Une dilution des pratiques sociales dans l’organisation grâce à la social business unit

Ce n’est pas la première fois que j’ai l’occasion de vous parler de Social Business Design. Arlésienne pour certains, stade ultime de l’évolution du modèle collaboratif pour d’autres, l’entreprise sociale est un modèle de gouvernance qui est plus que jamais d’actualité (Social Business Design, le mariage réussi du Web 2.0 et de l’Entreprise 2.0). Voilà presque 3 ans que l’on en parle, et force est de constater que les choses bougent lentement (euphémisme), je rencontre encore une majorité d’organisations qui en sont au niveau zéro de la collaboration (“Quel est le ROI des social software ?“) et des pratiques sociales (“Pourquoi aller sur les médias sociaux si c’est pour se faire critiquer ?“). Pourtant les entreprises ont bien conscience de souffrir d’organisations en silos qui limitent la portée des initiatives de chacun des services (marketing, RP, CRM…).

De l'intérêt de lutter contre les organisations en silos

L’idée derrière le Social Business Design est donc de décloisonner ces différentes initiatives (recrutement, fidélisation, gestion des litiges…) et de bénéficier d’un effet de levier en mobilisant les différents services internes pour développer des interactions sociales avec les clients/prospects et l’écosystème des fournisseurs/partenaires : Vers une vision plus mature de l’Entreprise 2.0. Problème : les mentalités sont dures à faire évoluer et l’inertie pour la mise en pratique d’un tel modèle organisationnel est gigantesque. Souvenez-vous qu’il a fallu 10 ans aux entreprises pour sortir l’activité web de son silo et la diluer dans l’ensemble des services. Tout comme il vous parait évident aujourd’hui qu’il ne peut pas y avoir de service “web” (au même titre que le marketing, la RH, la compta ou la DSI) car ça n’a aucun sens de cloisonner cette activité, dans 10 ans vous vous direz qu’isoler les médias sociaux au sein de votre organisation était une hérésie. Et pourtant… c’est ce que je constate au quotidien.

Mais même si la maturation des pratiques sociales est lente, elle se poursuit néanmoins. De nombreux écrits et statistiques décrivent ainsi les différents modèles d’organisation des entreprises face aux médias sociaux (The Five Ways Companies Organize for Social Business) :

Les différents modèles d'organisation des entreprises face aux médias sociaux

À la grande question “Quelle est la meilleure organisation“, je répondrais : “Celle qui vous convient le mieux“. Il serait ainsi suicidaire de passer du mode expérimental (“ouvrons une page Facebook et nous verrons bien”) au mode industrialisé (l’approche holistique décrite dans l’article cité plus haut). La bonne approche consiste donc à accompagner les collaborateurs dans leur découverte des bienfaits des médias sociaux et de la collaboration, et à progressivement intégrer les pratiques sociales / collaboratives dans l’ensemble des services (Social Business Planning: Aligning Internal With External).

Dans ce but, Dion Hinclcliffe préconise la création d’une Social Business Unit chargée de stimuler l’adoption de ces pratiques collaboratives et sociales pour gérer la transition en douceur entre la phase expérimentale et industrialisée : Introducing The Social Business Unit.

Les 5 missions de la Social Business Unit

La Social Business Unit serait donc composée de champions de la collaboration et des médias sociaux dont le rôle serait d’évangéliser les populations internes. La raison d’être de cette unité repose sur 5 missions :

  • Développer une vision plus fine de l’environnement concurrentiel et de l’écosystème dans lequel évolue l’entreprise (Competitive Assessment) ;
  • Acquérir une meilleure compréhension des besoins / contraintes des clients, prospects ainsi que des partenaires et fournisseurs. Ceci passe par une écoute active sur les médias sociaux les plus visibles (Facebook, Twitter, YouTube…) mais également les plateformes sociales B to B (Social Listening) ;
  • Nourrir les plateformes CRM (pour une meilleure connaissance client) et BI (pour une meilleure capacité d’anticipation) à l’aide des données issues des interactions sociales (Analytics & Intelligence) ;
  • Faire évoluer le modèle d’engagement des clients / prospects / partenaires pour qu’il soit plus en phase avec leurs attentes et préoccupations réelles et surtout mieux l’intégrer aux modes de fonctionnements internes (Engagement Process) ;
  • Faire monter en compétences les équipes internes pour qu’elles deviennent progressivement autonomes dans leur exploitation des médias sociaux et des pratiques collaboratives.

Comme vous l’aurez donc compris, la Social Business Unit n’est donc pas prévue pour durer dans le temps, c’est une unité éphémère chargée de stimuler la transformation de l’organisation et le changement des mentalités durant une période transitoire. Un petit groupe d’individus sera donc en charge de faire du prosélytisme et de diffuser les bonnes pratiques (comme peuvent le faire les Black Belts dans le modèle Six Sigma). Cette vision se rapproche ainsi de celle développée par Forrester avec la notion de HERO (Highly Empowered and Resourceful Operatives) : Empowered, Unleash your employees, energize your customers, and transform your business.

Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire : constituer une équipe. Et souvenez-vous que les ressources les plus intéressantes ne sont pas à l’extérieur (les community managers dont on parle beaucoup trop) mais à l’intérieur (des collaborateurs motivés dont vous pourriez faire évoluer le poste : Le Community Manager que vous recherchez se trouve déjà dans votre entreprise).

Plusieurs études sur l’évolution des intranets

Il y a quelque temps, je m’interrogeais sur la nature des intranets 2.0. Même si cette définition peut paraître fourre-tout (les plus diplomates la disent “fédératrice“), nous en savons un peu plus sur l’évolution naturelle des intranets. Ceci notamment grâce à la récente publication par l’Observatoire de l’intranet des résultats d’une enquête menée cette année : Observatoire intranet 2011 – Contribution, collaboration, conversation.

Cette étude a été menée au cours du premier trimestre 2011 auprès de 373 organisations (dont 25 du CAC40). Les organisations ciblées sont majoritairement dans le secteur tertiaire, mais des industriels et des administrations ont également participé.

L’étude remonte en premier lieu plusieurs statistiques intéressantes comme :

  • Les métiers représentés

    Les différents métiers représentés au sein des intranets
  • Les types d’information publiée

    Les différents types d'informations proposées dans les intranets
  • Les outils disponibles

    Les différents outils disponibles dans les intranets
  • Les promoteurs de l’intranet

    Les différentes directions ayant la responsabilité des intranets

L’enquête dresse également une cartographie des socio-types des intranets qui permettent d’évaluer le niveau de maturité des organisations sur cette question en fonction de deux critères : le niveau de service (richesse fonctionnelle) et la gouvernance implémentée (plus ou moins distribuée).

Répartition des socio-types d'intranet

Les deux catégories largement sur-représentées sont donc celles des Bâtisseurs et des En mouvement. Les intranets sont donc globalement en chantier (création ou évolution).

L’Observatoire de l’intranet nous livre avec cette enquête cinq tendances pour 2011 :

  1. Une dynamique collaborative bien installée (des espaces collaboratifs déployés sur 60% des intranets et 25 % supplémentaires prévus pour l’année prochaine) ;
  2. Un RSE qui prend progressivement sa place (avec deux fonctions-clés : profils riches et outils présentiels) ;
  3. Des usages en mobilité qui se développent (3/4 des intranets proposent un accès distant) ;
  4. La volonté d’appliquer une gouvernance stratégique (la DG est impliquée dans la moitié des cas et la copropriété se développe) ;
  5. La gestion des connaissances qui est en retrait (peu de projets de cartographie des connaissances, des gestionnaires peu ou pas valorisés).

