La NASA se remet en selle avec un serious game

Depuis le succès des la mission Mars Pathfinder et Mars Explorer, la Nasa n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été à la grande époque. Et malgré les projets ambitieux annoncés sous l’administration Bush, la crise économique a sacrément diminuée les budgets. Toujours est-il que l’activité ne s’arrête pas, et que deux projets sont toujours en cours : L’implantation d’une base permanente sur la lune et l’exploration de Mars. Hors pour cela, il faut le soutien de l’opinion publique et les équipes. Problème : Voilà bien longtemps que la Nasa ne fait plus rêvé personne. Solution : Lancer un serious games pour revaloriser le travail de l’agence, susciter des vocations et… faire parler d’elle > NASAs Moonbase Alpha Launches.

Le serious game de la NASA

Le serious game de la Nasa

Ce serious game s’appelle donc Moonbase Alpha (en référence au projet Moonbase) et s’insère dans le cadre du programme Learning Technologies. Le but de ce serious game (à mi-chemin entre jeu et simulation) est donc de remettre en état de marche une station lunaire à la suite d’une pluie de météorites. Le jeu est disponible au téléchargement et ils ont même pensé à réaliser une bande annonce :

Présenté comme un jeu à la première personne, il s’agit en fait plus d’une simulation où une équipe de six joueurs doivent assurer la réparation et la remise en service de la chaine logistique de la station (énergie, oxygène…). Le gameplay est parait-il assez répétitif (du moins par rapport à d’autres MMOG : Moonbase Alpha Review), même si vous avez la possibilité de prendre le contrôle d’engins lunaires ou de petits robots d’exploration :

Nasa + serious game + Wall-E = Moonbase Alpha

Nasa + serious game + Wall-E = Moonbase Alpha

Vous aurez bien compris que le but de ce serious game n’est pas de divertir les joueurs mais plutôt de leur proposer une vision assez réaliste du quotidien des missions des astronautes. La Nasa recommande d’ailleurs de se documenter avant de vous lancer dans la mission : Moonbase Alpha Exploration Training.

D’après la page du programme, ce Moonbase Alpha est le premier d’une série de serious games. J’imagine que le suivant sera sur Mars. Ce type de produit n’est pas une nouveauté pour l’administration US et plus particulièrement l’armée qui édite tout un panel de jeux :

Le FPS de l'armée US

Le FPS de l'armée US

Toujours est-il que ces serious games sont un très bon outil pour aider un public néophyte à mieux appréhender les difficultés du quotidien d’un métier particulier. Idéal pour faire naître des vocations ou passer des messages. En tout cas un bon moyen pour la Nasa de se remettre en selle et de préparer en douceur une nouvelle génération de collaborateurs issus des générations Y et Z.

J’ai ainsi en tête un serious game du Ministère des Finances pour mieux faire comprendre le principe de l’équilibre budgétaire mais impossible de le retrouver (si vous avez une URL je suis preneur).

Cisco lance Cius, le premier touchbook BtoB

Grosse surprise la semaine dernière avec l’annonce faite par Cisco du lancement de Cius, le premier touchbook BtoB : Cisco Simplifies Mobile Collaboration with First-of-its-kind HD Video-Capable Business Tablet. Ce terminal ambitionne de révolutionner notre façon de travailler et d’interagir avec une offre complète incluant les services de communication et de collaboration de Cisco.

Le Cius sur son support

Le Cius sur son support

Première chose notable : Cisco présente son touchbook comme un complément des outils traditionnels (téléphone fixe, smartphone, notebook…) et non comme une solution autonome. D’ailleurs les caractéristiques techniques de ce terminal sont plus proche d’un gros smartphone que d’un ordinateur : Système d’exploitation Android, écran 7″ avec webcam HD, communication Wifi + 3G et même 4G…

Vidéo-conférence avec le Cius

Vidéo-conférence avec le Cius

Deuxième fait notable : Ce terminal n’est pas censé accompagner les collaborateurs nomades dans leurs déplacements à l’extérieur mais plutôt accompagner les collaborateurs au quotidien dans les déplacements au sein de leur bureau (salle de réunion…). Le positionnement est donc très proche d’un iPad (qui est plus à l’aise dans votre salon que dans le bus) mais dans un contexte BtoB. En témoigne cette vidéo où aucun cas d’usage “externe” n’est présenté :

La principale fonction de ce terminal est d’améliorer les échanges du quotidien (vidéo-conférence, messagerie instantanée…) ainsi que la collaboration en intégrant les outils “maison” (QuadShow and ShareWebEx ConnectPresence…).

