Et on reparle des espaces collaboratifs virtuels

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de l’usage des univers virtuels en entreprise (cf. Vive les espaces de travail virtuels !) mais l’actualité me pousse à vous en reparler.

Il y a tout d’abord cette triste nouvelle de la mise en redressement de Nortel qui venait juste de passer à l’offensive pour sa solution web.alive de serious game qui risque de disparaitre : Can friendly avatars save Nortel?. Affaire à suivre sur leur blog.

La solution de serious gaming de Nortel

La solution de serious gaming de Nortel

Il y a ensuite ce rapport publié par Forterra : Recipe for Success with Enterprise Virtual Worlds (fichier PDF). Les bénéfices annoncés portent principalement sur les coûts d’exploitation des univers virtuels d’entreprise par rapport à de la vidéo-conférence ou de la télé-présence ; ainsi que sur le plus gros potentiel du v-learning vis à vis du e-learning. Plus d’infos ici : Enterprise Virtual Worlds More Effective Than Web Conferencing et Forterra release paper on enterprise virtual worlds.

Le rapport sur les univers virtuels d

Le rapport sur les univers virtuels d'entreprise

Il y a enfin cette solution de bureau virtuel (MeetSee) qui vous permet de créer un… bureau virtuel pour y rencontrer vos collègues, tchater (en direct ou en asynchrone), diffuser de la vidéo ou des flux RSS et même échanger des fichiers (présentations). Il existe plusieurs solutions mais la version gratuite ne permet pas d’inviter plus de 15 avatatrs par pièce. Plus d’infos ici : Meetsee, un bureau virtuel pour votre entreprise.

Mon bureau virtuel dans MeetSee

Mon bureau virtuel dans MeetSee

Si ça vous amuse, nous pourions nous donner RDV dans mon bureau : http://FredCavazza.meetsee.com/.

Quels sont les usages de RSS en entreprise ?

Scandale cette semaine avec la parution d’un article sur le blog Read/Write Web : R.I.P. Enterprise RSS. L’auteur y explique que les technologies RSS n’ont pas réussies leur passage d’entrée pour les usages d’entreprise (l’auteur a rectifié sa position depuis la publication de l’article). Plutôt que de commenter l’article je vous propose d’étudier les différents scénarios d’usage de RSS dans un contexte d’entreprise.

Précisons qu’il s’agit bien là du format RSS, au sens « flux de donnes », plutôt que de la technologie RSS en elle-même qui se révèle plutôt limitée vis à vis de concurrents comme Atom.

Nous pouvons tout d’abord scinder en deux les usages en fonction de la cible : pour les collaborateurs et pour le système d’information (les applications). Ce sont deux contextes séparés où peuvent cohabiter deux technologies différentes puisque ces types de flux ne sont à priori pas amené à se croiser.

RSS pour les collaborateurs : une veille collaborative et cumulative

La veille est très certainement le contexte d’usage le plus approprié aux flux RSS. Simples et légers les flux de données sont très faciles à déployer au sein d’une entreprise. Mais là où un utilisateur se contente de « consommer » les flux (rien n’est stocké), dans un contexte d’entreprise il serait plus judicieux de conserver les flux pour exploitation ultérieure.

L’idée serait alors de capter tous les flux entrants (pour limiter la consommation de bande passante) et d’y injecter une touche collaborative pour pouvoir surveiller l’usage que les collaborateurs en font : plus il y a d’inscrits à un flux et plus celui-ci présente un intérêt. Nous pourrions ainsi imaginer un système d’analyse d’audience interne qui pourrait identifier les sujets critiques et les informations entrantes à valeur ajoutée.

Couplé à un outils de bookmark collaboratif et à un système de recommandation, cette veille mutualisée présenterait d’autant plus de valeur : la fonction de veille n’est plus isolée au niveau des individus mais partagée entre les collaborateurs. Stocker les billets pourrait également présenter un intérêt, d’une part pour s’assurer de la disponibilité des informations (si jamais l’auteur de billet le met hors ligne) et d’autre part pour plus de discrétion (un concurrent pourrait devenir méfiant à l’idée que X personnes d’une même société s’intéresse de près à ce qu’il rédige).

Bien évidemment tout ceci nécessite le recours à des outils adaptés : soit une fonction intégrée au portail d’entreprise ou à l’intranet, soit un lecteur de flux d’entreprise comme Newsgator (dont le patron a réigé un billet en réponse à celui précédement cité : Enterprise RSS at NewsGator is Alive and Well).