C’est donc une étude particulièrement bien documentée et enrichissante qui nous est proposée (via Claude Super).

Signalons également l’enquête menée par Intranet-Infos auprès des responsables intranet : Enquête exclusive, une formidable dynamique de construction. D’autres statistiques sont disponibles dans cette enquête, celle qui m’a particulièrement intéressé concerne les priorités pour 2011 :

Les priorités pour les intranet en 2011

L’enrichissement fonctionnel est donc la première priorité citée, de même que le suivi des projets d’évolution. Ceci nous confirme donc la situation décrite par les socio-types plus haut : de gros chantiers intranet sont en cours.

Et si vous êtes à la recherche d’encore plus de chiffres, je ne saurais que trop vous recommander l’édition 2011 de la Global Intranet Trends éditée chaque année par Jane McConnell (l’étude est en anglais, mais elle parle français et habite Paris).

L’auteur de cette étude a publié 3 articles au sujet de la dernière édition (Re-shaping the intranet, Social media are challenging the intranet et Steering and governing, more essential than ever), et nous livre également les cinq tendances identifiées :

  1. L’intranet devient la porte d’entrée du bureau web des collaborateurs ;
  2. Les intranets sont plus centrés sur les équipes (notamment grâce aux espaces collaboratifs et aux fonctions de gestion de projet) ;
  3. La transformation en des plateformes de communication en temps-réel (par le biais d’outils de microblog ou de la messagerie instantanée) ;
  4. La montée en puissance des usages en mobilité (pas spécialement depuis un terminal mobile, mais en dehors du bureau) ;
  5. Les intranets deviennent des vecteurs d’expression individuels pour les collaborateurs (grâce aux outils de publication et de sociabilisation).

Voilà, normalement avec ces 3 études, vous devriez avoir votre compte de statistiques et de tendances. Vivement l’année prochaine !

Quelques sources sur le ROI de l’entreprise 2.0

En début d’année je parlais d’un phénomène de débisounoursisation (abandon de la vision “Bisounours”) et il semblerait que cette tendance se concrétise avec de nombreux débats atour du ROI. Le retour sur investissement de quoi ? Un peu de tout en fait : des médias sociaux, des sites d’achat groupés, des applications iPhone et iPad… mais le sujet qui nous intéresse plus particulièrement est celui du ROI des initiatives d’entreprise 2.0. Comme toujours, ce calcul est loin d’être simple dans la mesure où l’investissement n’est pas forcément quantifiable et où le retour ne se mesure que de façon subjective. Dans ces conditions, nous sommes en droit de nous interroger sur la pertinence d’un tel calcul…

L’issue de ce problème insoluble semble être d’accepter que le ROI ne s’exprime pas à l’aide d’une valeur numérique fiable, mais plutôt d’indicateurs qualitatifs. C’est en tout cas l’approche choisie par McKinsey dans ce très bon article : The rise of the networked enterprise: Web 2.0 finds its paydayned. L’article présente ainsi la synthèse d’une étude menée sur ces quatre dernières années auprès de  3.250 cadres dans le monde entier. Les bénéfices des applications et pratiques sociales sont ainsi regroupés en trois domaines :

  • La collaboration interne (accès plus rapide aux savoirs, localisation plus précise des experts, réduction du coût de communication…) ;
  • La relation client (amélioration de l’efficacité du marketing, de la satisfaction client, réduction des coûts…) ;
  • Les interactions avec les partenaires et fournisseurs (amélioration de la rapidité de circulation de l’information…).
Les bénéfices des outils et pratiques sociales

Le tableau est assez complexe à déchiffrer, car les auteurs de l’étude isolent la valeur médiane sur chacun des trois domaines, ors, les entreprises participant à cette étude n’ont pas forcément pris des initiatives dans ces domaines. Cette correction nous révèle ainsi un autre aspect des pratiques sociales : elles se cumulent et permettent d’augmenter les bénéfices de la collaboration. Pour plus d’explications au sujet de cette étude, je vous recommande la lecture de l’article d’Anthony Poncier : Entreprise 2.0, le ROI enfin calculé et validé ?.

Nous avons également vu récemment la société Socialcast qui a publié un article et une très belle infographie sur le sujet : How to Calculate the ROI of Enterprise 2.0. L’auteur fonde ses calculs sur un prix de revient des social softwares oscillant entre 3$ et 5$ par mois et par utilisateur, les gains de productivité / créativité engendrent un retour largement positif.

Le ROI de l'implication des collaborateurs

L’argumentation de l’auteur de l’article repose sur trois leviers et propose une méthode de calcul du ROI pour chacun d’eux :

  • Une meilleure implication des collaborateurs (les plateformes collaboratives et sociales permettent ainsi aux employés de s’impliquer au-delà de leur fiche de poste et de bénéficier d’une reconnaissance sociale en conséquence) ;
  • Un plus faible taux de démission (avec une meilleure implication dans la vie sociale de l’entreprise, les collaborateurs développent un attachement émotionnel) ;
  • Une augmentation des ventes (les pratiques de collaboration internes permettent de faire circuler l’information plus efficacement, donc d’avoir des collaborateurs plus réactifs et plus proches de leurs clients).

Tout ceci peut vous sembler un peu naïf, mais on trouve tout de même dans cet article des arguments et calculs simples à comprendre et mettre en oeuvre. Idéal pour un premier travail d’évangélisation.

Il y a ensuite les données fournies par Accenture : ROI of Enterprise 2.0 at Accenture. Ces données nous donnent quelques éléments chiffrés sur le dispositif de collaboration mis en place : 100.000 profils renseignés par les collaborateurs, plus de 10.000 blogs créés par an ainsi que 1.600 groupes spécialisés, près de 15 M de conversations par messagerie instantanée et 140.000 session de desktop sharing par mois.

Ce dispositif a apporter au cabinet de conseil trois types de bénéfices :

  • Une réduction des coûts (de communication avec la VoIP, de déplacement avec la vidéo-conférence) ;
  • Une augmentation de la satisfaction des collaborateurs (moins de temps à chercher la bonne info / personne = plus de temps pour faire leurs missions = moins de pression) ;
  • Une amélioration de la relation client (l’information qui circule plus vite rend les consultants plus réactifs et permet de mobiliser plus rapidement les bonnes personnes avec les bonnes compétences).

Là encore, le ROI est difficilement quantifiable (à moins de passer des jours à collecter les données relatives à l’implémentation de ces différents outils). Par contre, les collaborateurs ressentent un bénéficeévident (“j’ai trouvé l’expert dont j’avais besoin en 15 minutes, avant ça m’aurais pris 2 jours“).

Je vous propose ensuite cet article et l’illustration qui va avec (à intégrer à vos présentations) : Maslow’s ROI Hierarchy for Enterprise 2.0. L’auteur y explique que les bénéfices mesurables sont ceux qui participent le moins à la transformation de l’organisation, et inversement : la collaboration, la souplesse et l’innovation engendrée par les dynamiques 2.0 sont fortement bénéfiques à l’organisation, mais très difficilement mesurables (du moins avec des indicateurs chiffrés de type : “Combien ça me coute ? Combien ça me rapporte ?“).