Il y a plusieurs choses que je trouve très intéressantes dans ce produit :

  • Il utilise le système d’exploitation Android donc va potentiel stimuler le développement d’applications métier pour ce touchbook mais également pour les smartphones compatibles ;
  • Aucune donnée n’est stockée sur ce terminal donc cela va inciter les collaborateurs à utiliser des offres de type SaaS et cloud computing ;
  • Il s’insère parfaitement dans le S.I. de l’entreprise (grâce à AnyConnect VPN et Unified Communications Manager) donc peut dialoguer avec n’importe quel applicatif.

En termes d’usage, plusieurs scénarios sont à envisager :

  • Un téléphone 2.0 qui permet de faire de la visio même à la canine ;
  • Un écran d’appoint qui permet de consulter des données ou de faire des actions de base en réunion ou dans le bureau d’un collègue ;
  • Une fenêtre ouverte sur la vie, la conscience de l’entreprise avec les outils de microblog / social presence et le dashboard des collaborateurs.
Un vue permanente sur l'activité de l'entreprise et de vos collègues

Un vue permanente sur l'activité de l'entreprise et de vos collègues

Il est encore un peu tôt pour dresser une liste complète des usages et bénéfices de ce terminal, mais l’on sent un potentiel gigantesque notamment dans d’autres secteurs comme l’éducation : Cisco Crams Its Broad(band) Ambitions Into an Android Tablet.

Ce produit ne sortira pas avant 2011 mais vous pouvez en savoir un peu plus avec ces deux démos :

Avec l’offre Cius, Cisco vient de définitivement fermer la porte à l’iPad pour les usages BtoB. Rien de bien grave car les ambitions d’Apple se situaient ailleurs, par contre le choix d’Android pourrait avoir un impact non négligeable sur l’utilisation d’iPhones en entreprise…

L’entreprise 1.0, 2.0 et 3.0 en un schéma

Ayant travaillé récemment sur la représentation graphique de l’évolution du web (du web 2.0 au web 3.0), j’ai eu envie de me plier à ce même exercice pour l’entreprise 2.0 :

Comment représenter en un schéma simple l’évolution de l’entreprise 1.0 à l’entreprise 3.0 en passant par l’entreprise 2.0 ?

J’ai choisi d’utiliser pour cela l’architecture des systèmes d’information des entreprises dans le cadre de leur knowledge management :

  • Comment accède-t-on à l’information/document dans une entreprise 1.0 / 2.0 / 3.0  ?
  • Qu’est-ce qu’un fichier dans une entreprise 1.0 / 2.0 / 3.0 ?
  • Quel est le noyau central du système d’information de knowledge management dans une entreprise 1.0/2.0/3.0 ?

knowledge management 3.0

De l’importance du système de notification pour combattre l’email

Je me suis lancé il y a quelque temps dans une vaste croisade contre l’email : La collaboration en temps-réel encore à la traine (la faute à l’email) et Si on ressuscitait le no email friday ?. L’idée derrière tout ça n’est pas de définitivement supprimer l’email (quoi que : Peut-on envisager une entreprise sans email ?) mais plutôt d’en limiter les dérives et de le cantonner à ce qu’il sait faire de mieux : La communication asynchrone. J’ai la conviction que la clé de ce problème repose dans un système de notification performant.

