SAP lance une application d’analyse de social graph

Vous connaissez SAP ? Mais si enfin, le champion des progiciels de gestion intégrés qui a racheté Business Objects en 2008. Et bien figurez-vous qu’ils viennent d’ouvrir un tout nouveau Innovation Center qui risque de vous intéresser : SAP BusinessObjects innovation center is live!. Un certain nombre de prototypes sont ainsi développés dans ce centre d’innovation : Différents outils pour mieux exploiter vos données bureautiques (Excel, Outlook…), des outils de reporting avancé, des versions desktops des outils…

BI panel, pour mieux exploiter votre boîte mail sous Outlook
BI panel, pour mieux exploiter votre boîte mail sous Outlook

Joint par téléphone, Alexis Naibo – le directeur du centre d’innovation de Paris, m’a expliqué que ces prototypes étaient développés en fonction de demandes de clients ou sur impulsion de la direction (en fonction des « business trends« ).

Le prototype qui nous intéresse aujourd’hui est le Social Network Analyser, un outil qui permet d’analyser le social graph d’une entreprise en combinant les liens / relations de différents sources et réseaux. Dans les faits, ce prototype s’intègre à l’annuaire de votre entreprise pour analyser les relations entre collaborateur et importe également différentes données pour construire un modèle relationnel (organigrammes, composition des équipes projet, liste de partenaires, liste de clients et des interlocuteurs internes…).

Toute ces données sont ensuite compilées au sein du Relationship Analysis Server (qui nécessite le recours à un administrateur pour le paramétrage des flux entrants et leur maintenance / mise à jour), l’outil vous donne accès à une interface de consultation :

Le social graph du point de vue d'un collaborateur
Le social graph du point de vue d'un collaborateur

Sur cette vue, le social graph est centré sur un collaborateur, un certain nombre de filtres sont disponibles pour pouvoir affiner la recherche et identifier la ou les bonnes personnes. Il existe également une vue « process » pour modéliser une chaîne de décision :

La vue orientée processus du Social Network Analyser
La vue orientée processus du Social Network Analyser

Egalement joint par téléphone, Timo Elliott – un evangelist de l’équipe, m’a précisé que cet outil est avant tout destiné aux populations RH (et notamment les « talent managers« ) mais également aux cabinets spécialisés en rationnalisation / optimisation de l’organisation interne. Idéalement cet outil est l’arme ultime pour les Chief Network Officers, si tant est qu’une entreprise veuille se doter de ce poste. Plus d’infos ici : SAP Social Network Analyzer Prototype.

Un prototype tout à fait intéressant qui illustre bien le changement de paradigme : de l’ère du Knowledge Management à celle du Network Management. Encore plus intéressant, cette application peut également servir en dehors de l’entreprise pour analyser les réseaux « ouverts » comme Facebook ou LinkedIn. Peut-être pouvons-nous y voir une possible utilisation par les spécialistes de l’influence et du buzz marketing pour combiner différentes plateforme sociales et identifier plus facilement les noeuds forts.

Et on reparle du ROI de l’Entreprise 2.0

Aviez-vous déjà remarqué comme le ROI est un sujet récurrent ? Régulièrement ce point refait surface dès qu’il est question de changements (technologiques, fonctionnels ou organisationnels). Avec le temps j’ai finit par comprendre que le ROI était l’argument préféré des sceptiques refoulés, des apôtres cachés de l’immobilisme. « Combien cela va-t-il me coûter, combien cela va-t-il me rapporter ? » La belle affaire, rien de plus simple que de ressortir le spectre du ROI lorsque vous souhaitez saborder un projet.

Ceci est problématique surtout en cette période de « transition sociale » où nous sommes en train de basculer vers le tout social aussi bien au niveau des médias (Facebook, YouTube et cie), que des loisirs (explosion des jeux massivement multi-joueurs, avènement de la Wii qui a réinventé le jeu de société), que de l’entreprise (co-création, social software…). Basculer les processus et les mentalités d’une vision pyramidale à une distribution en réseaux est un impératif pour pouvoir survivre à la crise que nous sommes en train de traverser (et qui ne touche pas que les milieux financiers).

C’est un très bon article de Don Hinchcliffe qui a récemment relancé la polémique : Determining the ROI of Entreprise 2.0. Quelle polémique ? La polémique autour de la vaine quête d’un calcul de ROI fiable pour l’implémentation d’outils E2.0 en entreprise. Autant il est simple de calculer le retour sur investissement d’éléments tangibles dans le monde industriel (comme une machine-outil qui a un coût d’achat et un rendement bien déterminé), autant c’est beaucoup plus complexe avec les social softwares dans la mesure où le coût d’acquisition est minime (il existe une multitude de solutions de blog, wiki, espaces collaboratifs en ligne… en open source) et où le bénéfice attendu est fonction du taux d’utilisation (donc difficilement anticipable). Conséquence : il n’existe pas de méthode fiable pour calculer le ROI d’une initiative d’E2.0, faut-il pour autant renoncer à ces initiatives ? Non certainement pas, bien au contraire.

