A la recherche de nouveaux formats de collaboration

Depuis la présentation de Google Wave le mois dernier j’ai comme un étrange préssentiment… l’impression que les outils dont nous nous servons au quotidien sont condamnés. Il y a d’une part les outils et fichiers bureautiques dont nous avons fait le tour et qu’il est grand temps d’abandonner au profit de formats plus légers et collaboratifs (wikis et cie) et il y a surtout des outils plus génériques comme l’email ou la messagerie instantanée qui semblent aujoud’hui remis en question par de nouvelles pratiques liées aux social software ou au microblog. Bref, je suis persuadé que nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère de la collaboration portée par une nouvelle génération d’outils.

Pourquoi changer d’outils ? Pour plus de productivité bien évidemment ! Ou plutôt pour une meilleure pérénnisation / circulation de l’information (libérée des contraintes des fichiers) et pour une collaboration facilitée / stimulée par les bons outils.

En tête de liste des candidats potentiels il y a bien évidement Google Wave dont j’ai déjà parlé sur mon autre blog (Google Wave = Email + IM + Wiki + Mashup). Difficile de se projeter dans des scénarios d’usages reposant sur Wave tellement le concept est disruptif ! Il faut dire que la richesse et les possibilités potentiellement offertes par Wave sont tout simplement innombrables. Je suis persuadé que même les équipes de développement n’ont pas envisagé toutes les possibilités.

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L'interface de Google Wave

Le problème c’est que pour le moment Wave n’est même pas en phase alpha… il va donc falloir attendre un petit moment avant de pouvoir le tester et surtout le déployer en entreprise (pas avant fin 2010). En attendant votre code d’invitation vous pouvez toujours vous faire la main sur PyGoWave, un outil équivalent reposant sur le code source publié récemment : Want Google Wave Now? PyGoWave’s the Next Best Thing.

Il y a ensuite ShareFlow, un produit assez similaire qui propose un mix entre email et wiki : Shareflow Emerges as Competition for Google Wave. Le service repose sur les flows, des conversations publiques auxquelles peuvent contribuer différentes personnes avec différents types de contenus (email, texte, fichiers, images…).

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La promesse de ShareFlow

Un mode de collaboration intéressant car peut-être plus simple à comprendre et à appréhender que Wave (pas d’édition en temps réel ni de mashups). Une bonne transition en fait dont vous pouvez voir le fonctionnement ici :

Et il y a enfin Cell qui se définit comme l’article du futur : Elsevier’s Prototype, Is This The Scientific Article of the Future?. Ici il n’est pas tant question de collaboration mais plutôt de trouver un format plus riche pour des publications scientifiques. Démonstration avec cet article : A Dynamic Pathway for Calcium-Independent Activation of CaMKII by Methionine Oxidation.

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Exemple de publication scientifique 2.0 avec Cell

Au final nous avons donc un article avec une structure plus formelle (onglets pour les discussions, références…) et du contenu rich media. Les plus attentifs diront donc que c’est plus un concurrent (ou une extension) de Medpedia.

Autant je suis incapable de vous donner une échelle de temps pour l’adoption de Wave ou ShareFlow, autant je suis intimement convaincu que l’email est en phase de déclin et que les fichiers bureautiques sont condamnés. Ce n’est qu’une question de temps pour que les entreprises réalisent l’intérêt qu’elles ont à extraire les connaissances des emails et fichiers pour les réinjecter dans des plateformes collaboratives plus ouvertes et surtout extensibles.

Quelle définition pour l’Entreprise 2.0 ?

Voilà près d’un an que je rédige sur ce blog et je me rends compte que je n’ai toujours pas partagé avec vous mes réflexions sur une définition de l’Entreprise 2.0. Il faut dire que la tâche n’est pas simple, car l’Entreprise 2.0 rassemble de nombreux concepts qui peuvent être interprétés différemment et surtout revendiqués par d’autres disciplines comme l’organisation ou la gestion des connaissances (KM 2.0).

Mais commençons par le commencement et rendons à César que qui lui appartient avec la définition d’Andrew McAfee : « Enterprise 2.0 is the use of emergent social software platforms within companies, or between companies and their partners or customers« . Voilà une très bonne première base qui fait la part belle à l’écosystème de partenaires et de clients. Par contre je trouve quelque peu réductrice cette notion de plateformes sociales émergentes. Est-ce que les réseaux sociaux sont émergents (SixDegrees existait déjà au siècle dernier) ? Est-ce que Wikipedia est émergent ?

Deuxième définition qui mérite d’être citée, celle d’Indus Khaitan : « Enterprise 2.0 = Writable Intranet« . Voilà une définition extrêmement courte (le pendant du « Read / Write Web ») mais qui laisse trop de place à l’interprétation : qui écrit sur cet intranet ? Comment sont gérés les droits ? Est-ce que ceci s’applique aux portails d’entreprise ? Quid des réseaux sociaux internes ou des mashup d’entreprise où il n’est pas réellement question d’écriture (production de données) mais plutôt de réorchestration ?