La pyramide des besoins pour l'Entreprise 2.0

Pour finir, je vous recommande ce très bon article de Richard Collin (Vers la next entreprise, l’entreprise en mode beta) et cette excellente citation de JP Rangswami que j’adore : Je n’ai jamais vu de document décrivant le ROI des toilettes, pourtant nous en avons tous besoin en entreprise.

Au final, l’argument du ROI n’est qu’un prétexte pour ne pas endosser la responsabilité de la décision de changer les habitudes de travail. Il suffit d’un peu de bon sens pour comprendre que les organisations à l’ancienne (fonctionnement en silos, objectifs et primes individuels, concentration des savoirs sur des individus isolés…) favorisent le mercenariat et paralysent l’innovation.

Ceci étant dit, si vous parvenez à faire comprendre à vos interlocuteurs que le ROI ne se calcule pas de façon formelle, ils vous trouveront d’autres prétextes pour ne pas changer leurs habitudes (“Les autres ne sont pas prêts“, “Un changement dans ce contexte nous fragiliserait“, “Cela pose de gros problèmes de sécurité et d’exposition de données confidentielles“…). Armez-vous de courage, car la route du changement est longue et il vous faudra beaucoup d’énergie pour faire sauter les verrous psychologiques et vaincre la résistance au changement. Mais le jeu en vaut la chandelle, car les dynamiques collaboratives en entreprise améliorent beaucoup de choses, et surtout le quotidien des travailleurs du savoir, VOTRE quotidien !

De la maturation des usages du cloud computing

Suite à un premier article (Définition et usages du cloud computing), l’actualité me pousse à aborder de nouveau ce sujet. Le cloud computing est en effet un sujet très chaud en ce moment avec notamment le plantage de la plateforme Amazon Web Services : Inside Amazon’s Cloud Disaster. La plateforme d’Amazon étant très populaire (elle héberge de nombreux services en ligne), cette indisponibilité a fait beaucoup de bruit et soulevée beaucoup de questions sur l’avenir du cloud computing. Le débat ne porte pas tant sur l’informatique distante en elle-même mais plutôt sur la façon dont les entreprises vont déployer leur S.I. sur le cloud. Le plantage d’Amazon nous montre ainsi qu’aucun système informatique n’est parfaitement stable 100% du temps (de toure façon, ce n’est parce que vos équipes gèrent elles-même les machines que vous aurez un meilleur score de disponibilité). Cet incident va par contre pousser les entreprises utilisatrices à adopter une approche plus diversifiée du cloud. Vous noterez au passage que Google en a profité pour faire du lobbying sécuritaire : Google Offers An Unusual Glimpse Inside One Of Its Data Centers.

Le marché est donc en voie de maturation sur les usages du cloud computing. À ce sujet, le dernier rapport de Forrester est assez explicite : De nombreux segments et sous-segments sont en train d’émerger pou r accompagner la croissance. Vous connaissiez déjà le SaaS, PaaS, IaaS, on nous parle maintenant de Business Process as a Service (BPaaS).

La segmentation des usages du cloud par Forrester

Le rapport (Sizing the Cloud) est d’ailleurs très optimiste sur l’évolution du marché et prévoit un volume d’affaires de plus de 241 MM$ en 2020 (par rapport aux 40MM$ estimé pour 2011). C’est donc un marché considérable qui va forcément beaucoup évoluer pour apporter de la sophistication aux offres et mieux séduire / fidéliser les clients. L’auteur du rapport anticipe ainsi un tassement de la croissance des offres d’IaaS (comme EC2 et Rockspace) et une croissance soutenue pour les offres de SaaS bénéficiant de nouvelles innovations (HTML5 ? cloudbook ?).

En échos au plantage de la plateforme d’Amazon et toujours pour illustrer cette maturité du marché, je vous recommande fortement la lecture de ces deux articles publiés par Louis Naugès : Cloud communautaire : la troisième voie et sa deuxième partie. L’auteur y détail une approche diversifiée du cloud computing reposant sur l’exploitation de différents modèles : clouds publics, privés et communautaires. Cette configuration diversifiée permettrait ainsi de limiter les risques et surtout de réduire la dépendance à un fournisseur.

Cette dépendance est également un sujet de discussion très chaud en ce moment : Choisir une technologie ou une suite applicative était un choix déjà compliqué, mais s’il faut en plus se creuser la tête pour choisir le bon fournisseur de solutions d’hébergement / d’exploitation en cloud, ça devient sacrément compliqué. Certains avancent donc le besoin d’offres de cloud computing parfaitement ouvertes pour faciliter la migration des clients : De l’importance de l’Open Cloud. Dans la continuité de ce qui a été dit plus haut, l’Open Cloud Manifesto est également une autre preuve de la maturation du marché.

Pour finir, signalons également l’initiative Open Compute Project de Facebook qui vise à améliorer l’efficacité des data centers : Building Efficient Data Centers with the Open Compute Project. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en partageant les schémas d’infrastructure de ses centres de données, Facebook met les acteurs du cloud dans une position délicate : Facebook Trumped Google Today  And Embarrassed A Lot Of Other Companies Too.

Donc au final, est-ce que l’incident sur la plateforme d’Amazon aura une incidence négative sur le secteur ? Non pas du tout. Il aura par contre permis de rappeler quelques règles essentielles de prudence en matière d’hébergement d’applications critiques, et de faire progresser les réflexions sur la nécessité de répartir les ressources et données distantes.

La prochaine étape de maturation devrait logiquement concerner le grand public avec notamment le lancement des offres de musique en ligne d’Apple et Google. Une fois que les utilisateurs pourront apprécier à sa juste valeur le cloud (avantages et inconvénients), les usages dans le monde professionnel devraient s’accélérer et se diversifier.

Pourquoi le télétravail est bon pour la collaboration

Depuis le temps que nous les subissons, nous commençons à connaitre les ennemis de la productivité : Emails, fichiers bureautiques et réunions. Ceci étant dit, ils font partie de notre quotidien et de nos habitudes. Changer tout ça est un travail de longue haleine qui passe par de profondes modifications culturelles au sein d’une entreprise. Ces modifications ne peuvent se faire spontanément, elles nécessitent donc une dynamique de conduite du changement afin de stimuler l’adoption de nouvelles habitudes et méthodes de travail.

Cette conduite du changement peut se faire sous la forme de séminaire ou de supports d’auto-apprentissage. Mais elle peut également se faire conjointement avec d’autres pratiques, et notamment le télétravail. Car quand on y réfléchit bien, le télétravail repose sur postulat simple : un collaborateur peut assumer ses tâches quotidiennes et rester productif sans être physiquement présent dans les locaux de l’entreprise et sans avoir de contacts physiques avec ses collègues. Et c’est là où l’on peut trouver des zones de recouvrement entre les facteurs-clés de succès de la collaboration façon 2.0 et ceux du télétravail.

Travailler à distance impose ainsi une nouvelle forme d’organisation qui fait mécaniquement augmenter le nombre d’échanges électroniques. Pour pouvoir rester productif à distance, un collaborateur doit donc modifier sa façon de travailler au quotidien et trouver une organisation qui lui permette de compenser l’absence de contacts physiques. Il serait suicidaire de penser que l’email est la solution ultime pour pouvoir aider les télétravailleurs dans leur quotidien. Cette nouvelle organisation passe donc par une réduction de la dépendance aux fichiers bureautiques (qui ne lui sont plus accessibles, si ce n’est en les recevant par email).

