De l’importance du système de notification pour combattre l’email

Je me suis lancé il y a quelque temps dans une vaste croisade contre l’email : La collaboration en temps-réel encore à la traine (la faute à l’email) et Si on ressuscitait le no email friday ?. L’idée derrière tout ça n’est pas de définitivement supprimer l’email (quoi que : Peut-on envisager une entreprise sans email ?) mais plutôt d’en limiter les dérives et de le cantonner à ce qu’il sait faire de mieux : La communication asynchrone. J’ai la conviction que la clé de ce problème repose dans un système de notification performant.

Quand on y réfléchi, la très large majorité des pouriels que l’on subit est liée à une utilisation détournée de l’email :

  • Multiples A/R pour fixer un RDV ou une réunion ;
  • Partager un fichier et collecter des feed-backs dessus ;
  • Remonter des données chiffrées en vue des les consolider ;
  • Tenir des discussions informelles…

Tous ces usages pourraient être couverts à l’aide d’outils dédiés (planificateur de réunion, espace de collaboration en ligne, messagerie instantanée…) mais il restera toujours un problème à régler : Notifier vos collègues qu’un nouveau document a été publié, que la réunion se fait dans une autre salle, qu’il y a du changement sur tel dossier… Et c’est là où un système de notification peut apporter une solution : Centraliser l’ensemble des notifications pour en garder une trace et laisser le collaborateur choisir le moyen qui lui convient le mieux (email, sms, message instantané, tweet…).

Idéalement, ces notifications devraient être centralisées sur le dashboard des collaborateurs avec un système de lien intelligent qui permettrait de lier chacune des notifications à l’action qui lui correspond :

  • Confirmer la nouvelle date de réunion ;
  • Télécharger un document publié ;
  • Lire les commentaires sur un article ;
  • Valider la complétion d’une tâche…

Ces notifications pourraient être générée de façon automatique avec la possibilité de choisir le mode de livraison (email, sms, message instantané…), de choisir les éléments déclencheurs (publication d’un document, nouveau commentaire) et même la fréquence (pour des notification groupées de type « Synthèse de l’activité »). Rien n’empêcherait un collaborateur de continuer à utiliser l’email pour tout et n’importe quoi, comme ça peut être le cas aujourd’hui, mais là au moins ces notifications laissent une trace donc peuvent être historisées et industrialisées.

J’imagine que pour une très large majorité des collaborateurs la première action à faire le matin est de consulter les emails. Et si la première action du matin était de consulter son tableau de bord personnel (où les emails ne sont qu’une partie des notifications) ? Ce fameux tableau de bord fonctionnerait alors comme un hub personnel de communication (avec les messages et les notifications) et de collaboration (avec les tâches à faire, les jalons à respecter…).

Ne resteraient plus dans la boîte aux lettres que les messages asynchrones qui sont adressés à la bonne personne et qui n’entrent pas en concurrence avec d’autres outils. Amusez-vous à faire le décompte des emails « légitimes » que vous recevez par jour, chez moi ça représente moins de 20% des messages (hors spam).

Encore une fois ceci est une vision idéaliste qui n’a pas pour objectif de remplacer l’email, mais je pense ne pas me tromper en disant que nous ne pouvons plus continuer à travailler de cette façon avec les emails. Faire évoluer les habitudes est un travail de longue haleine, mais il faut bine commencer un jour, et le système de notification que je décris est à mon sens une première étape indispensable.

Jive Software veut devenir le Facebook de l’entreprise

Cette semaine Jive Software a annoncé en grandes pompes son intention de s’implanter sur le devant de la scène et de devenir le Facebook de l’entreprise : Jive Software Wants to Be Facebook for the Enterprise. Comment devient-on Facebook ? En copiant ses fonctionnalités bien sûr ! Ils annoncent donc plusieurs nouveautés à leur suite de « Social Business Software » (anciennement Clearspace) :

  • Un tableau de bord pour apporter une vue synthétique aux collaborateurs (avec une petite touche de temps réel) ;
  • Une place de marché d’applications ainsi que les APIs qui vont avec (pour pouvoir héberger des applications tiers) ;
  • Un accès aux tweets en provenance de Twitter (dans un environnement sécurisé) ;
  • Une application disponible sur la Google Apps Marketplace.

Voici donc de bien belles fonctionnalités et un mélange des genres plutôt intéressant car ils mélangent des fonctions de collaboration internes avec des flux en provenance de l’extérieur : La suite intègre un outil de monitoring des médias sociaux, un outil de filtrage baptisé « Jive Chatter Filter » et un outil de recommandations (« Jive Genius« ). C’est donc un premier pas vers le Social Business Design (plus d’infos ici : Jive First to Combine Twitter and Social Business).

Vous pouvez apprécier ici une copie d’écran de leur tableau de bord avec un flux d’activité en colonne principale et des widgets applicatives sur la colonne de droite :

Le Dashboard de Jive Software

Le Dashboard de Jive Software

Cette colonne de droite me semble particulièrement intéressante car centré sur les besoins immédiats de chaque collaborateur (« My Actions« ). Concernant la place de marché d’applications je suis un peu plus sceptique car Jive se frotte à beaucoup plus gros que lui et se lance surtout avec plusieurs mois de retard sur Google et SalesForce : Google et SalesForce concurrents sur l’offre de S.I. à la carte.

Je reste persuadé que ces solutions restent encore trop tournées vers l’entreprise et qu’il y a une place à prendre pour l’éditeur qui proposera une plateforme ouverte où les entreprises pourront collaborer entre-elles (avec les partenaires, prestataires…). C’était l’ambition initiale du BlueHouse d’IBM mais ils ont depuis fait évoluer leur produit. Affaire à suivre…