Quand on y réfléchi, la très large majorité des pouriels que l’on subit est liée à une utilisation détournée de l’email :

  • Multiples A/R pour fixer un RDV ou une réunion ;
  • Partager un fichier et collecter des feed-backs dessus ;
  • Remonter des données chiffrées en vue des les consolider ;
  • Tenir des discussions informelles…

Tous ces usages pourraient être couverts à l’aide d’outils dédiés (planificateur de réunion, espace de collaboration en ligne, messagerie instantanée…) mais il restera toujours un problème à régler : Notifier vos collègues qu’un nouveau document a été publié, que la réunion se fait dans une autre salle, qu’il y a du changement sur tel dossier… Et c’est là où un système de notification peut apporter une solution : Centraliser l’ensemble des notifications pour en garder une trace et laisser le collaborateur choisir le moyen qui lui convient le mieux (email, sms, message instantané, tweet…).

Idéalement, ces notifications devraient être centralisées sur le dashboard des collaborateurs avec un système de lien intelligent qui permettrait de lier chacune des notifications à l’action qui lui correspond :

  • Confirmer la nouvelle date de réunion ;
  • Télécharger un document publié ;
  • Lire les commentaires sur un article ;
  • Valider la complétion d’une tâche…

Ces notifications pourraient être générée de façon automatique avec la possibilité de choisir le mode de livraison (email, sms, message instantané…), de choisir les éléments déclencheurs (publication d’un document, nouveau commentaire) et même la fréquence (pour des notification groupées de type “Synthèse de l’activité”). Rien n’empêcherait un collaborateur de continuer à utiliser l’email pour tout et n’importe quoi, comme ça peut être le cas aujourd’hui, mais là au moins ces notifications laissent une trace donc peuvent être historisées et industrialisées.

J’imagine que pour une très large majorité des collaborateurs la première action à faire le matin est de consulter les emails. Et si la première action du matin était de consulter son tableau de bord personnel (où les emails ne sont qu’une partie des notifications) ? Ce fameux tableau de bord fonctionnerait alors comme un hub personnel de communication (avec les messages et les notifications) et de collaboration (avec les tâches à faire, les jalons à respecter…).

Ne resteraient plus dans la boîte aux lettres que les messages asynchrones qui sont adressés à la bonne personne et qui n’entrent pas en concurrence avec d’autres outils. Amusez-vous à faire le décompte des emails “légitimes” que vous recevez par jour, chez moi ça représente moins de 20% des messages (hors spam).

Encore une fois ceci est une vision idéaliste qui n’a pas pour objectif de remplacer l’email, mais je pense ne pas me tromper en disant que nous ne pouvons plus continuer à travailler de cette façon avec les emails. Faire évoluer les habitudes est un travail de longue haleine, mais il faut bine commencer un jour, et le système de notification que je décris est à mon sens une première étape indispensable.

Jive Software veut devenir le Facebook de l’entreprise

Cette semaine Jive Software a annoncé en grandes pompes son intention de s’implanter sur le devant de la scène et de devenir le Facebook de l’entreprise : Jive Software Wants to Be Facebook for the Enterprise. Comment devient-on Facebook ? En copiant ses fonctionnalités bien sûr ! Ils annoncent donc plusieurs nouveautés à leur suite de “Social Business Software” (anciennement Clearspace) :

  • Un tableau de bord pour apporter une vue synthétique aux collaborateurs (avec une petite touche de temps réel) ;
  • Une place de marché d’applications ainsi que les APIs qui vont avec (pour pouvoir héberger des applications tiers) ;
  • Un accès aux tweets en provenance de Twitter (dans un environnement sécurisé) ;
  • Une application disponible sur la Google Apps Marketplace.

Voici donc de bien belles fonctionnalités et un mélange des genres plutôt intéressant car ils mélangent des fonctions de collaboration internes avec des flux en provenance de l’extérieur : La suite intègre un outil de monitoring des médias sociaux, un outil de filtrage baptisé “Jive Chatter Filter” et un outil de recommandations (”Jive Genius“). C’est donc un premier pas vers le Social Business Design (plus d’infos ici : Jive First to Combine Twitter and Social Business).

Vous pouvez apprécier ici une copie d’écran de leur tableau de bord avec un flux d’activité en colonne principale et des widgets applicatives sur la colonne de droite :

Le Dashboard de Jive Software

Le Dashboard de Jive Software

Cette colonne de droite me semble particulièrement intéressante car centré sur les besoins immédiats de chaque collaborateur (”My Actions“). Concernant la place de marché d’applications je suis un peu plus sceptique car Jive se frotte à beaucoup plus gros que lui et se lance surtout avec plusieurs mois de retard sur Google et SalesForce : Google et SalesForce concurrents sur l’offre de S.I. à la carte.