Donc si l’on raisonne en terme d’outils, télétravail et entreprise 2.0 requiert l’adoption de plateformes collaboratives (gestion de projet…) qui libère les collaborateurs de la contrainte des emails. Ils imposent également le recours à des outils de communication synchrones : VoIP, télé-conférence et partage d’écran. La combinaison de ces deux pratiques permet de lutter contre la pollution quotidienne (emails, coups de fil, collègues qui passent dans le bureau…) qui fragmente l’attention et la concentration des collaborateurs.

Mais les bienfaits du télétravail ne se limitent pas à l’adoption forcée de nouveaux outils. En travaillant à distance, les collaborateurs ne peuvent plus s’échanger des informations autour de la machine à café, ni progresser sur un projet ou dossier au cours d’une discussion informelle à la cantine (ou en pause cigarette). En dehors des conversations téléphoniques, le travail à distance réduit considérablement ces échanges informels qui sont utiles, mais sur lesquels il n’est pas possible de capitaliser. Les dynamiques de collaboration de l’E2.0 ont ainsi pour vocation de matérialiser ces échanges informels et de les rendre visibles pour les autres collaborateurs. Là encore, le télétravail est bénéfique dans le sens où il rend visible les échanges qui jusqu’alors étaient invisibles (à moins d’avoir été présent par hasard dans le couloir ou à la machine à café).

Comme nous venons de le voir, le télétravail impose une nouvelle organisation de travail qui correspond tout à fait à la configuration requise par les dynamiques 2.0 en entreprise. Les bénéfices sont mutuels puisque les solutions de collaboration en ligne permettent de lever certains freins concernant le télétravail (cf. Pourquoi la révolution douce du télétravail ne prend pas) :

  • La désociabilisation qui est compensée par les nombreuses interactions sociales (microblog, messagerie instantanée…) ;
  • L’éloignement du centre du pouvoir qui est également compensé par une visibilité accrue des collaborateurs actifs sur le réseau social de l’entreprise ;
  • La surveillance des collaborateurs distants qui peut être assurée par les mécanismes de suivie des versions et des contributions, ainsi que les alertes générées automatiquement à la complétion d’une tâche ou au franchissement d’un jalon.

Nous pourrions argumenter des heures sur les bienfaits et dérives du télétravail, mais je préfère ne pas m’enliser dans ce sujet pour vous parler plutôt d’une solution alternative : le coworking. L’idée derrière cette notion est de combiner les avantages du télétravail (proximité de son domicile, indépendance…) avec ceux des espaces de travail (lieux d’échanges et de sociabilisation) : Fini le télétravail, vive le coworking.

Mieux : les espaces de co-working étant partagés entre collaborateurs de différentes sociétés, une discussion informelle peut mettre en évidence de nouvelles façons d’aborder ou de résoudre un problème (principe de la fertilisation croisée). Ils permettent de plus de développer votre réseau professionnel en dehors des cercles que vous fréquentez naturellement (principe des liens faibles).

Berlin fait figure de capitale européenne du coworking, même si nous avons des exemples emblématiques en France comme La Cantine.

La Cantine, espace de coworking à Paris

Bien évidemment tous les collaborateurs d’une entreprise ne sont pas concernés par le télétravail ou le coworking : certains postes nécessitent une présence physique, d’autres sont trop sensibles. Je milite donc pour une approche hybride où les collaborateurs seraient incités à télétravailler un à deux jours par semaine. De même, ils ne seraient pas nécessairement obligés de le faire à domicile ou dans un cybercafé, mais pourraient exploiter des centres de coworking accrédités voir privatisés (des équivalents de bureaux distants pour les gros employeurs avec des salariés répartis sur l’ensemble du territoire).

Nous n’en sommes qu’à la préhistoire du télétravail, mais je suis persuadé que les espaces de coworking sont un compromis tout à fiat intéressants. Ils permettent de plus de rééduquer les collaborateurs à un quotidien professionnel moins dépendant des réunions et autres discussions de couloirs.

Si vous avez des études ou de la matière sur le sujet, je suis preneur…

Zoom sur 4 offres françaises : Xwiki, SeeMy, Jamespot et blueKiwi

Depuis que j’ai commencé à rédiger ce blog j’ai l’impression de ne parler que de la Silicon Valley. Il est vrai que cette région concentre beaucoup de talents et d’argent, ce qui en fait un lieu très fertile à l’innovation. Ceci étant dit, il n’y a pas que la Silicon Valley et je souhaiterais consacrer cet article à des acteurs français dont nous pouvons être fiers. Est-ce du pur chauvinisme ? Oui, et je l’assume (après tout, c’est la French Week).

En France aussi nous avons des talents ! Je pense notamment à Bertrand Duperrin, Vincent Berthelot, Thierry Debaillon… Il y a aussi de très bons blogs collectifs qui parlent de nos sujets favoris comme le blog des Managers 2.0 et celui de l’Entreprise Collaborative. (j’en oublie forcément, n’hésitez pas à rajouter vos sources favorites dans les commentaires)

Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui est de donner un coup de projecteur sur 4 solutions françaises de collaboration et de réseau social d’entreprise.

Commençons avec XWiki dont j’avais déjà parlé en 2009 (XWiki Enterprise sort sa V.2). En résumé, XWiki est une solution de création collaborative de contenus. Même s’il y a “wiki” dans le nom du produit, la solution se présente comme une plateforme sur laquelle viennent se greffer des modules applicatifs. Le produit est disponible en téléchargement (sur XWiki.org) ou en mode SaaS avec XWiki Cloud.

La page d'accueil de XWiki Cloud

La principale actualité d’XWiki est la sortie de la version cloud, mais ils sont également en train de finaliser la version 3 de la plateforme qui va apporter beaucoup de nouveautés. Peut-être que si vous insistez auprès d’elle, Emilie vous en dira plus…

Parlons maintenant de SeeMy, une solution de réseau social d’entreprise (RSE) qui s’est illustrée dans le référentiel Useo 2011. Initialement prévue pour les PME, cette solution a beaucoup évoluée et propose maintenant une offre complète qui repose sur deux piliers : le relationnel (mise en relation entre collaborateurs) et le conversationnel (discussions formelles sur un projet / dossier ou informelles sur un thème). La solution propose ainsi différents composants : annuaire, flux d’activité, groupes, publications, wikis, messagerie instantanée…

Exemple de conversation thématique avec SeeMy

Interviewé récemment, Emmanuel Douaud (le fondateur) a pu m’exposer sa théorie sur les savoirs informels : Les ERP, plateformes de CRM et autres BPM ont fait faire de gros progrès aux entreprises (structuration des données et des processus), mais le prochain levier de croissance réside dans les données non-structurées que les RSE rendent visibles. Il existe ainsi une grande quantité d’informations qui gravitent autour des données structurées et qui ont de la valeur.

La particularité de cette solution est de proposer une interface en Flash. Un choix assumé par l’éditeur qui le justifie comme une solution de contournement aux problèmes de compatibilité (notamment avec IE6 qui est encore largement utilisé dans les PME).

Poursuivons avec Jamespot, un RSE qui repose sur le principe de spots, des espaces thématiques au sein desquels vivent des conversations et des communautés.

