Le débat fait rage en ce moment sur la notion d’Entreprise 2.0. , notamment au cours d’un débat animé entre Thomas Davenport et Andrew McAfee. Ce débat était en fait la revanche d’un débat similaire qui a eu lieu l’année dernière. L’essentielle de la discussion porte sur l’existence réelle de l’Entreprise 2.0 : l’un prétend que l’on peut faire la même chose avec un papier et un crayon, l’autre prêche pour une réelle révolution du travail collaboratif. Pour une analyse à chaud, je vous propose les comptes-rendus de l’ami Claude : Andrew McAfee est-il le messie de l’Entreprise 2.0 et Andrew McAfee est-il le messie…(suite et fin).
Je nourris des sentiments ambivalents sur ce débat : d’un côté je suis plus qu’enthousiaste sur la palette d’outils associés à l’Entreprise 2.0, de l’autre je pense que l’on peut effectivement arriver à un résultat similaire avec du papier, un crayon, énormément de discipline, une volonté en acier et des équipes très réduites. Donc tout n’est pas si simple.
Mais laissez-moi néanmoins vous rappeler que les outils informatiques du siècle dernier permettaient de faire des choses tout à fait remarquables, aussi en termes de collaboration que d’application en ligne. A l’époque on ne parlait pas de Software as a Service ou de Data on the Cloud amis plutôt d’Application Service Provider.
Vous l’aurez compris, il existe des équivalents historiques aux outils stars de la mouvance Entreprise 2.0. Certains existent encore (comme ContactOffice qui vient de faire peau neuve), mais la plupart ont disparus.
Quelle est la moralité de cette histoire ? Je ne sais pas bien car sans des collaborateurs consentants et motivés les outils ne servent à rien, mais d’un autre côté ces outils sont l’occasion d’initier de nouvelles pratiques et une dynamique de la collaboration. C’est un peu l’histoire de la poule et de l’œuf à laquelle je n’ai pas de réponse…
/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.
Je reviens sur un très bon article publié par Andrew McAfee le mois dernier : How to Hit the Enterprise 2.0 Bullseye. Il y est question de la nature des relations entre les collaborateurs : non seulement elles ne sont pas les mêmes (plus ou moins fortes) mais en plus elles correspondent à des outils différents.
L’auteur distingue ainsi 4 natures de relation :
- forte (vos collègues proches, qui font à peu près le même métier ou dans une activité similaire) ;
- faible (vos collègues plus éloignés, qui font un métier différent) ;
- potentiel (les collaborateurs appartenant à une filiale opérant sur un domaine d’activité et un marché différent) ;
- nulle (les collègues dont vous ignorez l’existence voir qui n’ont pas d’accès au réseau de l’entreprise).
Et bien figurez-vous qu’il y a beaucoup plus de relations faibles ou potentielles que de relations fortes. A partir de là, certains outils de l’Entreprise 2.0 fonctionnent mieux que d’autres en fonction du type de relation :
- les wikis pour les relations fortes (partage de savoir) ;
- les réseaux sociaux d’entreprise pour les relations faibles (partage d’informations ou de contacts) ;
- les blogs et fermes de blogs pour les relations potentielles (recherche d’informations ponctuelles) ;
- les outils de prédiction pour les relations nulles (recherche de tendance).
Vous remarquerez que dans la moitié des cas il n’est pas question de partage explicite (sous la forme de collaboration) mais de partage implicite (je trouve une information intéressante sans trop me soucier de qui l’a rédigé).
Une réflexion intéressante que démystifie le concept utopique de collaboration totale entre tout les employés.
/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.
Jusqu’à présent la définition qui faisait référence pour décrire de façon rapide et mnémotechnique le concept d’Entreprise 2.0 était celle d’Andrew McAffee avec son fameux acronyme SLATES (Search, Links, Authoring, Tags, Extensions et Signals).

Mais voilà que Dion Hinchcliffe nous propose une alternative : The state of Enterprise 2.0. Pour résumer les propos de l’auteur : le “modèle” SLATE ne reflète pas suffisamment bien les aspects sociaux, émergents et modulaires des pratiques d’Entreprise 2.0 :

Cette nouvelle définition s’accompagne d’un certain nombre de postulats :
- Les pratiques d’Entreprise 2.0 vont se développer au sein des entreprise avec ou sans l’accord de la direction (grâce à des initiatives personnelles) ;
- Les meilleurs résultats sont obtenus avec des pratiques plus sophistiquées que les blogs et les wikis ;
- L’Entreprise 2.0 est avant tout une question de mentalité plutôt que de logiciel ;
- La majeure partie des entreprises devront faire un gros effort d’éducation et de pédagogie ;
- Les bénéfices liés aux pratiques d4entreprise 2.0 peuvent être énorme mais ne s’engrangent qu’au fur et à mesure ;
- Les pratiques d’Entreprise 2.0 ne remettent pas en cause les systèmes d’information traditionnels ;
- Les pratiques d’Entreprise 2.0 vont faire naître de nouvelles formes de collaboration.
Un article très optimiste qui confirme la montée en puissance de ces pratiques et surtout annonce l’arrivée d’une véritable déferlante E2.0 pour l’année prochaine.
/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.
A défaut d’entreprise 2.0, c’est plus d’outils de collaboration et de logiciels sociaux dont il est question dans cette étude du Gartner Group qui dresse un panorama des acteurs sous forme d’un quadrant magique (Magic Quadrant en anglais, le but de la manœuvre étant de se retrouver dans la case ‘Leaders‘) :

(note: I am not sure I have the right to publish this graph, but if you ask me to, I will remove it).
Vous remarquerez que 4 acteurs se démarquent du lot :
- SocialText et SuiteTwo qui sont dans la case des ‘Visionaries‘ ;
- Microsoft et IBM qui sont dans la case des ‘Challengers‘.
Vous noterez également que le Gartner répugne à faire usage du terme ‘Entreprise 2.0′. Peut-être pensent-ils que tout ce qui est affublé d’un ‘2.0‘ ne fait pas sérieux…
Toujours est-il qu’il existe quantité de références aux outils de collaboration et autres logiciels sociaux dans leurs études. Peut-être le signe d’un marché conséquent et d’une bataille féroce entre éditeurs ? (via Ross Mayfield)
/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.