RSS pour les applications : Flexibilité et modularité

Concernant les flux de données entre applications, là encore c’est la praticité de ce format qui en fait la valeur : idéal pour récupérer de l’info publié sur un intranet et le re-publier sur le portail d’entreprise. L’avantage est de pouvoir faire abstraction des outils de gestion de contenu utilisés et de pouvoir mettre en place ce système de re-publication sans trop de complications.

Dans un environnement plus critique (applications métier), les flux de données se révèlent également particulièrement performant. Ceci est d’autant plus vrai avec les flux reposant sur un format spécifiquement adapté aux contraintes des données (par extension des balises descriptives). Car n’oublions pas que RSS et des langages structurés comme BPML partagent une racine commune : le XML.

Bref, les possibilités d’usage du RSS en entreprise sont nombreuses et nous ne sommes qu’au début. De part leur nature très flexible et extensible les flux de données vont pouvoir évoluer en même temps que les besoins / habitudes des collaborateurs. Et n’oublions pas que les flux RSS sont des candidats idéals pour initier les collaborateurs à une approche plus « agile » de la gestion de l’information en entreprise.

Novell propose également sa plateforme collaborative avec GroupWise

Historiquement présent sur le créneau des réseaux d’entreprise, Novell a petit à petit fait évoluer son offre vers des fonctions plus collaboratives. Les premières offres comme WorkSpace existent ainsi depuis de nombreuses années.

Mais les choses sérieuses commencent avec la dernière version de la suite GroupWise : Novell GroupWise 8 Provides Enterprise 2.0 Capability for Personal Productivity Functions. Cette suite se présente ainsi sous la forme d’un logiciel client (Windows, Mac Linux) où chaque collaborateur dispose de son tableau de bord personnel où sont regroupées les infos personnelles (emails, calendrier, tâches, contacts…) mais également les données de collaboration (jalons et alertes pour de la gestion de projet…) ainsi que des flux externes :

Le tableau de bord de Novell GroupeWise

Le tableau de bord de Novell GroupeWise

Le look&feel fait un peu penser à Lotus Notes mais d’un point de vue fonctionnel cette suite se révèle être un bon premier pas dans le monde de l’Entreprise 2.0 avec quelques fonctions basiques comme le tableau de bord multi-vues, l’intégration des flux RSS et de fonctions collaboratives ainsi qu’une intégration fine des terminaux mobiles et des solutions de web conferencing « maison » (Teaming).

Rien de très révolutionnaire car tout ceci existe déjà notamment chez des concurrents en mode SaaS comme blueKiwi et SocialText,  mais un éditeur qui bénéficient très certainement d’une bonne réputation auprès des DSI (argument non-négligeable) et un produit qui va certainement évolué dans le bon sens si l’on en croit les différentes expérimentations internes : Making Wikis Work at Novell.

2009 sera très certainement une année de consolidation des acquis pour les différents acteurs du marché, parce qu’avec autant de gros éditeurs en course (Microsoft, Google, IBM, Adobe, Apple, Yahoo…), la bataille risque d’être rude…

Apple se lance dans le SaaS avec iWork.com

Les rumeurs les plus folles anticipaient une version web de la suite iWork d’Apple, mais c’est finalement un service distincte qui a été annoncé à la dernière keynote : iWork.com. Pour faire simple, ce service vous permet de publier et de partager vos documents sur le web :

Le principe est simple : vous publier vos documents (uniquement les fichiers iWork 09), vous choisissez les options de partage (autorisation sur les commentaires et les téléchargements), vous envoyés une invitation et voilà.

La suite est plus classique : publication de commentaires et de notes, gestion des droits d’accès centralisés…

L'interface de collaboration de iWork.com

Rien de très révolutionnaire là-dedans, d’autant qu’il n’est pas encore question de gestion des versions ou du support d’autres formats que ceux d’iWork. Soyons honêttes, avec cette offre Apple fait à peine mieux que la combinaison PowerPoint / Slideshare : SlideShare makes PowerPoint social (also sends it to the cloud).

Passé la déception, il faut plus voir dans cette annonce un changement majeure dans l’industrie du logiciel qui passe d’un modèle de logiciel isolé à celui de Software and a Service, principe lancé par Microsoft (cf. SlideShare PowerPoint Ribbon – it’s S+S!). Nous pouvons ainsi imaginer un futur (très proche) où le coût des licences va progressivement s’éclipser au profit d’un abonnement aux services associés. Mais pour cela encore faut-il imposer un standard, d’où la très forte probabilité d’une distribution gratuite des logiciels (servant de produit d’appel) pour mieux facturer du service (des revenus réguliers qu’il est impossible de pirater).