La page d'accueil d'un utilisateur de Jamespot

Dernièrement les équipes ont présenté leur nouveau module Social Ready (Jamespot annonce son module pour socialiser l’intranet) qui permet d’intégrer la solution à un intranet ou un portail. Le module est en fait un portlet compatible avec la norme JSR168 utilisée par de nombreuses solutions de portail (BroadVision, IBM Websphere, Interwoven, Oracle Weblogic, SAP AG, Sun Portal Server, Tibco, SharePoint…) mais aussi compatible avec des CMS comme Drupal, Joomla, Typo3, ezPublish ou encore WordPress.

Terminons enfin avec blueKiwi, une solution de RSE qui vient de lancer une nouvelle version plus modulaire : blueKiwi lance sa nouvelle offre modulaire de réseaux sociaux professionnels.

Page d'accueil de l'environnement blueKiwi

La solution bK se présente donc maintenant comme une plateforme sur laquelle vont venir se greffer un certain nombre de modules pour créer des réseaux sociaux internes, pour faciliter la collaboration, pour fédérer des communautés externes et même pour faire le pont entre l’interne et les médias sociaux. Disponible en 5 langues, la solution se dirige vers une plus forte verticalisation avec des offres adaptées aux différents corps de métier.

Ainsi se termine mon tour d’horizon des start-up françaises, dont encore fois nous pouvons être très fiers. Ne comptez pas sur moi pour vous dire laquelle de ces solutions est la meilleure, car tout est une question de contexte (existants, contraintes, objectifs…). Le mieux est encore de les étudier minutieusement, mais rappelez-vous que l’outil n’est qu’un ingrédient nécessaire mais pas suffisant dans votre dynamique d’adoption des pratiques 2.0.

Définition et usages du cloud computing

Vous ne vous en êtes sûrement pas rendu compte, mais depuis que j’ai commencé à rédiger ce blog, je vous parle de cloud computing. Et oui, car le cloud est un des ingrédients essentiels des outils et pratiques affiliés à l’Entreprise 2.0 (Connecting the Dots Between the Cloud and Enterprise 2.0). Il est donc tout naturel que je consacre un article à ce sujet.

Il faut dire qu’en ce moment le sujet est très chaud. Correction : voilà plusieurs années que le sujet est chaud (), mais l’année 2011 s’annonce comme particulièrement riche en annonces surprenantes (2011 sera-t-elle l’année du cloud computing ? et La Chine construit une ville dédiée au Cloud Computing) et en mises en garde (Cloud Computing Bubble Looks Like Dot-Com Bubble). Il existe déjà quantité de matière et de spécialistes (dont Louis Naugès et Guillaume Plouin), aussi je me concentrerais sur une vision très personnelle du cloud (liée aux usages).

Cloud computing = informatique distante

Commençons par le commencement avec le traditionnel exercice de la définition. Le cloud computing est un concept assez vaste, aussi les définitions varient. Je vous en propose ici une compilation :

  • Pour Wikipedia : “Le Cloud computing est un concept qui consiste à déporter sur des serveurs distants des traitements informatiques traditionnellement localisés sur le poste client de l’utilisateur” ;
  • Pour Génération NT : “Le cloud computing est un concept d’organisation informatique qui place Internet au coeur de l’activité des entreprises, il permet d’utiliser des ressources matérielles distantes pour créer des services accessibles en ligne” ;
  • Pour le NIST : “Le cloud computing est une nouvelle façon de délivrer les ressources informatiques, et non une nouvelle technologie“.

Avec ces trois définitions, nous avons de quoi faire… surtout avec la définition étendue proposée par le NIST : “C’est un modèle qui permet l’accès au réseau à la demande. Les ressources sont partagées et la puissance de calcul est configurable en fonction des besoins. Le client peut bénéficier d’une flexibilité importante avec un effort minimal de gestion.” Le NIST pousse sa définition encore plus loin en isolant :

  • 5 caractéristiques principales (un accès en libre-service à la demande, un accès ubiquitaire au réseau, une mise en commun des ressources, une élasticité rapide et un service mesuré en permanence) ;
  • 3 modèles de service (Software as a Service, Plateform as a Service et Infrastructure as a Service) ;
  • 4 modèles de déploiement (public, privé, communautaire et hybride).

Tout ceci est très précis, mais un peu trop jargonnant à mon goût. Je n’ai pas la prétention de rédiger la meilleure définition, mais plutôt de simplifier celles existantes. Je vous propose donc cette définition : Le could computing désigne l’exploitation de ressources informatiques distantes permettant d’exploiter des services en ligne à la demande.

La notion d’informatique “distante” est pour moi beaucoup plus parlante que d’informatique “dans les nuages” qui est beaucoup trop vague et de plus trompeuse (les données et traitements sont effectués dans des data centers généralement installés dans des sous-sols).

La clé pour bien comprendre le cloud computing est plutôt de s’intéresser aux usages. Le cloud computing permet ainsi de s’affranchir des contraintes de l’outil informatique traditionnel (installation et mise à jour des logiciels, espace de stockage, portabilité des données…) tout en facilitant la collaboration (circulation de l’information, production ou révision de documents à plusieurs mains…).  À partir du moment où, du point de vue des collaborateurs, tout se passe dans le navigateur, c’est forcément plus simple.

Acteurs et usages du cloud computing

De nombreux acteurs sont déjà positionnés sur le cloud : aussi bien des acteurs traditionnels (Microsoft, IBM, Cisco, HP, Dell…), que des éditeurs de logiciels et services (Oracle, Google, Adobe…), que des nouveaux entrants (Amazon, SalesForce, Zoho…). Pour une vision plus précise, je vous recommande l’article suivant : A Muddled Look at Today’s Cloud Computing Landscape.

Pour résumer une longue explication, le cloud computing concerne les familles d’usages suivantes :

  • L’exploitation de logiciels en ligne (ex : Zoho) ;
  • L’archivage de données ;
  • La mise à disposition de puissance de calcul ou d’environnements de développement (ex : Amazon) ;
  • La collaboration au travers d’espaces de travail partagés et d’outils de communication synchrones…

En fait les usages sont innombrables et pour cause : se sont les mêmes qu’avec l’informatique traditionnelle, sauf que les machines qui stockent et traitent l’information ne sont plus dans le même bâtiment que vous.

L’adoption des différentes solutions de cloud computing se fait progressivement en entreprise, mais c’est certainement par le grand public qu’elle risque d’être la plus rapide avec des usages liés aux contenus (musique, jeux, photos…) mais aussi aux terminaux mobiles (tablettes et netbooks) qui vont être les premiers bénéficiaires de cette révolution. Révolution ? Oui car le fait de déporter le stockage des données ainsi que les traitements va complètement bouleverser l’outil informatique (le concept de cloudbook de Google en est l’illustration parfaite).

Les avantages du cloud computing pour les entreprises et collaborateurs sont donc nombreux :

  • Une plus grande flexibilité des outils informatique (pas d’installation ni de mises à jour, montée en charge automatisée, nombreux connecteurs disponibles…) ;
  • Un budget optimisé (facturation à la demande) ;
  • Des informations plus accessibles (puisqu’elles sont déjà en ligne) ;
  • Des données sécurisées (rien sur les disques durs) et une informatique réellement nomade (accessible depuis n’importe quel ordinateur ou smartphone)…

Bref, les avantages. Je fais volontairement l’impasse sur les inconvénients, car je préfère donner une note optimiste à cet article. Il existe de plus de nombreux articles qui traitent les différentes objections (sécurité, disponibilité…). Dernière précision : Même si les petites structures sont les organisations les plus à même d’en bénéficier directement (cf. Peut-on envisager une entreprise sans SI ?), les grandes entreprises peuvent également en bénéficier facilement en déportant une partie de ses applications vers le cloud. L’informatique distante n’est ainsi pas exclusive, elle peut tout  fait cohabiter avec un environnement traditionnel.

