + GoogleApps = un nouvel acteur de poids sur le marché des RSE ?

La nouvelle aurait dû faire l’effet d’une bombe mais est passée relativement inaperçue : Google+ is now available with GoogleApps. Je pense que tout le monde attend de voir ce que cela va donner. La nouvelle, c’est bien entendu l’arrivée prochaine de Google sur le marche des RSE (Réseaux Sociaux d’Entreprise).L’idée est coupler deux solutions phares de Google : la suite GoogleApps et la couche sociale Google+. Ceci confirme totalement le fait que Google+ est véritablement une couche sociale (Google lance sa plateforme sociale unifiée Google+) que Google souhaite intégrer sur tous ses services et non pas un réseau social vivant de manière autonome des autres services.

Le marché des RSE est aujourd’hui partagé entre différents types de solutions :

  • les solutions « Intranet » qui ont évolué et intégré des briques sociales et collaboratives;
  • les solutions « CMS » qui onté également evolué pour proposer une offre collaborative en interne dans les entreprises (Jalios, …);
  • les outils de publication de contenus comme Drupal, Knowledge Plaza ou bien encore xWiki pour un usage plus restreint qui offre des outils de publication de contenus pouvant faire office en partie de RSE;
  • les solutions RSE complètes comme BlueKiwi, Lotus Connections, … ;
  • les solutions centrées sur la collaboration qui peuvent en fonction des besoins couvrir tout ou partie des besoins de l’entreprise (Yammer, Telligent, Talkspirit, …).

Pourquoi Google se lance sur le marché ?

Les raisons que l’on peut voir sont multiples…

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Quels usages internes pour Google+ ?

Voilà maintenant plus d’une semaine que Google+ est sorti, et la ferveur ne semble pas retomber, car l’accueil des spécialistes est plutôt bon et car le rythme d’adoption est très élevé (déjà 10 millions de membres et probablement 20 millions d’ici la fin de la semaine). Tout comme Wave à son époque, Google+ est un produit complexe à expliquer car il est à la croisée de plusieurs usages : Publication, partage, discussions… (cf. Google lance sa plateforme sociale unifiée Google+).

Pour le moment Google+ est positionné (par défaut) comme une plateforme sociale grand public, mais tout laisse à penser qu’elle pourrait convenir pour des usages BtoB et même en interne. Google+, la revanche de Google suite à l’échec de Wave ? Pourquoi pas. En aparté, je précise que Wave est selon moi la meilleure innovation technologique de ces 10 dernières années et que l’accueil très froid du public est plus la résultante d’une communication minimaliste (d’où un fort taux de rejet) plutôt que d’un produit mal conçu (ce concept a d’ailleurs fait des émules : A la recherche de nouveaux formats de collaboration). Visiblement les équipes de Google ont retenu la leçon, car ce Google+ est bien mieux marketé et surtout bien mieux expliqué.

Mais revenons à nos moutons : Si les prochaines étapes de l’évolution de Google+ sont déjà annoncées (ouverture de profils de marque et ajout de nouvelles fonctionnalités), cette plateforme sociale intègre déjà toutes les composantes requises pour en faire un RSE :

  • Des profils riches avec une bio détaillée et les dernières publications (le système d’onglets est de plus parfaitement extensible) ;
  • Un mécanisme de publication robuste qui permet de partager différents types de contenu (texte formaté, liens, photos, vidéos…) ;
  • Un flux d’activité qui peut être filtré selon des groupes (circles) ou des thèmes (sparks) ;
  • Un système de vidéo-conférence à plusieurs.

L’assemblage de toutes ces fonctionnalités est-il suffisant pour en faire un produit viable ? Non, mais il néanmoins possible d’extrapoler à partir de rumeurs et de suppositions. Nous pouvons dès à présent envisager une version interne de G+ qui proposerait :

Ce dernier point fait d’ailleurs l’unanimité chez les observateurs et analystes qui ont bien remarqué que les utilisateurs de Google Apps et Gmail bénéficiaient d’un accès prioritaire à la beta privée. Le produit tel qu’il existe apporte déjà de nombreuses améliorations par rapport aux autres plateformes sociales, notamment Facebook et Twitter, et propose déjà une forte valeur ajoutée dans le cadre de l’éducation (Is Google+ the Social Tool Schools Have Been Waiting For?).