Je reste persuadé que ces solutions restent encore trop tournées vers l’entreprise et qu’il y a une place à prendre pour l’éditeur qui proposera une plateforme ouverte où les entreprises pourront collaborer entre-elles (avec les partenaires, prestataires…). C’était l’ambition initiale du BlueHouse d’IBM mais ils ont depuis fait évoluer leur produit. Affaire à suivre…

IBM lance City One, un serious game de gestion municipale

En début de mois IBM a annoncé le lancement d’un nouveau serious game ambitieux : City One. L’objectif est de simuler la gestion d’une ville pour en optimiser les différents processus d’approvisionnement, de transport, de développement… L’annonce officielle est ici : IBM Unveils New “Serious Game” To Tackle Urban Challenges.

Une initiative particulièrement intéressante car elle couvre un périmètre plus large que celui de l’entreprise et permet surtout de mieux appréhender les contraintes et enjeux des différents acteurs d’une ville (urbanistes, collectivités locales, PME…) au travers de quatre secteurs : Eau, énergie, distribution et finance.

CityOne, la simulation de gestion municipale d'IBM

CityOne, la simulation de gestion municipale d'IBM

Phaedra Boinodiris, Serious Game Program Manager chez IBM nous en dit un peu plus :

“Plusieurs niveaux existent et offrent ainsi la possibilité à différents publics de jouer. Pour les entreprises, CityOne est une excellente façon d’impliquer des salariés ou des candidats dans un projet. En travaillant sur cette simulation, ils devront gérer un budget, des ressources, veiller à la productivité, optimiser les coûts, faire appel à d’autres secteurs, découvrir d’autres métiers, apprendre à les connaître en travaillant en étroite collaboration et dans le respect des contraintes. Il est important pour un responsable de projet de connaître les métiers auxquels il fait appel. En réalisant CityOne, IBM a voulu montrer que l’on peut s’appuyer sur des méthodes ludiques pour expliquer les systèmes complexes et apprendre à les maîtrise.”

CityOne est un jeu en ligne gratuit , mais la version française ne sera pas disponible en octobre 2010 : CityOne, IBM vous apprend à gérer une ville.

IBM n’en est pas à son premier projet et proposait déjà d’autres serious games (notamment Robocode pour apprendre le langage Java ou encore PowerUp pour sensibiliser les collaborateurs à l’écologie) et à d’autres outils de simulation plus puissants comme Inno8 (que j’avais déjà mentionné) qui permet de reproduire des situations dans des environnements virtuels ultra-réalistes (accueil en point de vente, gestion d’un entrepôt…).

L'outil de simulation virtuelle Inno8 d'IBM

L'outil de simulation virtuelle Inno8 d'IBM

Pour en savoir plus sur le sujet, je vous recommande deux autres articles (Vive les espaces de travail virtuels et Et on reparle des espaces collaboratifs virtuels) ainsi que les blogs Serious-games.fr et Jeux-serieux.fr.

(via Fast Company)

Pourquoi le papier stimule la collaboration

Voilà près de deux ans que je rédige ce blog sur les outils et pratiques liées à l’Entreprise 2.0. La semaine dernière j’ai eu une horrible révélation… Il y a un outil que vous et moi utilisons tous les jours et dont je n’ai jamais parlé : Le papier. Il fait partie de notre quotidien professionnel et malgré de nombreuses tentatives de suppression, il ne disparaitra pas. J’irais même plus loin en disant que le papier ne doit pas disparaitre car s’il est bien exploité il peut être un vecteur de collaboration très puissant.

Entendons-nous bien : Quand je parle du papier, je fais référence au support écrit et non à la matière. Même si je suis persuadé que le papier est un frein à de nombreux processus (vive la GED !) et un facteur de contre-productivité (mémo, revue de presse imprimé…), utilisé en réunion ou en atelier il se révèle être un authentique champion de la collaboration.