Il y a enfin ces deux acronymes :

  • SLATES (Search, Links, Authoring, Tags, Extensions, Signals)
  • FLATNESSES (Freeform, Links, Autorship, Tagging, Network-oriented, Extensions, Search, Social, Emerge, Signals)

Ces deux schémas mnémotechniques sont très intéressants car exhaustifs dans les notions abordées mais pas très explicite pour un néophyte : sans les explications qui vont avec, ces deux acronymes ne se suffisent pas à eux-mêmes.

Bon… c’est donc maintenant à mon tour de me lancer : « L‘Entreprise 2.0 désigne les pratiques collaboratives et l’usage de plateformes sociales au sein d’une entreprises ou entre plusieurs entreprises et ses partenaires et clients« .

Plusieurs choses sont importantes dans cette définition :

  • Le fait que l’on parle à la fois d’outils mais également de pratiques ;
  • L’utilisation du terme « usages », car le déploiement des outils E 2.0 ne garantie pas leur appropriation par les collaborateurs ;
  • La notion de plateforme sociale qui recouvre à la fois les outils de production / partage de connaissances (blogs et wikis internes), de diffusion (microblogs) mais également de mise en relation (réseau social interne) ;
  • La prise en compte de l’écosystème (filiales, partenaires, clients) qui gravite autour de l’entreprise et qui fait le pont avec la notion d’extraprise.

J’ai conscience que cette définition n’est pas parfaite mais il faut bien faire de compromis pour ne pas trop jargonner et réduire la taille de la définition. Est-ce que vous vous y retrouver dans cette définition ? Est-ce que vous choisiriez une définition plus courte ou au contraire plus longue ?

Sérendipité en entreprise

La sérendipité, néologisme décrivant des coïncidences inattendues permettant des découvertes, est entrée dans le monde du travail grâce au web. Les entreprises doivent-elles s’en méfier ou au contraire l’intégrer ?

Qu’est-ce que la sérendipité ?

Pour faire court, cela désigne la découverte d’information par le biais du hasard. On parle de recherche aléatoire, de découvertes inattendues… C’est une démarche plus ou moins consciente que l’on a tous déjà pratiqué et qui a fait l’histoire de l’humanité. Pour en savoir plus : wikipédia

Pourquoi la sérendipité est-elle d’actualité ?

On parle beaucoup de sérenpidité en ce moment car le web a développé chez tous un goût prononcé pour celle-ci et a même transformé la structure mentale des natifs numériques (les digital native) qui privilégient désormais les approches sérendipiennes aux démarches structurées. Concrètement, la sérenpidité version web, c’est :

  • naviguer de liens hypertextes en liens hypertextes pour finir par découvrir une information qui nous est utile mais que nous ne cherchions pas…
  • regarder sur YouTube les vidéos relatives à celle que l’on vient de visionner…
  • lire les timeline de ses followers Twitter dans l’espoir d’y trouver quelque chose d’intéressant
  • cliquer sur un mot-clefs d’un article pour découvrir tous les articles liés
  • utiliser les suggestions de recherche des moteurs de recherche

Sérendipité

Alors la sérendipité a-t-elle sa place dans l’entreprise ?

La première réaction face à la sérendipité est de la considérer comme contre-productive. Dans un monde régit par la rentabilité et l’efficacité, le hasard n’a pas sa place, en tout cas pas officiellement. La sérendipité n’est pas logique, n’est pas rationnelle, ce n’est pas une méthodologie mais une non-méthode que l’on ne peut ni intégrer dans un système logique ni appréhender rationnellement.

Pourtant La sérendipité a des qualités indéniables que les entreprises ne devraient pas négliger :

Elle est notamment un gage d’ouverture d’esprit et de créativité. Se laisser porter par le hasard est le meilleur moyen de trouver de nouvelles sources d’inspiration, des idées neuves… Et pratiquer la sérendipité, c’est accepter que ses méthodes ne sont pas infaillibles, accepter que son raisonnement, sa logique ne mèneront pas forcement au meilleur résultat… Or la remise en question est un facteur clés de réussite.

D’autre part les sérendipitant, ceux qui pratiquent efficacement la sérendipité, font preuve de sagacité, de flair, de vigilance, de perspicacité, bref de curiosité constructive ! Une qualité inestimable dans le monde du business.

Enfin, puisque les générations à venir sont « formatées » selon ce schéma, les entreprises ont tout intérêt à s’y adapter, s’orienter vers des structures de données beaucoup plus transversales, non-structurées mais adaptées à la navigation aléatoire. D’ailleurs, peut-être que le système de structuration des données tel que nous le connaissons aujourd’hui, celui qui est issu de la structure des encyclopédies d’antan, est voué à disparaître au profit d’une structure sans ordre qui colle plus aux usages d’une génération qui ne fonctionnera plus que par sérendipité.