Il manque cependant des briques fonctionnelles indispensables à mon sens pour en faire une plateforme de collaboration interne digne de ce nom. Mais là encore, ces fonctionnalités sont disponibles dans la galaxie des services Google et pourraient potentiellement être intégrée :

  • Gestion de projet, qui pourrait être prise en charge par Google Sites (anciennement JotSpot) ;
  • Capitalisation des connaissances, un système de wiki comme Knol devrait combler ce besoin ;
  • Mashup d’entreprise, des startups rachetées récemment comme NeedleBase ou Freebase pourraient également être repackagées en ce sens.

Bref, si l’on creuse un peu dans la panoplie de services disponibles, on se rend rapidement compte que Google+ est la couche sociale qui va permettre de les unifier pour former une offre exhaustive et cohérente. Nous pourrions même voir plus loin et inclure dans ce tableau d’ensemble le chantier mobile (avec Android) et cloud computing (avec les Chromebook et Chromebox) pour dresser le portrait du S.I. du XXIème siècle.

Mais halte à la surenchère de suppositions. Pour le moment nous savons de sources sûres que Google+ va très prochainement être intégré à Gmail (à moins que ce ne soit l’inverse) et à Google Apps, donc à la Apps Marketplace. À partir de là, une infinité d’extensions « sociales » pourront progressivement se greffer à la plateforme, le tout dans une dynamique collaborative. Inutile de vous dire que je suis plus qu’enthousiaste à cette idée. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler très prochainement…

Google lance une nouvelle version de Docs et s’enlise dans la logique documentaire

Cette semaine Google a présenté une nouvelle version de sa suite bureautique : A new Google Docs. Au programme des nouveautés :

La grosse nouveauté semble pourtant être la possibilité de faire de la collaboration en temps réel avec l’édition simultanée :

Edition simultanée dans Google Docs

Edition simultanée dans Google Docs

Pour celles et ceux que ça peut intéresser, la technologie utilisée pour faire ça n’est ni le protocole Wave, ni la start-up rachetée récemment (AppJet). OK super… ça me fait une belle jambe !

Loin de moi l’idée de vouloir blasphémer, mais le moins que l’on puisse dire c’est que Google se donne un mal fou pour essayer de convaincre le marché qu’ils peuvent faire aussi bien que leur concurrent direct (Microsoft Office). Pourquoi vouloir faire aussi bien quand on peut faire différent ? Je trouve dommage d’investir autant d’énergie et de ressources dans un produit qui est condamné à moyen terme. Condamné ? Oui tout à fiat, car je suis persuadé que le modèle documentaire touche à sa fin et qu’il est grand temps d’assumer la transition vers la collaboration post-documentaire, celle qui s’extrait de la contrainte des fichiers.

Parce qu’il faut bien reconnaitre que l’on peut être aussi improductif avec Google Docs qu’avec Microsoft Office. Il y a un côté très pratique au SaaS car il n’y a rien à installer et car les informations sont disponibles pour tous et non coincées dans un ordinateur ou un serveur de fichier, mais la connaissance est toujours piégée dans des formats de documents trop rigides (texte ou tableur ou présentation).

Je suis fermement convaincu que les outils bureautiques, même s’ils ont rendus de fiers services, sont toxiques à la circulation et à l’enrichissement de l’information (en ou hors ligne). Dans mon quotidien je suis ainsi amené à travailler dans Google Docs où l’information est éparpillée sur différents documents avec des formats pas toujours adaptés. Le résultat est rigoureusement le même : On s’y perd et on a beaucoup de mal à s’approprier (et donc à enrichir) un document créé par un autre.

Qui a dit que les collaborateurs devaient TOUS avoir accès aux outils bureautiques ? Ne peuvent-ils pas faire leur travail en dehors de ces outils et de ces formats de fichier ? Dans l’absolu, seuls ceux qui sont amené à faire des présentations publiques devraient avoir Powerpoint, seuls les comptables et contrôleurs de gestion devraient avoir Excel, seuls ceux qui font de la PAO et du publi-postage devraient avoir Word. Les autres (soit 95% des employés) devraient pouvoir faire leurs tâches quotidiennes avec un outil générique moins évolué mais beaucoup plus tourné vers la collaboration (non je ne parle pas de Works).