Prenons ainsi l’exemple du prototypage d’interfaces (une activité que je pratique depuis plus de 10 ans). Il existe de nombreux outils de prototypage rapide pour pouvoir créer des interfaces en quelques clics et les partager avec vos collègues. Tout ceci est très bien, mais nous ne parlons pas ici de collaboration dans la mesure où une seule personne produit de la documentation sur laquelle ses collègues ne font que réagir. L’outil de prototypage et le support numérique sont alors utilisés à des fins de formalisation pour “rendre une copie propre”.

Après avoir fait le tour de différents outils de prototypage (ils ont tous des avantages et des inconvénients) je m’étais remis à utiliser le papier pour faire du prototypage rapide en réunion (les américains appellent ça du “scketching“, ça fait plus mieux) :

Exemple de prototype d'interface papier

Exemple de prototype d'interface papier

Même si le niveau d’interaction est bien meilleur, le problème est toujours là : Il n’y a qu’une seule personne qui tient le crayon donc qui concentre la capacité à concrétiser une idée.

Il existe cependant d’autres outils de prototypage qui permettent à l’ensemble des participants de griffonner / tester / manipuler. Je pense notamment aux post-it. Il est ainsi possible de faire participer plusieurs personnes en même temps à l’aide de simples bouts de papier, puis de photographier le résultat pour documenter la séance. Exemple avec le rendu d’un atelier de travail que j’avais organisé pour la refonte de l’Express.fr :

Séance de travail collaboratif avec des bouts de papier collants

Séance de travail collaboratif avec des bouts de papier

Il existe ainsi plusieurs offres pour faire du prototypage rapide en séance à l’aide de tableaux blancs et de magnets qui reproduisent les éléments d’une interface (comme GUImags ou GUIMagnets) :

Magnets de création d'interfaces

Magnets de création d'interfaces

Cette approche n’est pas neuve et l’animation de sessions de travail avec des post-it est même une discipline reconnue avec une marque déposée (metaplan).

Collaboration en séance avec Metaplan

Collaboration en séance avec Metaplan

Vous aurez donc bien compris qu’il n’est pas tant question du papier en tant que support mais plutôt que de faire participer simultanément plusieurs personnes sur un même support écrit. La formalisation pourra se faire plus tard (avec le compte-rendu de l’atelier de travail) mais la collaboration à plusieurs sur un même support est une pratique diablement efficace qui peut être appliquée à différents domaines (architecture, gestion de planning…). Si vous n’avez pas de tableaux blancs ou de magnets vous pouvez toujours vous en sortir avec du papier et des post-il mais l’idée est bien de ne pas concentrer la tâche de formalisation sur un seul individu (celui qui tient le stylo ou le clavier).

Les observateurs attentifs pourraient me dire que dans Google Wave il est possible de faire de l’édition simultanée, mais je préfère ne pas aborder ce cas très particulier pour le moment (car il ne concerne qu’un nombre très restreint de collaborateurs).

Sciencefeed propose une plateforme de lifestream pour les scientifiques

Le monde scientifique est un formidable terrain d’expérimentation pour la collaboration dans la mesure où l’objectif in fine des scientifiques est de découvrir, solutionner, innover. Plus que n’importe qu’elle autre profession, les scientifiques ont besoin développer des interactions sociales fortes (il y a un vieil adage scientifique qui dit : “Si tu ne publies pas, tu ne sais pas“), d’ailleurs on ne parle pas de l’industrie scientifique mais de la communauté scientifique. Dans la mesure où les scientifiques parlent tous l’anglais et sont éparpillés dans le monde entier, internet est leur média de prédilection (d’ailleurs le web a été inventé au CERN).