Les nouveaux usages du cloud computing

Comme précisé en début d’article, le cloud computing n’est pas un concept très neuf (on parlait déjà d’Application Service Provider au siècle dernier). De nombreux usages innovants sont ainsi en train d’émerger :

  • Le cloud computing pour les gouvernements et municipalités. Les gouvernements et municipalités exploitent des S.I. complètement dispersés. De plus, ils s’insèrent dans un écosystème très dense de partenaires, sous-traitants & cie qui exploitent eux-mêmes des applications très hétérogènes. À partie de ce constat, déporter les applications et données semble être une solution idéale pour simplifier l’évolution des services, l’accès aux données et la collaboration. De nombreux gouvernements se sont déjà prononcés en faveur de cette solution (Le gouvernement fédéral américain publie sa stratégie Cloud Computing) et les municipalités devraient être les prochaines cibles privilégiées des éditeurs.
  • Le cloud computing pour les industries verticales. Certaines professions vivent quasiment en “vase clôt” dans leur environnement informatique, notamment les professionnels de la santé ou du tourisme. Ces industries sont composées d’une infinité d’acteurs de petite taille (médecins et pharmaciens, hôtels et restaurants…) qui ne nécessitent pas une informatique très lourde et qui doivent être reliés à des opérateurs nationaux (sécurité sociale et mutuelles, systèmes de réservation centralisés et compagnies aériennes). Le cloud computing semble là encore parfaitement adapté pour équiper ces petits acteurs et faciliter les échanges électroniques (cf. Dell Launches New Cloud-Based Services for Hospitals and Physician Practices).
  • Le cloud computing pour les objets connectés. Dans un futur proche, une grande partie des objets de nos foyers seront connectés à l’internet (TV, cadre à photo, pèse-personne, système de surveillance…). Collecter et traiter les données en provenance de ces appareils sera d’autant plus simple si tout est centralisé et piloté à distance. Cette configuration permettrait de plus à des opérateurs accrédités de vous simplifier le quotidien (le Ministère de la Santé pourrait vous faire des recommandations d’alimentation en fonction de ce que vous avez dans votre réfrigérateur, votre fournisseur d’électricité pourrait vous aider à optimiser votre consommation…). Là encore nous n’en sommes qu’au tout début d’un chantier de transformation très vaste : Cloud + Machine-to-Machine = Disruption of Things.

Rien qu’avec ces trois domaines d’innovation, il y a suffisamment de matière pour écrire un livre. Mais ce n’est qu’un début, car le cloud computing induit de nombreuses autres transformations qui vont révolutionner notre quotidien. Affaire à suivre…

Définition et usages de l’intranet 2.0

Voilà un petit moment que l’on parle d’intranet 2.0 ou de social intranet (j’en parlais déjà en 2007 : Les dernières tendances en matière d’intranet 2.0), mais a-t-on déjà pris le temps d’en définir les contours ? Bon en fait il existe déjà de nombreuses définitions et c’est plutôt moi qui suis à la traine sur ce sujet… Je vous propose donc de rattraper ce retard et de faire le point avec vous sur ce meta-concept. “Meta-concept” ? Oui tout à fait, car il n’existe pas réellement de définition précise, uniquement des interprétations de l’évolution de l’outil informatique en entreprise. Vaste sujet qui mérite quelques explications.

Car il faut bien préciser que le fait de greffer un système de commentaires sur un intranet traditionnel est loin d’être suffisant. C’est une étape importante, certes, mais la route reste longue vers la vision idéaliste d’une plateforme collaborative et sociale intégrée.

Définitions

Comme précisé plus haut, il n’existe pas de définition officielle ni rigoureuse. Si l’on s’en tient à la définition d’un intranet (“Un réseau informatique utilisé à l’intérieur d’une entreprise utilisant les technologies de communication d’Internet : web, email…“), alors la définition générique devrait être : “Un réseau informatique utilisé à l’intérieur d’une entreprise utilisant les technologies et pratiques du web 2.0 : intelligence collective, flux RSS, wikis…

Vous conviendrez que ce n’est pas très satisfaisant, je vous propose donc de vous pencher sur d’autres définitions, à commencer par celle de Xavier Aucompte qui isole trois types d’intranets 2.0 :

  • Les intranets 2.0 fonctionnels qui reposent sur les outils du web 2.0 (RSS, blogs, mashups..) ;
  • Les intranets 2.0 innovant qui sont centrés sur l’innovation participative et la co-création ;
  • Les intranets 2.0 d’entreprise qui mettent l’accent sur les collaborateurs et les processus internes.

Ces trois familles ne sont pas exclusives, elles se combinent et peuvent être assimilées à des couches qui s’implémentent dans n’importe quel ordre.

Puisque l’on parle de couches (conversationnelles, relationnelles, transactionnelles…), je vous propose ce très bon schéma d’Alex Dowbor : Social Intranet, The Intersection Diagram.

L'intranet social à l'intersection des outils internes

Sur ce schéma ressortent bien les forces et faiblesses des 3 modèles d’intranet :

  • Les portails d’entreprise qui sont centrés sur le contenu et la connaissance, mais manquent de participation ;
  • Les plateformes de discussions qui sont déconnectées des processus et applications métiers ;
  • Les outils de collaboration qui sont pauvres en contenus.

L’intranet 2.0 ou “social intranet” se trouverait donc à l’intersection de ces 3 modèles.

Poursuivons avec la définition de notre Bertrand national : Qu’est-ce qu’un intranet social ou un intranet 2.0 ?. Toujours prudent vis-à-vis des buzzword, l’auteur liste un certain nombre d’évolutions nécessaires à apporter aux intranets traditionnels :

  • Une socialisation de l’information (personnalisation, partage, filtrage, relais, enrichissement…) ;
  • Une socialisation des collaborateurs (notamment au travers des profils enrichis) ;
  • Des leviers d’incitation à la publication / collaboration (dans une logique EtoE) ;
  • La socialisation des outils métier (au travers de connecteurs “sociaux”) ;
  • Les outils de rapprochement (qui permettent de trouver par affinité des collaborateurs, informations, données…) ;
  • La conduite du changement (qui permet de lier tout ceci et surtout d’impliquer durablement les collaborateurs dans cette logique contributive).

J’aime beaucoup l’idée que l’intranet 2.0 n’est pas un cap à franchir, mais plutôt une vision idéaliste dont on se rapproche en procédant par évolutions successives. Il n’existe ainsi pas réellement de palier à partir duquel votre intranet passe du statut de “1.0″ à celui de “2.0″.

Dans cette optique, je clôturerais cette partie en mentionnant l’Intranet Maturity Model de Razorfish (qui n’est plus en ligne), qui décrivait les différentes étapes de maturation d’un intranet :

Les 6 étapes de maturation vers de l'intranet 2.0

Comme nous venons de le voir, chacun à sa propre lecture et il n’existe pas de mauvaise définition. Je ne me risquerais donc pas à proposer ma propre définition, je vous propose plutôt de raisonner par composants.