J’envisage ainsi une organisation idyllique où les collaborateurs auraient à leur disposition un outil de capitalisation de la connaissance (vous remarquerez que je n’ai pas employé les termes « création » et « document ») où il serait possible de rédiger du texte (avec une mise en forme minimaliste), d’insérer des tableaux (avec 2 ou 3 opérations possibles : somme, moyenne…), d’insérer des images… mais où tous pourraient contribuer, réviser, commenter, voter…

Suis-je en train de parler d’un wiki ? Oui tout à fait, et j’assume ! Un wiki avec un moteur de mise en forme robuste et une bonne fonction d’exportation serait largement suffisant pour la grande majorité des collaborateurs. Je veux bien comprendre que les habitudes ont la vie dure, mais je refuse de croire qu’il n’est pas possible de changer les habitudes et que nous (les collaborateurs) sommes condamnés à créer, lire et manipuler des fichiers bureautiques.

Oui Google fait beaucoup pour évangéliser les outils en ligne et le cloud computing, mais ils s’enlisent dans une logique documentaire qui ne résout que partiellement l’éparpillement de la connaissance et le frein à la co-création. C’est d’autant plus dommage qu’ils avaient une authentique pépite entre les mains : JotSpot et son modèle d’intranet wikifié (transformé depuis en l’insipide Google Sites).

Si je devais faire un analogie à 30 centimes (bon allez je me lance), je dirais que Google a tous les ingrédients (Docs, Sites, Wave) mais que les équipes ne parviennent pas à trouver la bonne formule. En tout cas je suis persuadé que le modèle documentaire tel qu’ils nous le proposent dans ce nouveau Google Docs n’est pas suffisamment disruptif pour changer profondément les habitudes de travail et révolutionner notre façon de collaborer.

À moins qu’il ne s’agisse d’un produit de transition…

Adobe peut-il coiffer IBM ou Google sur le terrain des SaaS ?

Normalement vous devez forcément avoir entendu parler de Photoshop Express, la version en ligne de Photoshop lancée par Adobe il y a quelques semaines. Pour vous faire une idée rapide du produit, ça se passe ici : Photoshop Express Test Drive.

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Je n’ai pas eu le courage de faire un test complet de ce nouveau service, mais heureusement d’autres s’y sont collés à ma place (avec brio) :

C’est donc dans un contexte extrêmement compétitif qu’Adobe se lance avec cette nouvelle application en ligne, il existe en effet quantité de services en ligne équivalents : Online Photo Editing Overview et 90+ Online Photography Tools and Resources.

Photoshop Express et les autres…

Là où ça devient intéressant, c’est dans l’orientation “services” qu’Adobe a voulu donner à son application, les américains appellent ça du SaaS (”Software as a Service“). Comprenez par là qu’une partie de la valeur ajoutée de cette application réside dans les services additionnels qui vont avec (hébergement, partage…).

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Ce lancement qui s’est fait attendre est très certainement révélateur de ce que pourrait devenir Adobe : un fournir de service et non plus un simple éditeur de logiciels. Quand on y réfléchit bien, on se dit qu’avec Connect, Share, BuzzWord et maintenant Photoshop Express, ils sont en train d’amorcer un remarquable repositionnement vers le SaaS.

Adobe Online Office vs. Google Docs ?

Ceci est d’autant plus intéressant que l’expérience utilisateur de ces services est complètement différente d’un Google Docs (plus sophistiquées). De là à penser qu’Adobe va petit à petit étendre ça gamme, je rejoins l’avis de Sarah Perez : Watch Out – Adobe Is Slowly Building an Online Empire. Puisqu’Adobe est historiquement présent en entreprise au travers de PDF et de l’ensemble des solutions de gestion documentaires qui vont avec, ils sont tout à fait légitime pour se positionner sur le créneau des outils de collaboration en linge (au même titre qu’IBM, Google ou Microsoft).