Il existait déjà des plateformes sociales comme Sermo ou ReasearchGate, ainsi je vous propose de nous pencher sur le cas de Sciencefeed, le Friendfeed de la communauté scientifique. Cette plateforme sociale se présente comme un outil de partage reposant sur le microblog et l’aggregation (donc du lifestream). Chaque membre dispose d’un profil où il peut relayer ses publications, partager des documents et des liens, publier ses réflexions et commentaires…

Profil d'un membre sur Sciencefeed

Profil d'un membre sur Sciencefeed

Il est également possible de suivre un autre membre, d’annoncer un évènement (qui va nourrir un agenda global), de créer des groupes, de fédérer des sujets à l’aide de hastags… Donc oui cette plateforme est très proche de Friendfeed et ils ont même jusqu’à copier le style des boutons de Facebook. L’idée de départ est très convaincante mais je ne comprend pas pourquoi ils ne filtrent pas les inscriptions. Tout comme il fallait une adresse email en .edu pour s’inscrire sur Facebook, cette plateforme aurait tout à gagner à restreindre l’accès à des scientifiques (pour éviter la pollution ou les tentatives d’infiltration des lobbys). Je trouve également très étrange que la notion de “Friend” soit présent sur la plateforme (celle-ci vous propose de fouiller dans vos amis Facebook pour lancer des invitations).

Bref, c’est un beau projet mais qui mériterait un peu plus de contrôle et surtout la caution de grands centres de recherche ou universités. Idéalement il faudrait quelque chose à mi-chemin entre Twitter et Yammer (semi-fermé) car les sujets abordés sont tout de même sérieux.

Ce n’est pas la première fois que je parle de plateformes sociales BtoB verticalisées et je trouve que ces solutions présentent un réel intérêt pour certains secteurs. Dans un prochain billet j’aborderais les plateformes sociales liées au monde créatif et plus particulièrement aux professionnels du web design.

(via Techcrunch)

Google lance une nouvelle version de Docs et s’enlise dans la logique documentaire

Cette semaine Google a présenté une nouvelle version de sa suite bureautique : A new Google Docs. Au programme des nouveautés :

La grosse nouveauté semble pourtant être la possibilité de faire de la collaboration en temps réel avec l’édition simultanée :

Edition simultanée dans Google Docs

Edition simultanée dans Google Docs

Pour celles et ceux que ça peut intéresser, la technologie utilisée pour faire ça n’est ni le protocole Wave, ni la start-up rachetée récemment (AppJet). OK super… ça me fait une belle jambe !

Loin de moi l’idée de vouloir blasphémer, mais le moins que l’on puisse dire c’est que Google se donne un mal fou pour essayer de convaincre le marché qu’ils peuvent faire aussi bien que leur concurrent direct (Microsoft Office). Pourquoi vouloir faire aussi bien quand on peut faire différent ? Je trouve dommage d’investir autant d’énergie et de ressources dans un produit qui est condamné à moyen terme. Condamné ? Oui tout à fiat, car je suis persuadé que le modèle documentaire touche à sa fin et qu’il est grand temps d’assumer la transition vers la collaboration post-documentaire, celle qui s’extrait de la contrainte des fichiers.

Parce qu’il faut bien reconnaitre que l’on peut être aussi improductif avec Google Docs qu’avec Microsoft Office. Il y a un côté très pratique au SaaS car il n’y a rien à installer et car les informations sont disponibles pour tous et non coincées dans un ordinateur ou un serveur de fichier, mais la connaissance est toujours piégée dans des formats de documents trop rigides (texte ou tableur ou présentation).

Je suis fermement convaincu que les outils bureautiques, même s’ils ont rendus de fiers services, sont toxiques à la circulation et à l’enrichissement de l’information (en ou hors ligne). Dans mon quotidien je suis ainsi amené à travailler dans Google Docs où l’information est éparpillée sur différents documents avec des formats pas toujours adaptés. Le résultat est rigoureusement le même : On s’y perd et on a beaucoup de mal à s’approprier (et donc à enrichir) un document créé par un autre.

Qui a dit que les collaborateurs devaient TOUS avoir accès aux outils bureautiques ? Ne peuvent-ils pas faire leur travail en dehors de ces outils et de ces formats de fichier ? Dans l’absolu, seuls ceux qui sont amené à faire des présentations publiques devraient avoir Powerpoint, seuls les comptables et contrôleurs de gestion devraient avoir Excel, seuls ceux qui font de la PAO et du publi-postage devraient avoir Word. Les autres (soit 95% des employés) devraient pouvoir faire leurs tâches quotidiennes avec un outil générique moins évolué mais beaucoup plus tourné vers la collaboration (non je ne parle pas de Works).