Les 5 composantes d’un intranet 2.0

Comme nous venons de le voir, l’intranet 2.0 est plus une vision idéaliste qu’un ensemble fini de fonctionnalités à assembler. J’ai ainsi identifié 5 composantes principales qui tendent à rapprocher un intranet de cette vision idéaliste du “2.0″ :

  • Information. Pour être qualifiée de “2.0″, l’information doit pouvoir circuler de bas en haut et de façon transversale. Cela nécessite donc des canaux de distribution souples et performants (flux RSS, alertes, flux en temps réel…). L’information doit aussi pouvoir être filtrée, relayée, agrégée et enrichie (au travers de commentaires, notes…).
  • Connaissance. Une gestion de la connaissance efficace passe par des bonnes pratiques de capitalisation (grâce aux wikis) et de structuration (grâce aux tags). Cette connaissance doit également pouvoir être facilement diffusée de façon formelle ou informelle (au travers de blogs, de FAQ collaboratives ou de plateforme de social learning).
  • Communautés. Pas de 2.0 sans réseau social d’entreprise. Les collaborateurs doivent donc bénéficier d’un profil riche sur le RSE (qui va au-delà des coordonnées et intitulés de poste). Ils doivent également pouvoir rejoindre des groupes (publics, privés ou cachés) ainsi que contribuer à des thématiques (en utilisant un système de thèmes hiérarchisés).
  • Collaboration. Impossible de parler de “2.0″ sans aborder la collaboration. Nous parlons bien ici de collaboration active autour d’outils de gestion de projet, de serious games, d’espaces de travail en ligne et d’ideagoras (pour faire de la co-création).
  • Applications et données. Les intranets intègrent une couche applicative depuis bien longtemps, l’évolution logique va donc être d’assouplir ces applications ainsi que leur exploitation / évolution / découverte à l’aide de Marketplace ou App Store, de fonctions de mashup d’entreprise ou de tableaux de bord personnalisables.

Ces 5 composantes regroupent selon moi l’essentiel des améliorations à apporter aux intranets traditionnels. Ces améliorations peuvent être réalisées dans n’importe quel ordre et doivent s’étaler dans le temps sous peine d’être confrontées à une forte résistance au changement.

Vue idéaliste de l'intranet 2.0

Il existe de nombreux outils et solutions permettant de greffer ces fonctionnalités à un existant, mais l’important n’est pas le nombre de fonctionnalités, mais leur intégration au S.I. et aux processus internes de l’entreprise. Il est en effet beaucoup plus simple d’exploiter une suite “sociale” en ligne pour contourner les problèmes de déploiement et de comptabilité, mais elle ne délivrera son réel potentiel que si elle s’intègre dans le quotidien des collaborateurs (dans leurs habitudes et réflexes).

Si vous avez ou connaissez d’autres définitions, n’hésitez pas à publier des liens dans les commentaires.

Peut-on envisager une entreprise sans SI ?

Dans la série “remettons en cause ce que nous tenons pour acquis“, je vous propose une petite réflexion sur la maturation des offres de SaaS et de cloud computing. Le point de départ de ma réflexion est le suivant : une entreprise a-t-elle nécessairement besoin de posséder son propre système d’information ? La question mérite d’être posée pour plusieurs raisons :

  • Le SI n’est plus un levier de compétitivité pour une très large majorité d’entreprises ;
  • Posséder et maintenir un S.I. coûte cher (matériel, personnel), aussi bien à l’installation, qu’à l’optimisation, qu’à l’évolution ;
  • Il y a une très forte pression sur les marges, donc la nécessité d’optimiser les postes de coût ;
  • Les offres de cloud computing sont de plus en plus mûres (cf. 2011 sera-t-elle l’année du cloud computing ?).

Bref, plus que jamais, la légitimité d’un SI propre à l’entreprise s’érode au fil du temps. Nous ne parlons pas ici de dégager tous les serveurs et licencier tous les informaticiens du jour au lendemain, mais plutôt de s’interroger sur l’intérêt réel d’internaliser la maintenance de son SI. Il y a ici une subtilité à saisir : exploiter une ou des plateformes de cloud computing ne veut pas dire se passer de l’outil informatique, mais juste d’en confier la maintenance à d’autres. J’ai ainsi déjà recueilli plusieurs témoignages de DSI me disant que depuis la migration de leur messagerie vers Gmail, ils ne comprenaient pas pourquoi ils se sont entêtés à maintenir leurs propres serveurs (activité à très faible valeur ajoutée).

La question se pose donc pour une société en création ou en développement. Il y a ainsi une taille critique (entre 5 et 10 employés) au-delà de laquelle il est nécessaire de bâtir un SI pour mieux gérer l’information et industrialiser les différents processus (production, facturation, comptabilité…). Les entreprises du tertiaire ont ainsi tout intérêt à y réfléchir à deux fois avant de recruter du personnel et d’acheter des serveurs. Installer son SI dans les nuages permet ainsi de limiter les investissements initiaux et de bénéficier d’un maximum de souplesse.

Nous assistons ainsi à une maturation sans précédent des offres de SaaS qui rendent cette hypothèse particulièrement intéressante. Dans ce domaine, Zoho est une figure incontournable avec une offre pléthorique qui couvre de nombreux domaines : CRM, facturation, vente, support, collaboration, capitalisation, reporting et même dernièrement comptabilité avec Zoho Books : Zoho Takes on Quickbooks with New Accounting Application. Il faut dire que l’éditeur US a déployé des efforts considérables pour proposer une offre cohérente et surtout très complète : 2010 Was the Year of Integration for Zoho.

L'application en ligne de comptabilité de Zoho

Je pense que la complétude de l’offre est un critère essentiel, car si le cloud computing “à la carte” à fait ses preuves (déporter une partie des applications ou des données), si une entreprise peut trouver chez des éditeurs en ligne les solutions pour couvrir l’ensemble de ses besoins, pourquoi commencer à construire son propre SI ? Autant ne pas le faire et partir directement sur du 100% cloud.

Placer l’intégralité de son SI dans les nuages, une hérésie ? Pas tant que ça car les ressources humaines sont précieuses et que les coûts de mise en oeuvre d’un SI seraient bien mieux utilisés sur d’autres postes d’investissement. Encore une fois je ne suis pas en train de faire l’apologie du cloud computing, mais plutôt de me livrer à un exercice d’acculturation et de remise en cause. J’ai ainsi pu visiter l’année dernière une start-up très en pointe dans ce domaine (Navig.fr) qui propose une offre de ce type aux PMEs. Le saut culturel est dur à franchir (“je me fais déposséder de mes données et de mon outil de pilotage“), mais une fois l’idée acceptée, c’est plutôt la solution inverse qui ne semble plus très viable (recruter du personnel, acheter des machines et gérer son propre SI).

Reste la question cruciale du choix de l’éditeur, et donc de la confiance que vous voulez bien accorder à un ou des éditeurs. Déporter son SI n’est pas une décision anodine, il faut donc miser sur un prestataire “solide”. Et à ce petit jeu là, Microsoft est visiblement en train de gagner des points : Why Microsoft Will Win The Small Business Cloud War. Voilà bien longtemps que le géant de Redmond prépare sa migration vers l’informatique distante et le modèle SaaS (sous l’impulsion notamment de Ray Ozzie). Plusieurs offres sont ainsi déjà déployées sous l’étendard Cloud Computing ou Online Services. Microsoft est-il l’éditeur le mieux placé pour fournir des solutions de cloud computing ? Vous vous doutez bien que je ne vais pas répondre à cette question ! Toujours est-il que pour le moment Zoho semble avoir une longueur d’avance avec une offre plus complète que les gros acteurs en présence (SalesForce, Google, IBM, Oracle) qui se contentent d’une offre plus morcelée (à la carte).