Bref, l’avenir est dans le SaaS / S+S / Cloud computing (appelez ça comme vous voulez) et la tendance semble se généraliser chez Apple comme le prouve la nouvelle version de iPhoto qui semble vouloir rattraper son retard sur le Picasa de Google qui fonctionne déjà en mode S+S avec Picasaweb.

Mais revenons à nos moutons avec ce tout nouveau iWork.com qui risque de faire pâle figure face à des solutions beaucoup plus prometteuse comme le futur Genesis d’Adobe. La principale raison est que ce service n’est pas lié à un format de fichier en particulier (iWork ou Office) et offre un premier niveau de collaboration (commentaires, partage d’écran, tchat…) sans toutefois venir marcher sur les platebandes des suites bureautique en ligne comme Google Docs ou Zoho qui sont elles mêmes en concurrence avec les offres de wiki d’entreprise (SocialText, Confluence…). Mais là nous entrons dans un autre débat.

Bref, tout ça pour dire que je suis plus que sceptique vis à vis de ces offres centrées sur des formats de fichier et que j’anticipe un potentiel beaucoup plus grand avec les offres centrées sur les entreprises comme blueKiwi ou BlueHouse.

Quelles tendances pour l’Entreprise 2.0 en 2009 ?

Bon autant vous le dire tout de suite, les prédictions qui suivent ne sont pas de moi mais de Mike Gota. Ceci étant dit, ses prédictions / réflexions sont tellement justes que je ne peux m’empêcher de les republier : Planning Considerations For Enterprise 2.0.

L’auteur liste ainsi plusieurs décisions critiques :

  • Persévérer ou abandonner Sharepoint. Cette plateforme sociale est jugée comme très décevante et Microsoft va devoir faire des efforts pour rattraper son retard par rapport à la concurrence. Abandonner cette plateforme est une décision lourde de conséquences (car cela représente un gros investissement) mais si la prochaine version n’est pas à la hauteur, l’addition risque d’être encore plus salée.
  • Raisonner plus en terme d’adoption que de déploiement. Les outils sociaux ne sont qu’une partie de l’équation, leur implémentation ne suffira pas à faire évoluer les mentalités et surtout les pratiques de collaboration. Il faut donc porter une attention particulière à la conduite du changement et aux facteurs psychologiques de l’Entreprise 2.0.
  • Penser à l’intégration des différents outils sociaux. On ne le répétera jamais assez : l’Entreprise 2.0 n’est pas une question de moyens, mais plutôt de volonté et de disponibilité des ressources. Comprenez par là que les outils de base des pratiques collaboratives (blog, wiki…) sont gratuits. Par contre, se pose le problème de leur intégration au sein de votre S.I. et de leur faculté à communiquer les uns avec les autres. C’est là où les suites collaboratives rentrent en scène avec une proposition de valeur à double tranchant : une intégration grandement facilité mais une offre où vous mangez au menu, pas à la carte. Il convient donc de bien étudier la question du coût d’intégration.
  • Adopter les flux de données pour les échanges inter ou intra-entreprise.Les technologies liées aux flux de données sont encore largement sous-exploitée. Pourtant il existe de nombreux bénéfices à l’adoption de ce format d’échange. L’auteur insiste sur la nécessité d’utiliser Atom à la place de RSS (jugé plus restrictif). J’ajouterais que les flux de données concernent également des formats plus exotiques (comme les micro-formats) voir propriétaires pour des usages beaucoup plus précis.
  • Analyse beaucoup plus fine des interactions sociales au sein de l’entreprise. Il est ici question de social analytics, l’analyse des flux d’information et d’interactions sociales avec la mise en oeuvre de social ranking et social scoring.

L’auteur continue sur sa lançée et énumère également des problématiques à plus long terme :

  • Changements culturels, comme les dynamiques collaboratives ou les organisations en communautés ;
  • L’impact générationnel avec l’intégration de la fameuse génération Y ;
  • Adaptation dans la politique de gestion de l’information et de support d’information (oui nous parlons bien du papier et des fichiers) ;
  • Mise en oeuvre d’une réelle politique de réseautage interne avec gestion de communautés internes et Plan Marketing Personnels ;
  • Adoption de standards (XML, Atom, OpenDocument…) et de microformats (hCard, XFN…) ;
  • Traçabilité des échanges avec des outils de lifelogs.

Voici donc une belle moisson de sujets sur lesquels réfléchir en 2009 et qui permettront de faire mûrir les pratiques de collaboration. Si vous en voyez d’autres, n’hésitez pas à les lister en commentaire.