J’envisage ainsi une organisation idyllique où les collaborateurs auraient à leur disposition un outil de capitalisation de la connaissance (vous remarquerez que je n’ai pas employé les termes “création” et “document”) où il serait possible de rédiger du texte (avec une mise en forme minimaliste), d’insérer des tableaux (avec 2 ou 3 opérations possibles : somme, moyenne…), d’insérer des images… mais où tous pourraient contribuer, réviser, commenter, voter…

Suis-je en train de parler d’un wiki ? Oui tout à fait, et j’assume ! Un wiki avec un moteur de mise en forme robuste et une bonne fonction d’exportation serait largement suffisant pour la grande majorité des collaborateurs. Je veux bien comprendre que les habitudes ont la vie dure, mais je refuse de croire qu’il n’est pas possible de changer les habitudes et que nous (les collaborateurs) sommes condamnés à créer, lire et manipuler des fichiers bureautiques.

Oui Google fait beaucoup pour évangéliser les outils en ligne et le cloud computing, mais ils s’enlisent dans une logique documentaire qui ne résout que partiellement l’éparpillement de la connaissance et le frein à la co-création. C’est d’autant plus dommage qu’ils avaient une authentique pépite entre les mains : JotSpot et son modèle d’intranet wikifié (transformé depuis en l’insipide Google Sites).

Si je devais faire un analogie à 30 centimes (bon allez je me lance), je dirais que Google a tous les ingrédients (Docs, Sites, Wave) mais que les équipes ne parviennent pas à trouver la bonne formule. En tout cas je suis persuadé que le modèle documentaire tel qu’ils nous le proposent dans ce nouveau Google Docs n’est pas suffisamment disruptif pour changer profondément les habitudes de travail et révolutionner notre façon de collaborer.

À moins qu’il ne s’agisse d’un produit de transition…

Adobe lance Acrobat Workspace et s’enlise dans la gestion documentaire

Adobe vient tout juste de lancer un nouveau service à sa suite collaborative Acrobat.com : Workspaces (”Espaces en ligne” en français). L’objectif annoncé de ce nouveau service est de faciliter la collaboration et le partage de documents en ligne : Acrobat.com Takes a New Step Today – Workspaces. Inutile de vous refaire le pitch sur la difficulté de gérer le partage de documents par email, la gestion des versions… car vous le connaissez par coeur.

Rien de très disruptif dans cette nouvelle fonctionnalité, car d’autres le propose depuis longtemps comme Drop.io, mais une intégration étroite avec la suite d’applications déjà en place (ConnectNow, Buzzword, Presentations, Tables, PDF Creator…).

Les espaces en ligne sur Acrobat.com

Les espaces en ligne sur Acrobat.com

Je trouve un peu présomptueux de présenter cette fonctionnalité comme un outil de collaboration. Tout au plus il s’agit d’un outil de partage de fichier, et j’aurais tendance à penser que les fichiers sont un frein à la collaboration. Car force est de constater que sur cette plateforme il ne se passe pas grand chose en dehors des fichiers (”change, révision, commentaires…). Il y a bien un outil pour faire des réunions virtuelles, mais il manque une solution de collaboration asynchrone pour compléter ce tableau. En ce sens, je suis bien d’accord avec l’article de The Next Web (dont le titre est trompeur) : Adobe Launches “Workspaces”, a Project Management Tool.

La gestion de projet, ou plutôt la collaboration au sein d’une équipe projet, est encore absente de la plateforme, rendant ainsi les collaborateurs toujours dépendant de leurs emails. Il existe pourtant d’innombrables solutions de collaboration en ligne (cf. Ne confondez plus gestion de projet et collaboration en ligne) qui pourraient parfaitement compléter le tableau sans nécessairement faire de l’ombre aux autres services (où sont les discussions “libres” ?). D’autant plus que la plateforme Acrobat est payante, cette lacune est donc inacceptable. Considérons que ceci est la conséquence de l’héritage culturel d’Adobe, inventeur du format PDF et acteur historique de la gestion documentaire.

Conclusion : Il leur reste encore un peu de route avant de proposer une offre cohérente et s’extraire de la dépendance des fichiers et emails.

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