Il ne leur resterait alors qu’à compléter cette petite série avec d’autres outils, et je pense notamment au très prometteur SlideRocket (cf. Look Out PowerPoint – SlideRocket Rocks).

Du browser au desktop

Reste à savoir comment Adobe va pouvoir gérer la conquête des intranets voir des postes de travail. Hé oui, car n’oublions pas que AIR est dans le parage et qu’à partir du moment où votre application est développée dans l’environnement Flex, vous pouvez (presque) indifféremment la publier sur le Web (avec une version Flash) ou sur le desktop (avec une version AIR).

Une bataille qui s’annonce passionnante, d’autant plus que le Adobe Labs regorge de très bon prototypes (myFeeds, Kuler, JamJar…). On ne l’attendait pas et pourtant, Adobe risque ben de bouleverser le balbutiant monde de l’Entreprise 2.0 et de la collaboration avec une offre parfaitement différenciante. Reste à savoir dans quelle mesure ils vont savoir convaincre des DSI qui traditionnellement n’aiment pas trop le changement (euphémisme).

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Google + JotSpot = Google Sites

Après près d’un an 1/2 de travaux, Google vient enfin de ré-ouvrir JotSpot qui est rebaptisé Google Sites.

GoogleSites.gif

Comme je l’avais précédemment supposé dans un précédent billet, ce nouveau service vient donc s’ajouter à la suite Google Apps et se présente comme un outil de collaboration et de partage de documents.

A la création d’un compte le service vous propose de choisir parmi 5 gabarits :

  • un wiki ;
  • un portail personnalisable à la iGoogle ;
  • un blog ;
  • un réservoir à fichiers ;
  • une liste de tâches.

C’est tout ? Oui, c’est tout. Décevant ? Oui tout à fait. Où est donc passé le modèle révolutionnaire d’intranet “wikifié” où il était possible de greffer des packages applicatifs ? Où est passé le répertoire centralisé d’applications ?

Vous noterez au passage qu’il n’est pas possible de créer un wiki hébergé dans la mesure où il faut obligatoirement posséder un compte Google Apps. Pour cela vous devrez (encore) utiliser des services comme Wetpaint ou pbwiki.

Autant vous dire que je suis extrêmement déçu et surpris par ce choix. Même si JotSpot tourne maintenant sur le socle applicatif de Google (assurant ainsi une compatibilité totale avec les autres applications en linge de la suite), force est de constater qu’il y a eu une forte régression fonctionnelle. Explications :

Pour faire simple : JotSpot était un service visionnaire à la pointe de l’entreprise 2.0, Google Sites n’est qu’un “vulgaire” éditeur d’intranet 2.0. Vulgaire ? Oui car nous sommes en droit d’en attendre beaucoup plus de la part d’une société comme Google (cf. la liste des fonctionnalités). Un exemple ici :

GoogleSitesEx.jpg

Pour faire une comparaison, je trouve les solutions QEDWiki et DAMIA d’IBM bien plus prometteuses (cf. L’entreprise 2.0 en vidéo (selon IBM)).

Je fais néanmoins confiance aux équipes de Google pour progressivement enrichir cette solution et revenir au niveau de la solution originale. Attendons et observons…

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Microsoft se fera-t-il manger par Google ou IBM ?

Décidément c’est une semaine noire pour Microsoft :

Si vous prenez un peu de recul par rapport à ces trois annonces, vous pourrez vous rendre compte de la difficulté de la situation dans laquelle Microsoft va se retrouver. Alors que le géant du logiciel n’en finit plus de chercher son second souffle (l’après Windows / Office), ses principaux concurrents marquent des points sur deux fronts différents :

  • Google sur les applications en ligne et la collaboration (l’intégration de Google Docs et de Google Talk est ainsi d’une redoutable efficacité) ;
  • IBM sur les clients riches (WorkPlace) et les solutions d’Entreprise 2.0 (Lotus Connection, Lotus QuickR, QUEDWiki…).

Face à une telle intensité concurrentielle, comment va réagir Microsoft ? Comment vont-ils pouvoir accélérer la transformation tant attendu (vers un modèle Software and a Service) ?

Pour en savoir plus, je vous recommande ce billet de Guillaume Plouin : Microsoft Office pris entre 2 feux !.

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.