Mais revenons à nos moutons : peut-on envisager une entreprise sans SI ? Oui, je le pense sincèrement. Pas forcément une multinationale, mais une PME ou une petite structure (association, municipalité…) qui préfère déléguer plutôt que de subir la gestion quotidienne de son SI.

Destination web sémantique

Travaillant actuellement sur un projet de gestion sémantique de l’information, je me suis rendu compte que peu de personnes savent exactement de quoi il s’agit et que même les experts ne sont pas forcement d’accords sur la définition de cette discipline.

Web sémantique & enrichissement sémantique

Il faut d’abord bien faire la différence entre la notion de web sémantique et celle d’enrichissement sémantique de l’information.

  • Le web sémantique est une évolution coordonnée du web (lancée entre autre par le W3C), une initiative collective dans laquelle chacun à son niveau travaille pour rendre les contenus web plus intelligibles, plus accessibles par les programmes et les machines.
  • L’enrichissement sémantique de l’information est une méthode de travail consistant à donner du sens aux fichiers/informations afin qu’elles soient traitées plus intelligemment par les machines et les applications.

Evidemment le web sémantique ne se fera que par la coordination d’une multitude de travaux d’enrichissement sémantique. La différence vous paraît peut-être minime mais elle est selon moi très importante car le traitement sémantique est une discipline déjà bien répandue alors que le web sémantique est encore une utopie, une vision, un idéal vers lequel nous tendons tous. D’ailleurs, beaucoup de travaux de traitement sémantique ne participent pas du tout au web sémantique car ils ne sont pas ouverts (je pense notamment aux outils de knowledge management).

L’enrichissement sémantique est une étape vers le web sémantique.

L’enrichissement sémantique de l’info

Comme je le disais plus haut, il s’agit de donner du sens aux informations pour que les machines/programmes puissent mieux les gérer. Et pour cela, on utilise des métadonnées (des données à propos d’une donnée). Bref, en résumé, l’enrichissement sémantique consiste à rendre un fichier plus intelligible en l’enrichissant avec des informations supplémentaires : des métadonnées. Il existe plusieurs couches de métadonnées comme nous allons le voir ci-dessous.

Un fichier (ici une photo) n’est pour le système qu’une compilation de 0 et de 1. Difficile alors pour celui-ci de traiter ce fichier intelligement (ne serait-ce que pour l’ouvrir, le système n’a pas moyen de savoir avec quelle application il doit le faire)

  1. Les métadonnées dites “système” apportent une première couche d’information concernant ce fichier. Elles permettent au système de connaître le type de fichier (jpg), l’auteur, la date de création, la taille du fichier, les dimensions de l’image… Grâce à ces métadonnées le système en sait déjà un peu plus sur le fichier, il va pouvoir le traiter un peu plus intelligement : afficher une vignette, lancer la bonne application, le ranger au bon endroit…
  2. Les métadonnées d’usage sont une couche supérieure qui apportent des informations “statistiques” sur l’utilisation du fichier : combien de fois il a été ouvert, par qui, combien de temps… Cette couche de metadonnées est à l’origine du web 2.0 car c’est elle qui permet de faire des recommandations sociales (collaborative filtering) : le système vous recommande ce fichier car il sait que les autres utilisateurs l’ont tous ouvert (c’est le fameux système de recommandation d’Amazon).
  3. La couche suivante est celle de la taxinomie. Elle existe depuis longtemps en informatique mais s’est démocratisée avec le web 2.0.  Ici c’est l’utilisateur lui-même qui rajoute du sens au fichier en le décrivant avec une série de mot-clefs ou tags. Par recoupement, le système va pouvoir ordonner les fichiers selon ces tags. Le problème, c’est que l’utilisateur a beau avoir taggué sa photo avec le mot “papa”, le système n’en déduit pas pour autant que la photo représente le père de celui-ci. Il est juste capable de faire le lien avec les autres fichiers qui ont été tagués “papa” (et éventuellement “père” ou “dad” ou “daddy” si le système utilise en plus la synonimie). D’où la nécessité de rajouter une couche de métadonnées supplémentaires pour que le système comprenne vraiment le sens.
  4. La dernière couche de métadonnées est celle des concepts. C’est la plus importante dans le domaine du traitement sémantique et la plus compliquée à mettre en place. L’idée est de convertir toutes les informations présentes dans les couches inférieurs en concepts intelligibles. L’objectif de cette couche est de permettre au système de comprendre par exemple que le fait que l’utilisateur ait tagué une photo “papa” signifie probablement que son père est présent sur la photo. Ce travail est extrêmement complexe car dans notre exemple “papa” pourrait désigner aussi l’utilisateur lui-même qui est sur la photo avec son fils, ou alors que la photo a été prise par “papa”, ou encore qu’elle a été prise dans le cadre d’un évènement relatif à “papa”.
    Dans notre exemple, l’objectif de cette dernière couche de métadonnées se résume à permettre au système de “comprendre”  que le fichier DCF20110812-56489.jpg est “une photo de vacances, de qualité médiocre, du père de l’utilisateur courant sur la plage”…

Résultante de la représentation des connaissances, la couche des métadonnées de concept est encore très expérimentale et c’est la seule qui mérite selon moi le qualificatif de “sémantique”.

Comment construire la couche conceptuelle ?

La couche conceptuelle s’appuie sur une ontologie (un moyen de représenter formellement les connaissances) qui désigne en informatique un modèle de données représentant un ensemble de concepts et des relations entre eux. L’enrichissement sémantique consiste alors à :

1/ Créer une ontologie, c’est-à-dire modéliser un domaine de concepts (la médecine, les vacances, l’enfance…) et créer des schémas de description.

2/ Créer un moteur d’enrichissement (l’engrenage sur mon schéma) qui va faire le lien entre un fichier (et ses métadonnées existantes) et un ou plusieurs schémas de description.

Les métadonnées existantes, plus des infos de sources de données externes, associées aux schémas de description de l’ontologie vont permettre au moteur de raisonnement d’associer des concepts au fichier, bref de “comprendre”.

Enrichissement sémantique Laurent Assouad

Note : je parle de fichier dans mon exemple, mais tout cela s’applique également à des données de toutes sortes (objets dans une page HTML, entrée dans une base de données…)

Conclusion

La sémantique appliquée à l’informatique et au web est un vaste domaine qui comprend un grand nombre d’acteurs. Certains oeuvrent pour le web sémantique à définir des méthodes pour rendre les données plus intelligibles et connectées. D’autres travaillent sur des projets concrets d’enrichissement de données. D’autres encore se contentent d’exploiter les infimes données sémantiques déjà existantes pour améliorer leurs services (comme le graph social par exemple)…

Une chose est sure, l’enrichissement sémantique est une discipline encore très expérimentale mais son potentiel de développement est énorme et ses applications infinies.

Et n’oubliez pas : pour garder une donnée fraîche, prenez un sémantic-tac… …Pardon :-(

Crédits :: cet article a été rédigé en collaboration avec mes associés Benjamin Habegger et Bastien Marot.