En fait le fond du problème est que les solutions et dynamiques liées à l’E2.0 ne rendent pas les collaborateurs directement plus productifs, elles ne les font pas travailler plus vite mais mieux. Problème : comment quantifier ce « mieux ». Solution : abandonner l’approche quantitative. Il est en effet quasiment impossible de mesurer l’impact réel d’une meilleure circulation de l’information sur les résultats financiers.

Dans le schéma publié par l’auteur de l’article, les valeurs intangibles sont ainsi reproduites sur un axe numérique, mais la réalité est plus complexe (c’est d’ailleurs pour cela que le schéma est titré « Idealized Model« ) :

Les bénéfices d’une organisation 2.0 sont en effet dilués dans l’activité quotidienne des collaborateurs : c’est parce que vous passez moins de temps à chercher la bonne information / personne que vous avez plus de temps pour discuter de façon informelle avec vos collègues à la machine à café que vous pouvez bénéficier de l’expérience de collaborateurs impliqués dans des projets complètement différents dont vous n’aviez pas connaissance qui vous permettre d’être plus performant. Dans ce scénario, à qui faut-il attribuer la meilleure performance : à la machine à café ?

L’auteur liste à ce sujet différentes causes et effets participant de façon indirecte au changement :

Pour résumer : les dynamiques d’E2.0 servent avant tout à nourrir  des équipes ayant une fonction « créative » (au sens large du terme) donc qui ne sont pas soumis aux règles du productivisme : les faire travailler plus longtemps n’améliore pas forcément le C.A. De ce fait, il est très délicat de calculer de façon viable l’apport réel d’un nouvel outil ou d’une nouvelle méthode de travail. D’où la polémique : doit-on perdre du temps à tenter de calculer le ROI alors que ce calcul est par définition biaisé ?

Quelques réflexions sur l’E2.0 par Ross Mayfield

Ross Mayfield, le patron de SocialText est récemment intervenu à la conférence Web 2.0 Expo de San Francisco : Putting Web 2.0 to Work. De cette conférence est disponible le support que vous pouvez consulter ici :

De cette présentation, je retiens trois réflexions intéressantes :

1. La sphère sociale d’une entreprise recouvre les intranets, les extranets et les plateforme sociales sur lesquelles les collaborateurs sont actifs.

Les 3 sphères sociales de l'Entreprise 2.0
Les 3 sphères sociales de l'Entreprise 2.0

Outre l’intranet, les collaborateurs d’une entreprise sont en effet présents (socialement parlant) sur d’autres plateformes de collaboration (extranets internes ou externes) et sur les médias sociaux (au travers des profils Facebook / LinkedIn et des blogs pro). De ce fait, la réputation d’une entreprise tient également au comportement et aux interactions de ses collaborateurs.

2. Les collaborateurs veulent retrouver les outils « 2.0 » qu’ils connaissent.

Les outils 2.0 qui pourraient être adaptés à l'entreprise
Les outils 2.0 qui pourraient être adaptés à l'entreprise

Tous les collaborateurs d’une entreprise ne sont pas des internautes avancés, mais ils sont au minina exposés à des services stars comme Wikipedia, Facebook ou iGoogle (pour Twitter c’est encore un peu tôt en France). De ce fait ils vont vite prendre leurs habitudes et se sentir de plus en plus frustrés avec leur messagerie limitée à 20 Mo et les serveurs de fichiers dans lesquels ont ne retrouve plus rien.

3. Il y a un faussé entre les outils de l’Entreprise 1.0 et ceux de l’Entreprise 2.0.

Les outils de l'E1.0 et ceux de l'E2.0
Les outils de l'E1.0 et ceux de l'E2.0

Ce tableau comparatif est un peu trop utopique à mon goût mais il illustre bien les changements à opérer pour passer à une logique « 2.0 » (décentralisation, collaboration, légèreté, flexibilité…). Tout ceci me fait penser à cette citation célèbre (dont je ne me souviens plus l’auteur) : « Le Web 1.0 est le web des informations, le Web 2.0 est le web des personnes » (vous noterez que cela s’applique très bien à l’E2.0.

Et puisque l’on parle de SocialText, je ne résiste pas à l’envie de vous parler de leur toute dernière nouveauté : SocialText Desktop, l’application bureau qui vous permet de faire du microblogging d’entreprise (cf. Les microblogs d’entreprise comme outil d’éveil).

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