IBM lance City One, un serious game de gestion municipale

En début de mois IBM a annoncé le lancement d’un nouveau serious game ambitieux : City One. L’objectif est de simuler la gestion d’une ville pour en optimiser les différents processus d’approvisionnement, de transport, de développement… L’annonce officielle est ici : IBM Unveils New « Serious Game » To Tackle Urban Challenges.

Une initiative particulièrement intéressante car elle couvre un périmètre plus large que celui de l’entreprise et permet surtout de mieux appréhender les contraintes et enjeux des différents acteurs d’une ville (urbanistes, collectivités locales, PME…) au travers de quatre secteurs : Eau, énergie, distribution et finance.

CityOne, la simulation de gestion municipale d'IBM

CityOne, la simulation de gestion municipale d'IBM

Phaedra Boinodiris, Serious Game Program Manager chez IBM nous en dit un peu plus :

« Plusieurs niveaux existent et offrent ainsi la possibilité à différents publics de jouer. Pour les entreprises, CityOne est une excellente façon d’impliquer des salariés ou des candidats dans un projet. En travaillant sur cette simulation, ils devront gérer un budget, des ressources, veiller à la productivité, optimiser les coûts, faire appel à d’autres secteurs, découvrir d’autres métiers, apprendre à les connaître en travaillant en étroite collaboration et dans le respect des contraintes. Il est important pour un responsable de projet de connaître les métiers auxquels il fait appel. En réalisant CityOne, IBM a voulu montrer que l’on peut s’appuyer sur des méthodes ludiques pour expliquer les systèmes complexes et apprendre à les maîtrise. »

CityOne est un jeu en ligne gratuit , mais la version française ne sera pas disponible en octobre 2010 : CityOne, IBM vous apprend à gérer une ville.

IBM n’en est pas à son premier projet et proposait déjà d’autres serious games (notamment Robocode pour apprendre le langage Java ou encore PowerUp pour sensibiliser les collaborateurs à l’écologie) et à d’autres outils de simulation plus puissants comme Inno8 (que j’avais déjà mentionné) qui permet de reproduire des situations dans des environnements virtuels ultra-réalistes (accueil en point de vente, gestion d’un entrepôt…).

L'outil de simulation virtuelle Inno8 d'IBM

L'outil de simulation virtuelle Inno8 d'IBM

Pour en savoir plus sur le sujet, je vous recommande deux autres articles (Vive les espaces de travail virtuels et Et on reparle des espaces collaboratifs virtuels) ainsi que les blogs Serious-games.fr et Jeux-serieux.fr.

(via Fast Company)

Pourquoi le papier stimule la collaboration

Voilà près de deux ans que je rédige ce blog sur les outils et pratiques liées à l’Entreprise 2.0. La semaine dernière j’ai eu une horrible révélation… Il y a un outil que vous et moi utilisons tous les jours et dont je n’ai jamais parlé : Le papier. Il fait partie de notre quotidien professionnel et malgré de nombreuses tentatives de suppression, il ne disparaitra pas. J’irais même plus loin en disant que le papier ne doit pas disparaitre car s’il est bien exploité il peut être un vecteur de collaboration très puissant.

Entendons-nous bien : Quand je parle du papier, je fais référence au support écrit et non à la matière. Même si je suis persuadé que le papier est un frein à de nombreux processus (vive la GED !) et un facteur de contre-productivité (mémo, revue de presse imprimé…), utilisé en réunion ou en atelier il se révèle être un authentique champion de la collaboration.

Prenons ainsi l’exemple du prototypage d’interfaces (une activité que je pratique depuis plus de 10 ans). Il existe de nombreux outils de prototypage rapide pour pouvoir créer des interfaces en quelques clics et les partager avec vos collègues. Tout ceci est très bien, mais nous ne parlons pas ici de collaboration dans la mesure où une seule personne produit de la documentation sur laquelle ses collègues ne font que réagir. L’outil de prototypage et le support numérique sont alors utilisés à des fins de formalisation pour « rendre une copie propre ».

Après avoir fait le tour de différents outils de prototypage (ils ont tous des avantages et des inconvénients) je m’étais remis à utiliser le papier pour faire du prototypage rapide en réunion (les américains appellent ça du « scketching« , ça fait plus mieux) :

Exemple de prototype d'interface papier

Exemple de prototype d'interface papier

Même si le niveau d’interaction est bien meilleur, le problème est toujours là : Il n’y a qu’une seule personne qui tient le crayon donc qui concentre la capacité à concrétiser une idée.

Il existe cependant d’autres outils de prototypage qui permettent à l’ensemble des participants de griffonner / tester / manipuler. Je pense notamment aux post-it. Il est ainsi possible de faire participer plusieurs personnes en même temps à l’aide de simples bouts de papier, puis de photographier le résultat pour documenter la séance. Exemple avec le rendu d’un atelier de travail que j’avais organisé pour la refonte de l’Express.fr :

Séance de travail collaboratif avec des bouts de papier collants

Séance de travail collaboratif avec des bouts de papier

Il existe ainsi plusieurs offres pour faire du prototypage rapide en séance à l’aide de tableaux blancs et de magnets qui reproduisent les éléments d’une interface (comme GUImags ou GUIMagnets) :

Magnets de création d'interfaces

Magnets de création d'interfaces

Cette approche n’est pas neuve et l’animation de sessions de travail avec des post-it est même une discipline reconnue avec une marque déposée (metaplan).

Collaboration en séance avec Metaplan

Collaboration en séance avec Metaplan

Vous aurez donc bien compris qu’il n’est pas tant question du papier en tant que support mais plutôt que de faire participer simultanément plusieurs personnes sur un même support écrit. La formalisation pourra se faire plus tard (avec le compte-rendu de l’atelier de travail) mais la collaboration à plusieurs sur un même support est une pratique diablement efficace qui peut être appliquée à différents domaines (architecture, gestion de planning…). Si vous n’avez pas de tableaux blancs ou de magnets vous pouvez toujours vous en sortir avec du papier et des post-il mais l’idée est bien de ne pas concentrer la tâche de formalisation sur un seul individu (celui qui tient le stylo ou le clavier).

Les observateurs attentifs pourraient me dire que dans Google Wave il est possible de faire de l’édition simultanée, mais je préfère ne pas aborder ce cas très particulier pour le moment (car il ne concerne qu’un nombre très restreint de collaborateurs).